La Restauration

Le licenciement de l'armée impériale, prononcé dès le mois de mars 1815, est confirmé après les Cent-Jours. La conscription est abolie. L'infanterie est remplacée par des "Légions départementales". L'objet de ces mesures est de disperser les acteurs et les témoins d'une trop glorieuse épopée.
En 1818, le maréchal de Gouvion-SaintCyr est chargé d'entreprendre le relèvement militaire de la France. On revient à une conscription déguisée sous le nom d'appel. Les légions sont dissoutes en 1820. Sous Louis-Philippe, le maréchal Soult poursuit l'oeuvre de redressement et, en 1841, l'armée comprend 100 régiments d'infanterie, 56 de cavalerie, 14 d'artillerie et 3 du génie.

Grande vitrine Restauration et Louis-Philippe

Grande vitrine Restauration et Louis-Philippe.
de droite à gauche : gendarme de la garde du roi (1814-1815), chasseur à cheval
de la Garde royale (1824-1830), tambour de la Garde nationale de Paris (1814),
officier de chasseur à cheval (1823-1830) et lancier de Nemours (1831-1837).

L'uniforme et l'armement ont suivi une rapide évolution : diminution de hauteur des coiffures, apparition du pantalon garance que le soldat français conservera jusqu'à 1915, de la tunique et des buffleteries noires ; adoption de l'arme à percussion pour toute l'armée en 1840 et création des bataillons de chasseurs à pied pour servir une nouvelle arme, la carabine à canon rayé. Cette évolution est fortement influencée par la conquête de l'Algérie.

Officier de légion départementale (1816-1820)

Officier de légion départementale (1816-1820)

La salle destinée à cette période est la plus grande du château. Louis XIV y fut reçu par Monseigneur de Grignan, archevêque d'Arles, en 1660. Le souverain, alors âgé de 22 ans, était accompagné de sa mère Anne d'Autriche, de son frère le duc d'Anjou et du cardinal Mazarin ; il était suivi de sa maison civile et militaire. On remarquera sur un mur de la salle le fraguement de fresque fleurdelysé et le monogramme LR (Ludovicus Rex), vestiges d'une décoration peinte en 1660 en l'honneur du roi qui fut reçu dans cette salle par Mgr de Grignan.

Par le jeu des vitrines, la salle est divisée en deux périodes, d'une part l'armée métropolitaine de 1814 à 1850, d'autre part l'Armée d'Afrique et la conquête de l'Algérie de 1830 à 1857.

Cuirassier 1825-1830

Cuirassier 1825-1830

On est saisi dès l'entrée par un éclatant ensemble d'armures, de casques et d'armes blanches de carabiniers, cuirassiers et dragons, et par une immense vitrine abritant des personnages complets aux uniformes chatoyants. Une petite vitrine présente la Maison militaire du roi, recréée par Louis XVIII en 1814 à l'image de celle de l'Ancien Régime, et la Garde royale, créée après les Cent-Jours à l'image de la Garde Impériale.

Elle contient des objets représentant les derniers témoignages d'un éclat et d'une richesse au goût sûr qui déclineront après 1830 : bonnets d'ourson, casques à la Minerve, shakos aux immenses plumets, czapskas, habits brodés, armes, gibernes, plaques de toutes sortes.

Casque d'officier de dragons, 1825

Casque d'officier de dragons, 1825

Plus loin se trouvent deux vitrines jumelles où sont exposées les suites de coiffures et d'habits des troupes de la ligne de 1814 à 1850. L'évolution de l'uniforme saute aux yeux, en particulier la forme du shako dont le tronc de cône se renverse après être passé un temps par l'aspect cylindrique.

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