Le musée de la Légion Etrangère
par Philippe Guyot

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L'origine du Musée de la Légion étrangère se situe dans les décisions du ministre Boulanger destinées à faire face à la crise du moral de l'Armée. Avec les guérites tricolores et l'adoption d'un nom de baptême pour les quartiers militaires, la création des salles d'honneur est en usage à la fin du XIXe siècle. Sous l'impulsion du colonel Wattringue, le 1er Régiment étranger débute la construction de la sienne en 1888, date à laquelle une première pierre est posée. Dans le bâtiment qui fait pendant au corps de garde du quartier Viénot à Sidi-bel-Abbès, une pièce est aménagée pour recevoir ce que Wattringue appelle alors « la brocante glorieuse ». Après quatre ans de travaux, le mérite de l'inauguration revient au colonel Zéni qui mit beaucoup d'énergie … et une partie de sa fortune personnelle pour finir ce projet!


La prothèse du capitaine Danjou.

Sous un toit désormais étanche, une vaste pièce accueille les souvenirs les plus marquants: la prothèse articulée du capitaine Jean Danjou mort au Mexique à la tête de la 3e Compagnie du 1er bataillon du Régiment étranger, l'aigle du drapeau du Régiment étranger sous le Second Empire, le drapeau provisoire confectionné sur les fonds personnels du corps en septembre 1870 à l'appel de l'exécutif provisoire, les trophées rapportées de la toute récente campagne du Tonkin.


Les campagnes africaines du Dahomey (Bénin) et du Soudan (Mali), l'expédition de Madagascar, la longue campagne contre Bou Amama dans le Sud Oranais et l'entrée au Maroc apportent leur lot de trophées et de prises de guerre. Les murs deviennent trop petits, les salles s'encombrent peu à peu. Un certain lieutenant Rollet fait don, ainsi, d'une collection de près de trente sagaies malgaches. En 1931, à l'approche de fêtes fastueuses données dans le cadre du centenaire de la Légion étrangère, une deuxième salle est créée. Dénommée « Temple des Héros », elle est consacrée aux légionnaires, gradés ou non, tombés au champ d'honneur ou entrés de leur vivant dans l'histoire, que le général Rollet choisit de mettre en avant, de citer en exemple. Mais très vite la place se révèle encore insuffisante, car sous l'impulsion du colonel Azan, plusieurs artistes très prolifiques sont au travail dans les rangs de la Légion. Le sergent Sméou créée ainsi plus de soixante huiles, sur toile ou sur bois, parmi lesquels la très célèbre vue en pied du capitaine Danjou, visible aujourd'hui encore.


La campagne du Mexique et Camerone.

Parallèlement, une réflexion est menée au sein de la Légion sur l'utilité et la fonction de la salle d'honneur. Elle aboutit, en 1936, à la création d'un Musée du souvenir, séparé des anciennes salles, où la fonction historique est beaucoup plus nette. Le lieutenant Andolenko, futur général, en établit une description détaillée dans son premier opuscule, une Visite aux salles d'honneur et au musée (Sidi bel Abbès, 1938, 281 p.). Un parcours logique est construit, il guide le visiteur, militaire ou civil, dans un circuit ordonné par théâtres d'opération. Il permet de conserver la solennité des anciennes salles, dans leur cadre fonctionnel de salle d'honneur pour différentes cérémonies ou activités militaires.

 

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