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Le
siège de Sébastopol
Un siège difficile
Le
jour même de la bataille de l'Alma, la flotte russe saborde une
de ses escadres pour bloquer l'entrée de la rade de Sébastopol.
Le commandement allié décide de faire porter son effort à partir
de sud, où il dispose de bases arrières sur la côte méridionale
de la Crimée. Les effectifs resteront cependant toujours insuffisants
pour permettre un investissement complet de la place qui reçoit
régulièrement des renforts et du ravitaillement à travers
la baie au nord et à l'est où le terrain difficile
favorise les infiltrations. Menchikov disposera ainsi de 38.000
hommes au début du mois d'octobre.
Le "corps
de siège" comportait à gauche du ravin de
Sarandinaki les 3e et 4e divisions du général Forey
et à droite, jusqu'au plateau d'Inkerman, les forces britanniques.
Les Français utilisaient le port de Kamiesh pour leur
ravitaillement et les Anglais celui de Balaklava. Entre Inkerman
et Balaklava, la couverture des assiégeants était
assurée par les 1re et 2e divisions sous le commandement
du général Bosquet, encadrées à gauche
par les Anglais et à droite par les Turcs. Au total, les
assiégeants disposaient alors de plus de 100.000 hommes.
Le
17 octobre, les défenses russes sont une première
fois testées avec un fort soutien d'artillerie (126 pièces)
et l'appui de la flotte. La riposte est vive et les pièces
françaises doivent même cesser le tir après
un tir russe heureux sur leur magazin de poudre. Les Russes sont
solidement installés, notamment grâce aux travaux
dirigés par l'excellent colonel du génie Franz
Todleben. Ils apparaissent décidés à résister
malgré la perte de plus de 2.000 hommes dont l'amiral
Kornilov.

Les
zouaves dans les tranchées d'après Pils
Le Monde illustré
Tentatives de dégagement russes : Balaklava et Inkerman
Le
25 octobre, les Russes tentent une première fois de briser le
siège par une attaque en direction de Balaklava. le prince Menchikov
engage plus de 25.000 hommes soutenus par 78 pièces d'artillerie
contre le secteur britannique. Une avant-garde de 3.000 cavaliers
franchit la rivière Tchernaya sans opposition. Leur avancée
est stoppée avec de lourdes pertes par les 900 hommes
de la brigade de cavalerie lourde anglaise. L'aile droite russe
bouscule cependant les Turcs mais vient buter sur la farouche
résistance du 93rd Highlanders. Avec l'arrivée
en vue des renforts (1ère et 4e divisions), les Russes
décrochent en emportant les canons turques capturés
et Lord Raglan décide d'utiliser sa brigade de cavalerie
légère pour empêcher leur mouvement. Mal
interprétés, ses ordres débouchent sur une
charge héroïque dans une vallée tenue sur
trois côtés par l'artillerie ennemie. 247 des 673
cavaliers sont tués ou blessés et 475 chevaux sont
perdus. Les artilleurs russes sont dispersés par les survivants
qui doivent néanmoins se retirer.
Les
Alliés perdent 615 hommes contre 627 aux Russes dans l'affaire.
Si le siège n'est pas levé, la route de Woronzov
et les hauteurs situées au sud restent aux mains des attaquants,
gênant gravement le ravitaillement des assiégeants.
Le
5 novembre, les Russes tentent une nouvelle attaque contre le
secteur britannique fragilisé. Le général
Soimonov conduit une force de 19.000 hommes de la garnison de
Sébastopol, alors que 16.000 hommes commandés par
le général Paulov attaquent depuis le nord. Simultanément,
22.000 hommes sont engagés plus au sud contre les Français
pour faire diversion. Malgré la résistance des
2e et 4e division britanniques, les assaillants gagnent inexorablement
du terrain. Il faut l'intervention de la division française
du général Bosquet pour repousser les Russes qui
perdent 10.300 hommes contre 2.400 aux Britanniques et 880 aux
Français. Les zouaves et les tirailleurs font pour l'occasion
preuve d'un bel élan.
Dans
les mois qui suivent, les assiégés subissent les rigueurs de
l'hiver, aggravées par les insuffisances du ravitaillement,
notamment côté anglais où il ne reste plus
que 11.000 hommes valides en février. Les effectifs français
atteignent alors 90.000 hommes et ceux des Turcs environ 50.000.
Mais
la garnison russe compte alors plus de 100.000 hommes. Le 22
février et le 22 mars, deux violentes sorties repoussent
les lignes des assiégeants sans cependant que le siège
soit levé.

Les
assiégeants, comme ce légionnaire, sont mal équipés
pour résister aux rigueurs de l'hiver russe.
Le froid et la maladie tuent plus sûrement que les balles.
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