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L'objectif
de Ly Thuong Kiêt était de protéger la route
de la capitale en maintenant et en contenant l'armée Song
sur la rive nord, c'est à dire sur un territoire montagneux
où il lui serait difficile de s'approvisionner mais aussi
de se déplacer. Ainsi dans le but de conforter sa position,
Ly Thuong Kiêt double la puissance d'arrêt du fleuve
en édifiant sur la rive sud, un rempart de terre renforcé par
des pieux de bambous (voir croquis) assemblés en palissades
de plusieurs couches, tandis que sous l'eau, étaient installés
des traquenards et des fosses à pals. Ly Thuong Kiêt
et son armée n'avaient plus qu'à attendre l'armée
chinoise qui entra au Viêt-Nam à la fin de l'année
1076, suivie de ses milliers de convoyeurs.
Dès
son entrée au Viêt-Nam le 8 janvier 1077, le plan
de "guerre-éclair" de Quach Quy fut contrarié par
les offensives de harcèlement des troupes montagnardes
et surtout, par l'offensive maritime viêtnamienne qui arrêta à Vinh
An la flotte Song, celle-ci n'ayant pour autre recours que de
jeter l'ancre dans le couloir de Dong Khen et d'attendre des
nouvelles de l'armée terrestre. Ralentie par les attaques
incessantes des montagnards, ce n'est que le 18 janvier 1077 (1)
que les troupes Song atteignent la rive nord du fleuve Cau, constatant
l'absence de la flotte et l'existence de fortifications de défense
sur la rive opposée. Dans l'objectif d'attendre la flotte
et de préparer la traversée du fleuve pour atteindre
la capitale de Thang-Long, Quach Quy décide d'installer
son camps sur la rive nord mais au lieu d'éparpiller ses
forces, il divise son armée en deux blocs face aux deux
embarcadères principaux sur un front de trente kilomètres.
Le campement du général en chef Quach Quy faisait
face à l'embarcadère de Thi Cau, tandis que celui
du général en second Thieu Thiêt faisait
face à celui de Nhu Nguyêt où était
positionné le quartier général de Ly Thuong
Kiêt. Néanmoins, afin de prévenir toute attaque
surprise de l'ennemi et de manière à assurer un
bonne liaison entre les deux blocs, Quach Quy avait placé à quinze
kilomètres des deux parties un petit campement adverse.
Dans
le but d'éviter une guerre de position interminable qui
serait néfaste pour la santé économique
du pays, Ly Thuong Kiêt prit le parti de provoquer l'ennemi
par une retraite déguisée de ses troupes au niveau
de Thi Cau. A la vue du vide s'ensuivant, le général
chinois Mieu Ly annonça la fuite des troupes adverses
et, obtenant l'accord du général en chef Quach
Quy, traversa avec ses troupes d'élites le fleuve. Mal
lui en prit puisqu'il tomba dans une embuscade à six kilomètres
du fleuve, sur un terrain ascendant, boisé et marécageux
où il fut mis en pièce. Ainsi par cette tactique,
Ly Thuong Kiêt portait un coup capital à l'armée
adverse en lui enlevant l'une de ses troupes de choc et en la
contraignant à demeurer sur ses positions. Suite à une
seconde offensive lancée par Quach Quy qui se termina
par le massacre de milliers de Chinois devant les palissades
de bambou, plongeant l'armée chinoise, d'autant plus incommodée
par les premières chaleurs de l'été tropical,
dans l'adversité et l'amertume la plus totale, Ly Thuong
Kiêt choisit de lancer à cet instant "charnière" sa
contre-offensive décisive.
1.
Il fallait en effet de trois à quatre semaines pour parcourir
le trajet menat de la Chine à la capitale viêtnamienne
de Thang-Long. [retour au texte]
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