Les citadelles dans le Viet-nam du XIXe siècle
par Nicolas MICALLEF

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Bibliographie - Glossaire

 

Si à l'échelle régionale, il existe un système de défense satellitaire, on peut dire qu'il en existe également un à l'échelle du Viêt-Nam, formé par l'ensemble des citadelles.

Pour ceci étudions la carte fournie, toutefois gardons-nous de la considérer comme exhaustive pour ce qui est du positionnement et du nombre de citadelles qui y sont reportées de par les destructions et abandons causés par la conquête coloniale, mais aussi de par la partialité des sources essentiellement françaises.

Nous pourrions citer comme exemples, la destruction de la citadelle de Hanoi suite au remaniement du plan urbain de la ville française ou encore, les nombreux abandons de fortins comme le Col des Nuages devenu inutile avec le nouveau tracé de la route mandarine qui se contente dorénavant de le contourner.

Revenons à notre sujet si, l'emplacement des citadelles est fonction de nombreux critères comme la présence d'un chef-lieu, de considérations géomantiques ou d'un réseau de communication, il est aussi fonction de la géographie du pays. Examinons la carte, le Nord est une contrée montagneuse avec de hauts plateaux dont le seul axe de pénétration viable est la vallée du Fleuve Rouge, il n'est donc guère étonnant de trouver dès le débouché de ce goulet, aux environs de Hung Hoa, une concentration de citadelles (concentration s'expliquant également par la conjoncture de troubles que connaît le Viêt-Nam de la première moitié du 19ème siècle avec en 1808, la constitution de deux partis rebelles à Gia-Long dans le Tonkin Oriental, l'un au nom de la vieille dynastie Dinh, l'autre au nom des Lê renversés par les Tay Son.

A ces troubles internes, s'ajoute sous le règne de Gia-Long, la première invasion des ethnies montagnardes des Méos ou Hakka et enfin, la présence dans les provinces de Cao Bang, Thai Nguyên, Lang Son, Bac-Ninh, de bandes chinoises connues par leurs actions de piraterie), comme par ailleurs au niveau des nouds fluviaux (Hanoi, Hai Duong, Hung Yên, Nam Dinh). On trouve également sur les principales routes menant à Hanoi, et ce dès la frontière, quelques citadelles en poste avancé comme Cao Bang, Lang Son, Lao Kay ou encore Lay Chau.

Le centre du Viêt-Nam, l'Annam, se distingue par un mince liseré côtier bordé par la Chaîne Annamitique, véritable barrière naturelle. Les citadelles y sont essentiellement placées sur la côte, le long de la route menant à Huê, chaque forteresse constitue un rempart de défense de la cité impériale de Huê à la façon des trois enceintes concentriques de la capitale du roi semi-historique An Duong au troisième siècle avant Jésus-Christ.
Il est à rappeler que la citadelle au Viêt-Nam a une double fonction, elle est un centre fortifié abritant une garnison et son armement, mais elle est aussi une capitale provinciale avec son économie et ses échanges... Aussi, si la citadelle tombe, la province tombe.

Le Sud, bas pays marécageux et récemment conquis sur le Cambodge en 1780, dispose des places de Ha Tien, Long Xuyên, Vinh Long, My Tho, Thay Ninh, Bien Hoa et Saigon. Leur multiplicité et leur rayonnement autour de Saigon, chef-lieu de la province, tient compte de la géographie de la plaine. Composée essentiellement de rizières en raison de sa nature fluviale et de son faible vallonnement, la province s'est vue fortement fortifiée d'autant plus qu'elle était " neuve " dans l'Empire.


Les citadelles sont toutes placées par intérêt stratégique aux limites frontalières (Ha Tien, Long Xuyên, Tay Ninh) ou aux abords du fleuve, voie de communication majeure (Vinh Long, My Tho, Saigon, Bien hoa ou encore Long Xuyên). Toutefois, deux places fortes principales, Saigon et Bien Hoa, s'extirpent de ce réseau fortifié en raison de leur fonction stratégique majeure. Elles défendent l'accès de Huê et constituent un obstacle incontournable par leur site : elles sont en effet placées au centre d'un goulet géographique, entre le Dong-Nai à l'Ouest qui coupe le Sud Viêt-Nam jusqu'à la frontière avec le Cambodge et à l'Est, les plateaux de la Cordillère Annamite.

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