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Les
armées royales de 1715 à 1791
L'histoire
militaire de la France que le visiteur va parcourir dans ce
musée débute ici avec les armées françaises du XVIIIe siècle.
Elle se terminera avec les salles réservées à la Grande
Guerre 1914-1918.
Le règne de Charles
VII, au milieu du XVe siècle, marque le premier essai d'organisation
d'une armée française permanente. Mais c'est à ses successeurs,
Louis XI et surtout François Ier, que revient l'honneur de la
mise sur pied d'une véritable armée régulière.
En 1715, alors que
commence le XVIIIe siècle, l'armée française a subi les transformations
que lui ont imprimées de père en fils et dans une continuité unique
dans l'histoire, les ministres de Louis XIV Le Tellier, Louvois
et Barbezieux. Elle est devenue royale par le dévouement à son
prince, nationale par la disparition des derniers vestiges de
l'esprit féodal.

Soldat
du régiment Suisse de Courten, 1775
Trois
grandes guerres marquent le règne de Louis XV la guerre de Succession
de Pologne (1733-1739), celle de Succession d'Autriche (1741-1748)
enfin, la désastreuse guerre de Sept ans (1756-1763) qui consacre
la victoire de la Prusse et la prépondérance navale de l'Angleterre.
Le
duc de Choiseul entreprend alors un vivifiant courant de réformes
dont le royaume a grand besoin. Sous son impulsion, l'organisation,
les structures, l'armement de l'armée et de la marine connaissent
une refonte complète. La France en récoltera les fruits sous
le règne de Louis XVI en prenant sa revanche sur l'Angleterre,
tant sur terre que sur mer, au cours de la guerre d'Indépendance
américaine (1776-1783).
Au
siècle de Louis XV, le commandement en chef fut exercé par un
petit nombre de maréchaux de France qui furent des exécutants
d'envergure moyenne , à l'exception de Maurice de Saxe, qui fut
le dernier grand général de la monarchie française.
Devenue
proprement militaire sous Louis XIV, forgée au feu de maints
combats, la Maison du roi acquit sous ce règne une réputation
sans égale. Avec la Gendarmerie de France, gardienne des traditions
des anciennes compagnies d'ordonnance de Charles VII, Gardes
du corps, Gendarmes, Chevau-légers, Mousquetaires et Grenadiers à cheval
composaient la cavalerie "lourde" de l'armée. L'infanterie
de la Maison comprenait les régiments des Gardes françaises et
des Gardes suisses.

La
Maison du roi : Garde du corps du roi, fin Louis XVI, étendard
des Gardes
du corps du roi, compagnie de Luxembourg ; équipage de selle ;
maréchal de camp (général de brigade) à l'ordonnance de 1775.
A la
fin du règne de Louis XIV, l'infanterie mettait en ligne près
de 400.000 hommes, environ 250 régiments, chiffre encore jamais
atteint. Cinquante ans plus tard, elle comptera 119 régiments
dont 35 étrangers qui se réduiront à 112 dont 23 étrangers à la
veille de la Révolution. Grâce à sa puissance de feu due au remplacement
du mousquet par le fusil à baïonnette, l'infanterie a pris la
première place sur le champ de bataille.

Canon
de 8 du système de Gribeauval
Il
existait en 1715 120 régiments de cavalerie comptant 35.000 hommes.
Il y en eut 83 pendant la guerre de Sept ans et 52 en 1789 dont
8 de dragons, 6 de hussards et 12 de chasseurs. La cavalerie
a perdu son rôle prépondérant dans la guerre mais ses missions
se sontmultipliées et diversifiées. Grâce au lieutenant-général
de Gribeauval, l'artillerie bénéficia d'un matériel si remarquable
qu'il resta en service pendant les guerres
de la Révolution et de l'Empire et
ne fut remplacé qu'en 1830.
Il
faut enfin évoquer la fièvre des recherches tactiques et stratégiques
qui se développèrent à cette époque. Les résultats de ces études
mirent entre les mains des successeurs des matériaux intellectuels "dont
le génie de Napoléon allait se servir
pour bâtir sa fulgurante méthode de guerre".
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