La campagne de Crimée (1854-1855)
par Jean-Philippe Liardet, dr

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Premiers combats en Crimée


La bataille de l'Alma

Le 14 septembre, 120 bâtiments débarquent les unités alliées à 50 km au Nord de Sébastopol, au Sud de la petite aglomération d'Eupatoria. L'opération se déroule sans aucune opposition et la marche vers Sébastopol commence avec les Anglaisà gauche, les Français au centre et les Turcs à droite. L'attaque par la terre doit être combinée avec un puissant bombardement naval

Pour atteindre Sébastopol depuis leur point de débarquement près d'Eupatoria, les assaillants (27.000 Français, 27.000 Anglais dont un millier de cavaliers et 8.000 Turcs) doivent franchir la rivière Alma. La position est solidement tenue par les 37.000 hommes du maréchal Menchikov, retranchés sur les hauteurs en arrière du cours d'eau. Le 20 septembre au matin, les deux armées se font face.

La division Bosquet attaque, les Zouaves en pointe, lors la bataille de l'Alma


Le combat débute en fin de matinée, après que les assaillants aient franchi l'Alma. Les Anglais, qui n'ont plus combattu depuis la bataille de Waterloo en 1815, sont long à se déployer puis s'avancent au pas dans un ordre impeccable, subissant de lourdes pertes. Au centre, la division légère s'empare de la grande redoute russe mais, faute d'un soutien rapide de la 1ère division sur sa gauche, doit abandonner la position devant la contre-attaque ennemi. Une attaque renouvellée des 1ères et 2e divisions et une manoeuvre par le flanc de la brigade écossaise incitent les Russes à se retirer. Les pertes britanniques sont de 362 tués et 1.621 blessés.

Emportées par l'élan des unités de l'Armée d'Afrique, les divisions françaises emportent la décision avec celle du prince Napoléon à gauche, celle de Canrobert au centre et celle de Bosquet à droite, celle de Forey restant en réserve.

Canrobert lance ses hommes en tirailleurs, appuyés par deux batteries d'artillerie. Zouaves et légionnaires rivalisent de courage à la pointe du combat. Les zouaves du 3e régiment s'emparent du plateau de l'Aklèse et ceux du 1er du pont de l'Alma. Menchikov choisit de contre-attaquer avec la moitié de ses réserves, profitant du fait que les forces françaises sont encore pour moitié de l'autre côté de l'Alma, mais la puissance de feu des fusils rayé et de l'artillerie française s'avère décisive.

Les lignes russes cèdent après trois heures d'intenses combats et plus de 5.000 hommes hors de combat. Menchikov ordonne alors la retraite vers Sébastopol et ses puissantes fortifications. L'impétuosité désordonnée des forces françaises et le manque de cavalerie rendent néanmoins toute poursuite impossible.

500 français sont hors de combat et l'histoire retiendra l'action des Zouaves qui donnera son nom au célèbre pont de l'Alma à Paris, avec sa statue de zouave, étalon mesureur des crues de la Seine.

Atteint par le choléra, le maréchal Saint-Arnaud doit abandonner le commandement au général Canrobert, le 26 septembre. Transporté sur le Berthollet pour être évacué vers la France, il meurt dans la soirée. Ce changement de commandement est une des explications possibles à la lenteur de l'exploitation alliée après la victoire de l'Alma. Les Russes vont avoir le temps nécessaires pour mettre les défenses de Sébastopol en état.

 

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