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La bataille
de Midway
Les
batailles de la seconde guerre mondiale vont donner une place croissante
aux forces aériennes et à leur emploi au sein de formations
coalisées. S’affranchissant des contraintes terrestres,
elles peuvent aisément renseigner l’état major
sur les forces en présence. Ce principe s’illustre avec
force dans la guerre du Pacifique, où les engagements à dominance
aéronavale se situent au sein d’espaces virtuellement
incontrôlables. La reconnaissance préalable des cibles
devient cruciale. La place du porte-avion et des avions au sein des
forces navales fait à ce titre débat. L’exploitation
de la reconnaissance de l’objectif se heurte en effet à la
distance entre la cible et le canon. Il faut agir vite, mais à partir
de quel support ? Les flottes de cuirassés étant trop
lentes, il faut disposer de flottes de bombardiers en piqués
proches des objectifs. Impossible de reproduire le schéma
méditerranéen qui permet de gérer l’espace
marin depuis des îles et des péninsules dans l’océan
pacifique, où les terrains d’aviation sont trop éloignés
des territoires nationaux. La reconnaissance alliée au porte-avion
donne la solution.
Ironie
de l’histoire, tout part pourtant d’un raid stratégique
réussi sur Tokyo, six mois seulement après Pearl
Harbor. La flotte américaine n’a pas été détruite,
et la bataille de la Mer de Corail a prouvé qu’elle
gardait avec ses porte-avions une formidable capacité offensive.
De plus, l’île de Midway et ses pistes menacent le
Japon. Il faut réduire le point d’appui terrestre
et le reste de la flotte dans la même opération.
Le piège tendu par l’amirauté japonaise consiste à attirer
les porte-avions américains en menaçant simultanément
l’île de Midway et les îles aléoutiennes,
de prendre en tenaille la flotte présente à Midway
et de l’anéantir. Confiant dans le rapport disproportionné des
forces, Yamamoto disperse les forces japonaises. Mais il évalue
mal l’adversaire. Le porte-avion Yorktown n’a pas été coulé en
mer de Corail et les porte-avions Hornet et Entreprise opèrent
sur la zone de Midway. Surtout, le code pourpre de la marine
japonaise est déchiffré. La connaissance des plans
permet de garder l’initiative. Le piégeur sera piégé.

C'est
le groupe de bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless
de l'Entreprise qui
fait l'essentiel du travail. Ignorant l'emplacement de l'ennemi, le capitaine
de
corvette McClusky le cherche au nord et le trouve par hasard.
Midway,
transformée en forteresse dotée d’une flotte
de bombardiers et de chasseurs, va subir seule l’assaut japonais,
afin de découvrir les forces ennemies. Vigies au service
des task forces 16 et 17 situées en attente au sud ouest
de l’île, les hydravions Catalina surveilleront avec
succès les 700 miles aux alentours de l’île.
Au
petit matin du 4 juin 1942, la première vague d’attaque
japonaise lancée des porte-avions japonais détruit
les installations mais manque les pistes d’envol et la
DCA. Un second passage est nécessaire. Du côté américain,
le Contre-amiral Spruance prend la décision risquée
d’envoyer tous ses avions bien avant d’être
dans les parages des flottes japonaises laissant les porte-avions
américains sans défense. A bord de l’Akagi,
le Vice-amiral Nagumo subit huit vagues de bombardement naval
en provenance de Midway et des porte-avions américains
sans dommages sérieux. Bien que les Zero dominent le ciel,
Nagumo hésite avant d’ordonner l’armement
des appareils gardés en réserve avec des bombes
en lieu et place de torpilles. C’est alors qu’une
escadre de bombardiers en piqué américains troue
le ciel et coulent l'Akagi, le Kaga et le Soryu en un instant,
le quatrième porte-avion, le Hiryu étant
coulé dans
l’après-midi. Le lendemain, les Japonais sauvent
l’honneur et coulent le Yorktown. La défaite
est écrasante
et sans appel. La marine japonaise ne se remettra pas de ses
pertes.

Le
Yorktown vient de prendre une torpille.
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