La bataille
, son déroulement et l'ordre en combat (suite)
Le
plan de bataille du Hà-Dô ou du tableau magique de Phuc Hi
se caractérise quand à lui, par une armée divisée en 18 compagnies
(soit 422 hommes par compagnie) qui prennent position autour
du général, de façon à figurer le tableau magique de Ha-Dô(29).
Trois compagnies se portent en avant du centre, trois en arrière,
deux à chacune des ailes, et deux à chacun des angles du quadrilatère.
Le plan de bataille de Ha-Dô constitue avec celui de Thai-Cuc,
les deux formations de combat les plus avantageuse pour vaincre
l'ennemi. Ces deux plans étant basés sur les grands principes
génésiques(30) découverts
par les anciens, et conformes aux "volontés du Ciel et de la
Terre".
Le
plan de bataille des huit portes à serrure d'or s'applique
pour une armée de 5.000 hommes. L'armée marche sur un seul
rang, le général au centre entouré d'une garde de 1.000 hommes
(compagnie du Ciel et de la Terre), et comprend 20 compagnies
de chacune 200 hommes, soit 4.000 hommes. Cette tactique est
attribuée à Khong-Minh(31).
A l'extrémité de chacune des deux ailes, les compagnies du
Serpent et du Moineau doivent constituer la ligne de défense
de l'armée, que ce soit sur ses flancs ou à l'avant et à l'arrière.
Dans le même ordre d'idée, les compagnies du Vent et du Nuage
(encerclement) situées de part et d'autre du général en chef,
sont les derniers éléments lancés dans la bataille, lorsque
l'armée adverse désorganisée par les attaques des 16 compagnies
restantes est prête à se disloquer.
Il existe
deux autres manières de former les troupes en bataille, comme
le plan par mouvement oblique des ailes ou encore le
plan en carré qui conservent l'ordonnancement du plan
précédent en 20 compagnies de 200 hommes pour les ailes et
mille hommes dans le bataillon central. On retrouve bien entendu
les compagnies du Serpent, du Moineau, du Nuage et du Vent
aux extrémités pour le premier et sur les angles pour le second.
Ainsi quel que soit le côté attaqué, celui-ci dispose, outre
une force d'attaque de quatre compagnies (8 000 hommes), de
deux compagnies annexes, une pour la défense et l'autre pour
contourner l'ennemi. Ainsi, une armée en bataille est comme
un serpent, si on le frappe à la tête, la queue se replie pour
lui porter secours et inversement.
Au cours
de la bataille de constantes manouvres détournent l'attention
de l'ennemi et permettent des opérations Ch'i sur ses
arrières et sur ses flans en profondeur. Comme nous venons
de le voir dans le plan de bataille dit du Thai Cuc, l'armée
est divisée en deux compagnies symétriques à un axe central,
mais antagonistes l'une envers l'autre, mais derrière la matérialité de
ces compagnies, ce sont les mondes de la Terre et du Ciel regroupant
chacun les éléments les constituants qui sont représentés.
Ils constituent les éléments tactiques du général, la force
normale, directe, dite Cheng et la force extraordinaire,
indirecte, dite Ch'i qui ont une action combinée et
dont les effets se répercutent de l'une sur l'autre. Si le
Cheng et le Ch'i se retrouvent dans l'opposition du Ciel et
de la Terre, ils résident également au sein de chaque ensemble.
Par exemple, chaque compagnie de l'élément Terre a une prédisposition
dans le combat par rapport aux autres, tout en se complétant
dans la bataille. Ainsi, nous pouvons définir le Cheng comme
un élément de fixation (le Tigre, Principe Mâle, Soleil, Lune,
Principe Femelle, Dragon) et le Ch'i comme un élément destiné à prendre
l'ennemi de flanc et à l'encercler (Moineau, Vent, Serpent,
Nuage) ou encore comme élément de diversion et élément d'intervention
décisive, respectivement. Leurs coups sont en corrélation.
Le Cheng et le Ch'i sont comparables à deux anneaux entrelacés (32).
Qui peut dire où commence l'un et où finit l'autre ? Leur interchangeabilité offre
une gamme infinie de possibilités. Les fonctions du Cheng peuvent
se muer en fonctions Ch'i et vice-versa Nous pouvons donc redéfinir
une attaque Ch'i comme étant celle qui s'effectue lorsqu'une
solution rapide est possible dans un secteur où les défenses
de l'ennemi présentent des failles et des brèches. La diversion
revêt une importance considérable et les transmissions de l'adversaire
deviennent par conséquent, un objectif primordial.
L'organisation
décrite ci-dessus donnait une souplesse considérable dans les
formations de marche tandis que l'articulation des divers éléments
rendait possible un déploiement rapide approprié au combat.
Mais quoi qu'il en soit, comme le dit lui-même Dampier(33),
l'armée viêtnamienne connut assez rarement de bataille rangée
aux 18ème et 19ème siècles, se limitant à des escarmouches
avec ses ennemis.