L'armée vietnamienne du XIXe siècle
par Nicolas MICALLEF

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Bibliographie - Glossaire

 

La bataille , son déroulement et l'ordre en combat (suite)

La première combinaison est le plan de bataille de Thai Cuc ou grand extrême. Au premier coup de gong de métal suivi de trois coups de tambour, les quatre sections des compagnies centrales du Ciel et de la Terre viennent se grouper autour du général, deux en avant, deux en arrière puis, à un second coup de gong de métal, les deux étendards du Ciel et de la Terre se portent à 30 pas(27) en avant du bataillon central ainsi groupé autour du chef de corps. Pour la formation des ailes, on frappe un coup de gong. Alors les compagnies du Soleil, du Principe Mâle, du Vent, du Serpent et du Tigre se placent successivement en ordre pour former l'aile droite et, les compagnies de la Lune, du Principe Femelle, du Nuage, du Serpent, du Moineau et du Dragon, se placent de même pour former l'aile gauche. C'est dans cet ordre que l'armée avance. Si l'aile droite prend la première le contact avec l'ennemi, c'est la compagnie du Tigre qui est engagée d'abord alors, la compagnie du Serpent se cache dans les herbes pour arrêter les fuyards, tandis que la compagnie du Vent se déploie pour tourner l'ennemi et l'envelopper, et que les compagnies du Principe Mâle et du Soleil se portent à droite et à gauche de la compagnie du Tigre pour l'aider dans son action. Dans le cas différent où l'aile gauche aborde l'ennemi en premier, les chose se passent exactement de la même façon pour les compagnies correspondantes de l'aile gauche tandis que, le centre doit rester immobile pour protéger le général.

De même que le premier ordre de bataille, la deuxième formation dite de Thai Cuc Hôn Nguyên obéit aux même ordres : au premier coup de gong de métal suivi de trois coups de tambour, les 500 hommes de la compagnie du Ciel prennent leur position en arrière du général, tandis que la compagnie de la Terre se porte en avant. Les compagnies du Soleil et de la Lune se placent alors à droite et à gauche du bataillon du Ciel, et forment ainsi "les deux pieds" du corps d'armée. Les compagnies du Principe Mâle et du Principe Femelle se placent de la même façon de chaque coté du bataillon de la Terre, et forment "les épaules" du corps d'armée. A un autre commandement, transmis par un coup de tambour, les compagnies du Vent, du Nuage, du Dragon et du Serpent, se placent de chaque coté et en avant du bataillon de la Terre, formant ainsi "la tête" du corps d'armée, tandis que les compagnies du Tigre et du Moineau se placent en arrière et sur les flancs du bataillon de la Terre. Dans cet ordre de bataille, si la formation de tête entre en contact avec l'ennemi, c'est la compagnie du Dragon qui est engagée en première, tandis que les compagnies du Vent et du Nuage ceinturent l'ennemi des deux cotés et que celle du Serpent s'étale pour constituer une défense linéaire. Dans un second temps, les compagnies du Principe Mâle et du Principe Femelle se portent à droite et à gauche de la compagnie du Dragon pour former une ligne de bataille. Cette configuration de bataille est équivalente pour les deux autres côtés comprenant la compagnie du Moineau et la compagnie du Tigre. Les compagnies du Ciel et de la Terre restent immobiles(28) pendant la durée des opérations.

Le troisième ordre de bataille dit du Sien-Thien ou du ciel antérieur est employé quand l'armée compte près de 7 600 hommes. La réserve centrale autour du général demeure toujours composée de 1 000 hommes, mais divisée dans ce cas précis en huit sections, les deux sections de tête arborent chacune l'étendard de la Terre portant le chiffre 10. L'aile droite et l'aile gauche sont formées chacune de quatre compagnies numérotées de 1 à 8 et appartenant toutes, à la Terre et au Ciel : soit 3 300 hommes par compagnie. Les commandements se transmettent au moyen du gong, du tambour et du porte-voix, chaque compagnie obéit au nombre de coup de gong représentant son numéro d'ordre, le tambour indique vers quel côté doit s'opérer le mouvement. De même dans cette configuration, le bataillon reste immobile, il représente la dernière ligne de défense du centre de commandement.


27. Dumoutier, Op. Cit., p. 101 [retour au texte]
28. Sauf événements extraordinaires, ces deux compagnies constituent le dernier rempart de défense de l'état-major.[retour au texte]

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