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"Voici la Légion,
troupe sur laquelle vous pouvez compter en toutes circonstances.
Sans elle, je n'aurais jamais pu mener à bien l'expédition du Dahomey."
Général Dodds
La conquête de l'Afrique
noire
La
conquête de l'Afrique noire se fait d'abord à l'initiative de
la Marine. Mais faute d'un réel soutien de la métropole, l'armée
coloniale dispose d'effectifs généralement très faibles. La supériorité technique
française, les divisions entre les différentes ethnies et la
constitution d'unités indigènes va cependant favoriser une progression
continue vers l'intérieur des terres à partir des petites enclaves
installées sur le littoral.
Les
troupes de marine sont progressivement renforcées par
de petits détachements en provenance de l'Armée
d'Afrique, réduite essentiellement à des opérations
de maintien de la paix. Des tirailleurs et des sphahis algériens
vont ainsi servir d'instructueurs et de moniteurs pour leurs
homologues sénégalais tout en participant à certaines
opérations.
La
plupart des expéditions comportent des effectifs réduits, à base
de tirailleurs et de supplétifs indigènes. Les missions d'exploration
se transforment insidieusement en opérations d'annexion à l'initiative
de certains officiers français qui recherchent gloire
et promotions. Si la pénétration en Afrique équatoriale reste
généralement pacifique, il n'en est pas de même en Afrique Occidentale
où la France doit combattre des royaumes organisés et puissants.
Le plus dangereux est probablement celui de Mande de Samory Touré,
dit "l'Almanyde Bissandougou" qui s'étend des sources
du Niger au bassin de la Haute-Volta (actuel Soudan) et va tenir
tête aux Français de 1881 à 1898. Son opposition à celui
du sultan Ahmadou favorise cependant les visées françaises.
Les
troupes du lieutenant-colonel Humbert vont toutefois devoir lutter
durement contre les "Sofas" de Samory sans pouvoir
en venir à bout. En 1892, le lieutenant-colonel Archinard
demande l'envoi de légionnaires et reçoit une companie
de marche de 4 officiers et 120 hommes. Organisés en pelotons
montés ceux-ci vont couvrir plus de 3000 kilomètres,
des bassins supérieurs du fleuve Sénégal
et du Niger aux confins nord de la Côte-d'Ivoire et de
la Guinée, et livrer quatorze durs combats. Les survivants
sont rapatriés à Sidi-bel-Abbès le 24 juin
1893.
La
concurrence avec les autres puissances européennes, surtout l'Angleterre
puis par la suite l'Allemagne, incite les différents ministères à apporter
un soutien plus important aux initiatives de ses officiers sur
le terrain. Comme au Tonkin, il faut donc faire appel au soutien
d'unités métropolitaines ou de l'armée d'Afrique. Devenue le
corps le plus solide de celle-ci depuis l'adoption de la conscription
dans les régiments de zouaves et de chasseurs d'Afrique, la Légion étrangère
est de nouveau sollicitée.
Le Dahomey
En
1892, c'est au Dahomey, actuel Bénin, que la situation devient
la plus tendue.L'intérêt
porté par la France à la côte du golfe de Guinée et à la ville
de Cotonou ne pouvait qu'irriter le souverain du Dahomey. En
effet, depuis les années 1820 celui-ci avait fait du royaume
de Porto-Novo un Etat vassal, disposant ainsi de débouchés côtiers
vitaux pour l'exportation de l'huile de palme sur laquelle repose
l'économie dahoméenne.
Les
Français cherchent à protéger leurs objectifs principaux
en Afrique occidentale en essayant simultanément d'empêcher
toute avance allemande vers Tombouctou à partir du Togo voisin
mais aussi de couper la voie du lac Tchad aux Anglais installés à Lagos.
En
1889, devant le refus du Dahomey de remettre Cotonou à la France,
les troupes françaises s'emparent de toute la région côtière.
Le roi Béhanzin lance alors une attaque sur Cotonou mais ses
7 000 hommes sont défaits par les tirailleurs sénégalais commandés
par le colonel Terrillon. En octobre 1890, le gouvernement français
accepte de signer un traité pour des raisons de politique intérieure.
Le parti colonial attend cependant la moindre occasion pour engager
une offensive contre le Dahomey.
C'est
chose faite le 27 mars 1892, quand la canonnière Topaze,
aventurée en territoire dahoméen, essuie quelques tirs. L'opinion
publique française est d'accord pour en finir définitivement
avec le Dahomey qui pratique encore le cannibalisme, les sacrifices
rituels, la polygamie et rançonne les Etats voisins.
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