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Mobilisant
toutes ses forces, Ly Thuong Kiêt, de manière à accentuer
le désarroi de l'armée adverse, lance ses troupes
montagnardes dans une phase de harcèlement intensive des
arrières chinois qui aboutit à la perte de 180
000 convoyeurs et à l'arrêt du ravitaillement. Parallèlement,
et en coordination avec cette action, il lance deux attaques
simultanées de destruction, de nuit, contre les deux campements
chinois : une attaque de diversion menée du fleuve par
les 20 000 hommes de la flotte contre le quartier général
de Quach Quy qui se conclut par de lourdes pertes des deux côtés (1)
et, une attaque d'envergure menée par le gros des forces
terrestres de Ly Thuong Kiêt contre le campement de Thieu
Thiêt. Celui-ci était en effet dépourvu de
structures de défense et venait d'être délesté d'une
partie de ses forces, envoyées en renforts au camp de
Quach Quy. Prises au dépourvu par l'initiative de Ly Thuong
Kiêt, les troupes Song n'arrivèrent pas à s'organiser
et la moitié des effectifs périrent. Ainsi en une
nuit, Ly Thuong Kiêt donna le coup mortel au plan d'attaque
des Song, détruisant en une nuit près de 24.000
hommes. Confiant dans sa victoire inéluctable, Ly Thuong
Kiêt pour éviter une guerre interminable choisit
le parti de la conciliation politique qui sera toujours le même
au cours des conflits à venir : c'est à dire la
reconnaissance de l'autorité chinoise par le Viêt-Nam
via le versement d'un tribut annuel et parallèlement,
la reconnaissance de l'indépendance du pays par la Chine
via l'agrément des nouveaux empereurs. Une telle conciliation
permit à la dynastie Song de sauver la face au niveau
international et de conclure une guerre éprouvante qui
lui avait coûté la perte de 80.000 hommes de troupes
et de 120.000 convoyeurs sur les 300.000 que comptait l'armée
d'invasion.
Cette
victoire est le fait de l'utilisation conjointe des forces permanentes
groupées sur la rive sud du fleuve Cau et des forces armées
populaires, massées dans les arrières de l'ennemi
qui ont contribué à sa désorganisation,
c'est à dire la stratégie de guerre totale.
La conclusion nous est fournit par le général Vo Nguyên
Giap : "Ainsi apparut déjà, dès cette époque
la coordination de combat entre la grande armée et les forces régionales
créant une position stratégique d'attaque de l'ennemi à la
fois de front et de revers. Cette coordination d'action était un trait
original de l'art militaire d'un petit peuple s'opposant à la guerre
d'agression d'un ennemi puissant" (2).
1.
Les deux princes Hoang Chan et Chieu Van qui commandaient la flotte
de guerre viêtnamienne. [retour au texte]
2.
Vo Nguyên Giap, Armement des masses révolutionnaires, édification
de l'armée du peuple, Editions en langues étrangères,
Hanoi, 1974. [retour au texte]
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