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L'origine du Musée de la Légion étrangère
se situe dans les décisions du ministre Boulanger destinées à faire
face à la crise du moral de l'Armée. Avec les guérites
tricolores et l'adoption d'un nom de baptême pour les quartiers
militaires, la création des salles d'honneur est en usage à la
fin du XIXe siècle. Sous l'impulsion du colonel Wattringue,
le 1er Régiment étranger débute la construction
de la sienne en 1888, date à laquelle une première
pierre est posée. Dans le bâtiment qui fait pendant
au corps de garde du quartier Viénot à Sidi-bel-Abbès,
une pièce est aménagée pour recevoir ce que
Wattringue appelle alors « la brocante glorieuse ».
Après quatre ans de travaux, le mérite de l'inauguration
revient au colonel Zéni qui mit beaucoup d'énergie … et
une partie de sa fortune personnelle pour finir ce projet!

La
prothèse du capitaine Danjou.
Sous
un toit désormais étanche, une vaste pièce
accueille les souvenirs les plus marquants: la prothèse
articulée du capitaine Jean Danjou mort au Mexique à la
tête de la 3e Compagnie du 1er bataillon du Régiment étranger,
l'aigle du drapeau du Régiment étranger sous le Second
Empire, le drapeau provisoire confectionné sur les fonds
personnels du corps en septembre 1870 à l'appel de l'exécutif
provisoire, les trophées rapportées de la toute récente
campagne du Tonkin.

Les campagnes
africaines du Dahomey (Bénin) et du Soudan
(Mali), l'expédition de Madagascar, la longue campagne contre
Bou Amama dans le Sud Oranais et l'entrée au Maroc apportent
leur lot de trophées et de prises de guerre. Les murs deviennent
trop petits, les salles s'encombrent peu à peu. Un certain
lieutenant Rollet fait don, ainsi, d'une collection de près
de trente sagaies malgaches. En 1931, à l'approche de fêtes
fastueuses données dans le cadre du centenaire de la Légion étrangère,
une deuxième salle est créée. Dénommée « Temple
des Héros », elle est consacrée aux légionnaires,
gradés ou non, tombés au champ d'honneur ou entrés
de leur vivant dans l'histoire, que le général Rollet
choisit de mettre en avant, de citer en exemple. Mais très
vite la place se révèle encore insuffisante, car
sous l'impulsion du colonel Azan, plusieurs artistes très
prolifiques sont au travail dans les rangs de la Légion.
Le sergent Sméou créée ainsi plus de soixante
huiles, sur toile ou sur bois, parmi lesquels la très célèbre
vue en pied du capitaine Danjou, visible aujourd'hui encore.

La campagne
du Mexique et Camerone.
Parallèlement,
une réflexion est menée au
sein de la Légion sur l'utilité et la fonction
de la salle d'honneur. Elle aboutit, en 1936, à la création
d'un Musée du souvenir, séparé des anciennes
salles, où la fonction historique est beaucoup plus
nette. Le lieutenant Andolenko, futur général,
en établit
une description détaillée dans son premier opuscule,
une Visite aux salles d'honneur et au musée (Sidi bel
Abbès,
1938, 281 p.). Un parcours logique est construit, il guide
le visiteur, militaire ou civil, dans un circuit ordonné par
théâtres
d'opération. Il permet de conserver la solennité des
anciennes salles, dans leur cadre fonctionnel de salle d'honneur
pour différentes cérémonies ou activités
militaires.
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