Le musée de la Légion Etrangère
par Philippe Guyot

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Le Musée de la Légion étrangère, visite au pays des étrangers servant la France

Dans ces murs des années soixante, chaque étage à sa logique autonome. Le rez-de-jardin est un lieu à vocation interne, mais il est ouvert à la visite en dehors des jours de cérémonies fonctionnelles. Il se compose d’une salle d’honneur prolongée par une crypte. Dans cette vaste salle, le jeune candidat au recrutement au sein de la Légion reçoit son contrat d’engagement de la main de son premier chef de section, un lieutenant à titre étranger donc issu du rang, qui lui remet ce document devant le tableau de Jean Adolphe Beaucé, élève de Ch. Bazin, relatif au combat de Camerone. Dès l’origine de sa vie militaire, l’homme est donc placé en présence de l’image de la fidélité à la parole donnée et du sacrifice qu’elle sous-tend.


Le képi blanc est un symbole dont l'histoire reste souvent mal connue.
Une vitrine spéciale explique son évolution tant pour le légionnaire que pour le visiteur.


Quatre mois plus tard, son instruction initiale achevée, ce jeune, devenu légionnaire, revient dans cette salle, où un caporal-chef ancien lui présente quelques repères simples: Camerone, le serment, le havresac du XIXe siècle et son célèbre « boudin ». Avec des mots adaptés au moins francophone d'entre eux, le général commandant la Légion étrangère, ou l’officier qui en reçoit la délégation, leur adresse un mot de félicitation pour le succès de l’instruction, puis les emmènent dans la crypte. Au garde-à-vous devant les noms des morts tombés au champ d’honneur qui entourent la main articulée du capitaine Danjou, symbole physique du serment de fidélité et du sacrifice, le légionnaire approche les anciens drapeaux des régiments étrangers. C’est en ces lieux que le général lui évoque le sacrifice de ces anciens dont la Légion perpétue la mémoire.

Bien plus tard, le jour de son départ à la retraite ou de la fin de son ultime contrat, le légionnaire, quel que soit son grade, revient dans la salle d’honneur où le même type de cérémonie se déroule. Une dernière fois, il vient se recueillir auprès du symbole des anciens tombés pour la France. Il remet en quelque sorte le bilan de son service devant les mannes de ses anciens qu’il viendra visiter ultérieurement, le plus souvent au cours des fêtes de Camerone ou à l’occasion d’un voyage touristique. Ils sont ainsi près de 3000 anciens, chaque année, à revenir sur ce lieu de mémoire, en quelque sorte sur le caveau de la famille.


Le musée d'Aubagne comporte aussi de nombreux mannequins.
En haut, les campagnes de la décolonisation.
En bas, la Seconde Guerre mondiale.

 

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