Principe n°3: La reconnaissance
par Jean-Joachim Bissieux (fiche) et Alexandre Arbabe (exemple historique)

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La bataille de Midway
Les batailles de la seconde guerre mondiale vont donner une place croissante aux forces aériennes et à leur emploi au sein de formations coalisées. S’affranchissant des contraintes terrestres, elles peuvent aisément renseigner l’état major sur les forces en présence. Ce principe s’illustre avec force dans la guerre du Pacifique, où les engagements à dominance aéronavale se situent au sein d’espaces virtuellement incontrôlables. La reconnaissance préalable des cibles devient cruciale. La place du porte-avion et des avions au sein des forces navales fait à ce titre débat. L’exploitation de la reconnaissance de l’objectif se heurte en effet à la distance entre la cible et le canon. Il faut agir vite, mais à partir de quel support ? Les flottes de cuirassés étant trop lentes, il faut disposer de flottes de bombardiers en piqués proches des objectifs. Impossible de reproduire le schéma méditerranéen qui permet de gérer l’espace marin depuis des îles et des péninsules dans l’océan pacifique, où les terrains d’aviation sont trop éloignés des territoires nationaux. La reconnaissance alliée au porte-avion donne la solution.

Ironie de l’histoire, tout part pourtant d’un raid stratégique réussi sur Tokyo, six mois seulement après Pearl Harbor. La flotte américaine n’a pas été détruite, et la bataille de la Mer de Corail a prouvé qu’elle gardait avec ses porte-avions une formidable capacité offensive. De plus, l’île de Midway et ses pistes menacent le Japon. Il faut réduire le point d’appui terrestre et le reste de la flotte dans la même opération. Le piège tendu par l’amirauté japonaise consiste à attirer les porte-avions américains en menaçant simultanément l’île de Midway et les îles aléoutiennes, de prendre en tenaille la flotte présente à Midway et de l’anéantir. Confiant dans le rapport disproportionné des forces, Yamamoto disperse les forces japonaises. Mais il évalue mal l’adversaire. Le porte-avion Yorktown n’a pas été coulé en mer de Corail et les porte-avions Hornet et Entreprise opèrent sur la zone de Midway. Surtout, le code pourpre de la marine japonaise est déchiffré. La connaissance des plans permet de garder l’initiative. Le piégeur sera piégé.


C'est le groupe de bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless de l'Entreprise qui
fait l'essentiel du travail. Ignorant l'emplacement de l'ennemi, le capitaine de
corvette McClusky le cherche au nord et le trouve par hasard.


Midway, transformée en forteresse dotée d’une flotte de bombardiers et de chasseurs, va subir seule l’assaut japonais, afin de découvrir les forces ennemies. Vigies au service des task forces 16 et 17 situées en attente au sud ouest de l’île, les hydravions Catalina surveilleront avec succès les 700 miles aux alentours de l’île.

Au petit matin du 4 juin 1942, la première vague d’attaque japonaise lancée des porte-avions japonais détruit les installations mais manque les pistes d’envol et la DCA. Un second passage est nécessaire. Du côté américain, le Contre-amiral Spruance prend la décision risquée d’envoyer tous ses avions bien avant d’être dans les parages des flottes japonaises laissant les porte-avions américains sans défense. A bord de l’Akagi, le Vice-amiral Nagumo subit huit vagues de bombardement naval en provenance de Midway et des porte-avions américains sans dommages sérieux. Bien que les Zero dominent le ciel, Nagumo hésite avant d’ordonner l’armement des appareils gardés en réserve avec des bombes en lieu et place de torpilles. C’est alors qu’une escadre de bombardiers en piqué américains troue le ciel et coulent l'Akagi, le Kaga et le Soryu en un instant, le quatrième porte-avion, le Hiryu étant coulé dans l’après-midi. Le lendemain, les Japonais sauvent l’honneur et coulent le Yorktown. La défaite est écrasante et sans appel. La marine japonaise ne se remettra pas de ses pertes.


Le Yorktown vient de prendre une torpille.

 

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