Histoire du château de l'Empéri

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du IXe au XVIe siècle

Le château de l’Empéri de Salon-de-Provence fête cette année son millénaire. Il est situé sur le rocher du Puech qui domine l’immense plaine de la Crau, en Provence. La ville occupe une situation privilégiée, au centre d’un quadrilatère composé par les grandes cités que sont Marseille, Aix-en-Provence, Avignon et Arles.

reconstitution historique devant le château
Reconstitution historique devant le château

Les origines de la ville de Salon-de-Provence et de son château restent cependant obscures. Il est pour la première fois fait mention d’un lieu dit villa Salone dans un acte daté de 871 qui en attribue la possession à l’archevêque d’Arles. Presque un siècle plus tard, une nouvelle mention de Salon-de-Provence indique castrum de Sallone. L’édification du château primitif daterait donc de la première moitié du Xe siècle, en réponse aux invasions, notamment sarrasines, qui ravagent la Provence depuis trois siècles.

A cette époque, le royaume d'Arles faisait partie du Saint-Empire romain-germanique. Les empereurs venaient s'y faire couronner roi d'Arles par l'archevêque et certains d'entre eux, Conrad II, Conrad III, Frederic-Barberousse, auraient séjourné au château de Salon. La partie la plus ancienne prit le nom de l'Empery, dénomination qui s'étendit par la suite à toute la forteresse.

A partir du XIIe siècle les archevêques d’Arles font de Salon-de-Provence leur résidence principale. La richesse du terroir et la protection offerte par le château de l’Empéri expliquent ce choix, dans une période troublée par les guerres et les révoltes. La ville et son château furent ainsi liés pendant plus de huit siècles à la temporalité de l’Eglise d’Arles. C’est au XIIIe siècle que le château prend l’essentiel de la forme qui est encore la sienne aujourd’hui, avec des dimensions considérables : 172 mètres sur 52. Il devient l’un des trois plus grands châteaux forts de Provence, antérieur d’un siècle à celui des Papes à Avignon et de deux siècles à celui des ducs d’Anjou à Tarascon.

La puissance temporelle des archevêques d’Arles atteint son apogée lors des trois derniers siècles du Moyen-Age. Avec l’avènement de la Renaissance, au XVIe siècle, leur pouvoir diminue. Le dernier à l’exercer pleinement est l’archevêque Jean Ferrier (1499-1521). Il fait restaurer le château où il réside souvent. On lui doit notamment la magnifique galerie sur arcade de la cour d’honneur et la construction de la salle d’honneur, avec sa cheminée monumentale de style gothique. François 1er en 1516, 1533 et 1536, Charles IX et Catherine de Médicis en 1564, Philibert-Emmanuel de Savoie et Marguerite de France en 1559, Marie de Médicis en 1600, séjournèrent au château. François Ier et Charles IX accordèrent de nouvelles armoiries à Salon-de-Provence en remplacement de l'aigle du Saint-Empire.

La chapelle Sainte-Catherine (XIIème siecle)
La chapelle Sainte-Catherine (XIIème siecle) coupée dansla hauteur par
une voute d'Ogives.

Le deuxième partie du XVIe siècle est marquée par des guerres civiles atroces en Provence comme dans le reste du royaume. Les différentes factions s’affrontent et dévastent la contrée. Salon subit alors trois sièges avec des fortunes diverses. En 1590, les ligueurs, investissent la ville, tenue par les royalistes mais ne peuvent prendre le château. L’arrivée d’une armée de secours leur fait lever le siège. Après cet échec le duc d’Epernon, du parti de la ligue, demande l’aide du duc de Savoie, Charles Emmanuel. L’assaut commence le 28 novembre 1590. La place se rend le 4 décembre, après une violente canonnade. A l’abjuration d’Henri IV, les différents protagonistes changent de camp. En février 1595, les ligueurs tiennent le château mais le parti royal s’empare de la ville avec la complicité de ses habitants, lassés de la brutalité du gouverneur. Une armée de secours s’empare des faubourgs mais ne peut prendre les murailles de la cité. La garnison se rend après 64 jours de siège, le 27 avril 1595. En 1660, il reçoit au château le roi accompagné de toute sa Maison.

Le pays enfin pacifié, le château est restitué définitivement à l’archevêque d’Arles, le 20 avril 1599.

 

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