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La
première bataille de Nhu Nguyêt en 1077, était
la conséquence évidente du contexte politique
pour les contemporains de l'époque. Cela faisait seulement
cent trente huit ans que le Viêt-Nam s'était libéré du
joug millénaire chinois (-111 ; 939), grâce au
soulèvement
de Ngô Quyên et à l'effondrement de la dynastie
chinoise des T'ang en 939 après Jésus-Christ.
Depuis ce jour, la nouvelle dynastie chinoise des Song (1)
n'avait cessé d'affirmer sa volonté de reconquérir
le Viêt-Nam. Elle s'y était essayé par
deux fois aux 10ème et 11ème siècles et
avait abouti à la défaite de 981, où son
armée
avait été mise en déroute par le stratège
viêtnamien Lê Hoan. Dans la deuxième moitié du
XIe siècle, la dynastie des Song connaît
de graves difficultés, qu'elles soient internes avec
l'intensification des contradictions de classes et l'éclatement
de nombreuses révoltes paysannes, ou externes, avec
le conflit permanent l'opposant aux deux Etats du Nord et du
Nord-Ouest, le Lieu et
le Ha, qui lui avait coûté la perte de nombreux
hommes et de quelques territoires. C'est ainsi que lorsque
le nouvel empereur Song Tsan Tong monte sur le trône
en 1068, celui-ci décide tout naturellement de conquérir
le Viêt-Nam, autant pour se venger de sa résistance
et de l'affront subi, que pour affirmer la puissance de son
empire et étendre son prestige national et international
vis à vis
des Etats Lieu et Ha. En outre cette décision coïncide
avec une conjoncture de faiblesse politique au Viêt-Nam,
puisque l'année 1072 voit la mort du roi Ly Thanh Thong,
remplacé par son fils de sept ans Ly Nhan Tong, placé sous
l'égide du premier ministre de l'époque, Ly Thuong
Kiêt (2).
Le
rapport des forces est éloquent et témoigne en
faveur des Chinois, pourtant en position difficile de par le
contexte politique, ces-derniers ne pouvaient en effet amasser
une puissante armée au Sud de leur empire sans réduire
leurs forces de défense du Nord et du Nord-Ouest, constituant
ainsi pour les Etats Lieu et Ha, une proie facile. Ainsi, le
plan d'attaque du général chinois Quach Quy assisté de
son aide de camp le général Thieu Thiêt,
ne pouvait se résumer qu'en une attaque éclair (3)
sur le Viêt-Nam, avec pour objectif principal la prise
de la capitale Thang-Long et la destruction de toute résistance
au moyen des forces de la cavalerie et de l'infanterie. Ce plan
d'attaque basé sur la maîtrise du combat conventionnel
et la puissance de l'armée chinoise constituera toujours
le fer de lance des différentes dynasties contre le Viêt-Nam,
dont la faiblesse numérique ne faisait aucun doute. En
effet, un général chinois ne pouvait réagir
autrement que par cette stratégie, où il savait
qu'il serait vainqueur d'une guerre conventionnelle se résumant
en une série de batailles en lignes successives, car si
l'ennemi voulait le détruire, la seule solution était
un affrontement directe.
1.
Dynastie Chinoise des Song (960 - 1126). [retour au
texte]
2.
Ly Thuong Kiêt (1019 - 1105). [retour au
texte]
3.
Le "blitzkrieg" est la stratégie d'attaque éclair
basée sur l'utilisation conjointe de l'aviation et des
blindés, développée par les Allemands
dans l'entre-deux-guerres (1919-1939). Dans le cas présent,
elle définit une stratégie d'attaque basée
sur la rapidité et sur la mobilité des moyens
a disposition. [retour au texte]
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