Son-Tay
(près de Hanoi, au Nord-Ouest), également sur plan carré a été construite
sous Minh-Mang en 1822 (annexe 15). D'après le plan
ci-joint, la citadelle a quatre bastions en demi-lune sur chaque
face sans pour autant disposer de lunettes d'angle. Les remparts
comportent trois portes sur les faces Ouest, Sud et Est. Elle
est entourée d'un fossé précédé d'un glacis qui protège les
nombreux bâtiments militaires à l'intérieur.
La
citadelle de Nam-Dinh (au Sud de Hanoi), également édifiée
sous Minh-Mang en 1833, nous est connue grâce au plan ci-joint
(annexe 16) et correspond au premier système Vauban.
Construite toujours sur un plan carré, elle comporte quatre
lunettes d'angle assez avancées. Chaque face comprenait en
son milieu, un bastion s'avançant en pointe, semblable à ceux
de Huê et qui contrairement aux autres citadelles, n'avait
pas de portes. Celles-ci traversent la courtine gauche pour
déboucher sur un ouvrage de défense avancée. Ces courtines,
bastions et lunettes formant l'ouvrage principal, étaient précédées
d'une contrescarpe à courtines obliques. Dans chaque angle
de raccordement, (1) des
courtines étaient disposés des saillants alors que, la contrescarpe était
précédée d'un large fossé, à face extérieure rectiligne et
lui-même précédé d'un glacis.
La
citadelle de Hanoi, elle aussi sur plan carré a été détruite à la
fin du siècle dernier (1896-97) pour des raisons d'urbanisme,
en particulier pour le plan d'expansion de la ville française.
Construit sous Gia-Long en 1805, c'est à dire trois ans après
la prise de la ville qui avait eu lieu le 20 juillet 1802,
chaque face de la citadelle comportait trois courtines et deux
bastions au lieu d'un et une lunette à chaque angle. L'ouvrage
principal comportait comme à Nam-Dinh, une contrescarpe précédée
de saillants, deux sur la face Sud dans l'axe des courtines
entre les bastions et les lunettes, et un saillant sur chacune
des autres faces, dans l'axe de la courtine centrale qui relie
les deux bastions. Enfin chacun des bastions comportait une
porte, fermée par d'épais vantaux de bois, et un pont en brique
pour la traversée du fossé de vingt à quarante mètres de large
qui entourait l'ouvrage.
L'intérieur de la citadelle était
occupé comme à Saigon, par le Palais Royal
de plan rectangulaire de trois cent cinquante
mètres de longueur sur cent vingt mètres de
largeur, d'orientation Nord-Sud. Celui-ci était
subdivisé en deux cours, la cour d'honneur
au Sud et la cour privée au Nord, elles formaient
ensemble la cité interdite où habitait le roi.
Au Sud du palais royal se dresse(2),
encore aujourd'hui, le cot-cô (12) ou "poteau
du drapeau" appelé aussi le mirador, et
qui a été construit en 1812 sous Gia-Long.
Au Sud de cet édifice, s'élevait les écuries
des éléphants (25) ayant à proximité la mare
des éléphants (18). Toujours à l'intérieur
de la place, autour du plais royal, s'élevaient
plusieurs bâtiments tels que les résidences
et bureau du Tông Dôc (26), du Dê Dôc (27),
du Thuan Phu (28), du Bô Chanh (29), de l'An
Sat (30).
Pour
en finir avec les citadelles à plan carré et aborder celles à plan
polygonale comme Bac-Ninh, nous citerons les places de Hung-Yên
et Ha-Tinh construites en 1832 et 1833 et celles de Thai-Nguyên,
Dong-Hoi, Quang-Tri édifiées en 1837 sous Minh-Mang et, qui
présentent toutes un plan semblable à Nam-Dinh, mais sans lunette
d'angle et contrescarpe.