L'expédition du Dahomey (1892)
par Jean-Philippe Liardet, dr

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Les forces en présence



L'armée du Dahomey

L'armée du Dahomey représente une force respectable. Les troupes permanentes comptent environ 3 000 guerriers auxquels il faut ajouter les 800 guerrières de la garde personnelle du roi Béhanzin, les "Amazones". En cas de besoin, tous les hommes en âge de servir doivent rejoindre l'armée ce qui porte les effectifs à plus de 12 000 "hommes".

Profitant des sommes allouées par la France pour acheter son amitié, le roi a renouvelé en partie l'armement de ses troupes. Il a fait l'acquisition de 2 000 fusils modernes (Winchester américaines et Chassepot français), de 5 mitrailleuses (des Reffye françaises obsolètes) de 400.000 cartouches mais aussi et surtout de six canons Krupp. Profitant probablement des conseils de quelques trafiquants européens, ses troupes sont capables de manouvrer sous le feu.


La garde personnelle du roi Béhanzin est composée de femmes qui combattront avec fanatisme


Le corps expéditionnaire français

Les forces françaises sont sous le commandement du colonel Amédée Dodds, des troupes de marine. Il dispose de 3.450 hommes, essentiellement des tirailleurs sénégalais et haoussas mais aussi de petits détachements de spahis, de chasseurs d'Afrique, de tirailleurs algériens ainsi qu'un bataillon d'infanterie de marine. L'unité la plus solide est le bataillon de marche de Légion étrangère fort de 800 hommes sous les ordres du commandant Faurax. Il s'agit alors de la plus puissante expédition jamais conduite en Afrique.

Le bataillon de marche de la Légion Depuis 1884, la Légion étrangère est constituée à partir d'éléments de deux régiments : le 1er (Sidi-bel-Abbès) et le 2e (Saïda). Tous deux fournissent un contingent de 400 légionnaires au bataillon de marche. Les hommes sont triés sur le volet car presque tous les légionnaires se portent volontaires pour briser la monotonie de la vie de garnison. Beaucoup d'entre eux sont des vétérans du Tonkin. Le choix de ne pas employer d'unités constituées (bataillon ou compagnie) permet de conserver une présence dans les nombreux postes tenus par la Légion étrangère en Algérie. Le bataillon débarque à Cotonou le 26 août 1892 puis rejoint Porto Novo en barque.

Légionnaire au Dahomey
dessin de Mahut

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