D'abord
en Afrique où elle naquit, puis en Europe, enfin sur les terres
lointaines, l'Armée d'Afrique occupa un rôle toujours grandissant
; par sa valeur et son panache issu de ses traditions, elle mérita
un rang de plus en plus important dans l'armée française. Désormais
disparue, elle y est aujourd'hui représentée par la Légion étrangère,
troupe d'élite par excellence, un régiment de spahis et une régiment
de tirailleurs.

Chasseur
d'Afrique, 1853-1860
Si
le prétexte de l'expédition d'Alger a été la réparation des insultes
du dey d'Alger au Consul de France en 1827, la mission de "1'armée
expéditionnaire d'Afrique" était de supprimer la piraterie
en Méditerranée. "Il était réservé à la France de faire
cesser ce scandale séculaire en envoyant sur les côtes africaines
ses soldats à vêtements rouges" (Henri Noguères).
Le
soldat allait y trouver un nouveau climat, une terre bien différente
de celle de France et des adversaires d'un type inconnu, redoutables
par leur mobilité et la précision de leur tir. La campagne d'Algérie
rendra nécessaires des innovations et des améliorations dans
l'habillement, l'équipement et l'arme à feu.
L'ère
des grandes conquêtes qui débute en 1830 avec la prise d'Alger
provoquera une rupture très nette dans l'éthique de vie en France
et outre-mer à laquelle l'armée devra obligatoirement s'adapter.

Officier
de chasseurs d'Afrique avec l'étendard
du 4e régiment, Second Empire
Passant
entre deux hautes vitrines formant comme les montants d'une porte
monumentale, le visiteur aborde la deuxième partie de cette salle
en ayant virtuellement franchi la Méditerranée. La vaste vitrine
qui barre tout le fond de la salle, garnie de toile rayée comme
une tente de campement, présente des personnages aux uniformes
très colorés des nouvelles formations de l'Armée d'Afrique. Celles-ci
furent créées dès le début de la conquête de l'Algérie pour constituer
des unités spécifiques : les zouaves le 1er octobre 1830, dénomination
provenant de la tribu Kabyle des Zaouaouas ; les chasseurs d'Afrique
en 1831 ; les spahis réguliers en 1834 ; les tirailleurs indigènes
en 1841. Le recrutement des deux premiers devint peu à peu exclusivement
français mais les spahis et les tirailleurs demeurèrent à recrutement
strictement indigène avec un encadrement français limité.
Quatre
petites vitrines disposées autour de la salle sont consacrées à quelques événements
marquants de la campagne d'Algérie ; elles font revivre par l'objet,
par l'image et par le document cette grande et longue aventure
que fut la conquête.

L'Armée
d'Afrique sous le Second Empire : officier et zouave de la
Garde impéraile,
tirailleur et spahis algériens, officier et cavalier de chasseurs d'Afrique
La
première évoque le débarquement, la prise d'Alger et l'expédition
de Mascara avec des pièces d'uniformes d'unités qui y participèrent,
des plans et cartes édités à l'époque, des lettres de soldats,
d'un officier de marine et du duc d'Orléans.
La
prise de Constantine est le sujet de la vitrine voisine ; les
pièces remarquables sont les épaulettes portées par le colonel
de la Moricière le jour de l'assaut, brûlées par l'explosion
d'une mine turque, les pistolets qui lui ont été offerts par
le duc de Nemours et le rapport original du colonel Corbin, commandant
la troisième colonne d'assaut, sur la prise de la ville.
Trois événements
des années 1843 à 1845 retiennent l'intérêt de la vitrine suivante
: la prise de la smalah d'Abd el-Kader, la bataille de l'Isly
et le combat de Sidi-Brahim. La pièce la plus intéressante est
la carabine d'honneur offerte par le duc d'Orléans au caporal
Lavayssière, du 8e bataillon de chasseurs d'Orléans, seul survivant
du combat de Sidi-Brahim qui soit revenu avec son arme.

Souvenirs
des grands chefs de l'Armée d'Afrique
La
dernière vitrine (photographie ci-dessus) présente des souvenirs
des grands chefs de l'Armée d'Afrique : burnous de Bugeaud, képi
et portefeuille de Pélissier, chéchia de premier colonel des
zouaves et armes de La Moricière, épaulettes, épée et cartes
du duc d'Aumale ; enfin une pièce historique : le sabre en vermeil
que l'émir Abd el-Kader remit au duc d'Aumale lors de sa reddition
en 1847.

Tirailleur
algérien vers 1860