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Magenta (4
juin 1859)
Une bataille de rencontre
Les
forces françaises progressent au nord du Pô, dans un terrain
coupé par plusieurs affluents du grand fleuve. La Sésia est franchie
sans opposition car les Autrichiens se replient derrière le Tessin.
Initialement
occupé à fixer les troupes autrichiennes sur le Pô, le 2e corps
d'armée reçoit l'ordre d'envelopper par le nord l'armée autrichienne.
Certains de ses éléments sont encore sur la rive ouest de la
rivière quand le régiment de tirailleurs établit une tête
de pont à Turbigo, le 2 juin. Le combat s'engage seulement le
matin du 4. Là encore, la bataille prend de l'ampleur sans que
les commandants en chef des deux armées l'aient voulu.
Une
division de la Garde impériale tente d'élargir la tête de pont
et se heurte à une forte résistance près de Magenta. Les Autrichiens
profitent d'un terrain accidenté et d'un cours d'eau parallèle
au Tessin pour établir leurs défenses.

Fusillier
et caporal de l'infanterie de ligne
La charge furieuse
de la Légion étrangère
Au
bruit de la bataille, le 2e corps rallie Magenta où il s'engage
en échelon successifs, sans véritable coordination. Le général
Espinasse conduit sa division en pointe et tombe à la
tête de ses zouaves. Le 1er étranger du colonel Brayer
avance sous la protection du 7e régiment de chasseurs à cheval
quand se dernier doit refluer sous la pression ennemie. Les Autrichiens
progressent en trois colonnes à travers les vignes et les mûriers,
effectuant des feux de salve peu efficaces mais impressionnants.
La compagnie de voltigeurs du capitaine Rembert se trouve la
première au contact. Son chef la lance à la charge avec audace.
Enfin engagés, les légionnaires font preuve d'une grande agressivité.
Les lignes ennemies connaissent un certain flottement avant de
mesurer la force réelle de la petite troupe et de se reprendre.
Le
colonel de Chabrière réagit immédiatement - "Sacs à terre, en
avant la Légion !" - et entraîne le 2e étranger vers l'ennemi
pour tomber presque aussitôt, mortellement blessé. L'élan de
ses hommes n'est pas pour autant coupé : rendus furieux par la
mort de leur chef, ils foncent vers l'ennemi, baïonnette au canon.
Le terrain accidenté ne permet pas de maintenir un ordre strict
dans les rangs, mais les légionnaires bousculent avec fureur
les lignes autrichiennes qui commencent à se débander. Le 1er étranger
et le 2e zouave se joignent à l'assaut qui ne s'arrête que devant
les positions occupées par les réserves autrichiennes devant
Magenta, trois kilomètres plus loin. Celles-ci sont composées
de solides unités de chasseurs tyroliens et de redoutables croates.
MacMahon,
jamais à cours d'un bon mot s'écrie alors prématurément : "La
Légion est à Magenta, l'affaire est dans le sac !". Les légionnaires
attaquent la ville à deux reprises mais sont repoussés. Dans
la violence et la confusion des corps à corps, l'Aigle du 2e étranger
est alors en grand danger d'être pris et doit être dégagé par
les zouaves.
L'annonce
de la montée en ligne de la Garde impériale galvanise les légionnaires
qui prennent pied dans Magenta, soutenus par des Zouaves tout
aussi aggressifs. Les combats de rue se poursuivent jusqu'à neuf
heures du soir et sont d'une rare violence. Le général Espinasse
qui commande la 2e division est tué. Cet ancien de la Légion
la retrouve sous ses ordres pour venir mourir au milieu des légionnaires.
Après la bataille
Avec
ce succès, MacMahon, commandant en chef du 2e corps, obtient
le grade de maréchal et le titre de duc de Magenta. Cette victoire
doit cependant être porté au crédit de la troupe. Les fantassins
français font preuve d'un élan remarquable. Cette ardeur coûte
toutefois cher à l'armée d'Italie qui perd 4.000 tués et blessés
ainsi que 600 disparus sur les 50.000 hommes engagés. Sensiblement égales
en nombre, les forces autrichiennes subissent des pertes deux
fois supérieures. Les troupes
françaises sont cependant trop épuisées
pour exploiter leur avantage. Le 7 juin, le 2e corps pénètre
dans Milan pourtant distante d'à peine trente kilomètres.
La population lui fait un accueil triomphal.
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