Les effets des facteurs humains sur le Cours d'une bataille
par le Lieutenant-Colonel Pierre BOUC (CR)

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5

 

Introduction :

Cela fait des millénaires que l'homme considère la guerre comme un art. Ceci est dû à son rôle prépondérant au cours d'une bataille, qui est donc déterminant vis-à-vis du dénouement de celle-ci. Avant d'essayer de démontrer les différentes façons de tenir compte des facteurs humains dans la simulation de guerre, il faut que nous déterminions leur rapport et leur contribution au cours d'une bataille. Une topologie pertinente de la classification des facteurs humains sera d'ailleurs proposée comme guide pour aborder cette modélisation.

Ceci n'est pas une nouvelle épreuve, le programme Mors par exemple, a déjà donné trois séminaires Morimoc depuis 1990, bien qu'il nous faille noter que rien n'ait encore été sérieusement incorporé dans les simulations d'aujourd'hui. Ce projet a pour but d'évaluer quelles mesures pourraient vraisemblablement être instaurées afin d'y remédier d'ici peu.

Concernant les Origines du Problème :

Il faut avant tout noter qu'il n'existe aujourd'hui aucune simulation dont tous les résultats reflètent la réalité. Invitons le lecteur a considérer certaines batailles, telles qu'Austerlitz (1805), Waterloo (1815), l'offensive de Guderian en France (1940), la prise de Crète par les parachutistes allemands (1941), la bataille d'Angleterre (1941), Tobruk (1942), El Alamein (1942).etc. et à évaluer jusqu'où les résultats de la simulation s'accordent avec ceux du monde réel, particulièrement en ce qui concerne les références historiques. Très souvent cette analyse démontre la corrélation suivante entre ces deux données.

Catégories
Proportions simulation / monde réel
Pertes du Gagnant
de 1 à 2
Pertes du Perdant
de 2 à 3
Durée de la bataille
de 5 à 10
Consommation de munitions
de 3 à 5

Bien que, dans ces simulations, le vainqueur soit souvent conforme avec la réalité, ces résultats ne sont pas entièrement satisfaisants.
Un jour, à Rome, un courtisan demanda au Duce Benito Mussolini ce qu'il aurait fait à la place de Napoléon. Celui-ci lui répondit qu'il aurait perdu à Austerlitz et gagné à Waterloo. Cette boutade soulève la question de la répétition historique. Ce problème, qui existe encore dans les simulations Legacy, est exacerbé par l'émergence du CGF.
Dans les simulations dirigées, l'interaction humaine fournit la "simulation des humains avec un homme" (the simulation of humans with a man), qui dépeint souvent l'imprévisibilité et la diversité du cours d'une bataille (sous certaines conditions censées prévenir contre les résultats erronés).

Cette évaluation et la réflexion lui étant liée ont été mises en ouvre en 1991, peu de temps après le lancement du cours d'adaptation de JANUS à JANUS France. Leurs conclusions forment la base de ce projet.

 

page 1 - page 2- page 3 - page 4 - page 5

Suivez nous

© 1997-2012
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés