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L'infanterie
Les
armées présentes à Pavie possèdent
le même profil. L’infanterie compose l’essentiel
des troupes 19 000 sur 24 000 en gros pour l’armée
française. L’infanterie a donc bien gagné sa
place sur le champ de bataille, surtout lorsqu’on regarde
le chemin parcouru depuis l’expédition de Charles
VIII en 1494. 12 400 cavaliers français franchissent les
Alpes sur un effectif d’environ 41 900 hommes. Dans l'armée
impériale à Pavie, l’infanterie représente
plus de 75% des troupes.
L’arme
qui domine le champ de bataille est la pique. Elle mesure entre
4 et 6 mètres et nécessite un bon entraînement
pour la manier avec habileté. Les piquiers s’organisent
au combat en gros carrés compacts. Ces formations se diffusent
en Europe en imitant les Suisses dont les victoires de la fin
du XVe siècle impressionnent. Pour arriver à former
ces carrés, les cadres doivent posséder des notions
en mathématiques. Il faut pouvoir en effet aligner correctement
les piquiers et prendre garde de ne pas créer de trop
grande différence entre les files et les rangs si on veut
garder la forme d’un carré. Les piquiers peuvent
repousser une charge de cavalerie en levant les piques ou se
lancer à l’attaque
d’autre formation de piquiers. Pendant la bataille de Pavie,
par deux fois, des unités de piquiers vont se combattre.
Lors de ce genre de combat, le choc est violent. Les premiers
rangs des piquiers abaissent leurs piques qui forment ainsi une
muraille
de piques. Ils s’avancent ensuite contre leurs adversaires.
Dès que les piques pénètrent dans le carré adverse
en semant la mort ou les blessures, le combat dégénère
vite en une mêlée inextricable.

Guisarme
en fer forgé et en bois. Italie, première moitié du
XVIe siècle.
(© Paris - Musée de l?Armée / E. Cambier)
Pour éviter que le combat s’éternise, les différentes
armées utilisent le service de combattants qui manient les
hallebardes ou des épées longues. Ces « joueurs
d’épée » et hallebardiers franchissent
les premiers rangs de leur unité pour se glisser entre les
piques afin d'essayer de briser la cohésion de l’unité adverse.
L’importance des armes blanches
au cours du combat ne doit pas faire oublier le rôle
grandissant des armes à feu
depuis la fin du Moyen Age. D’abord simples canons à main,
les armes à feu se perfectionnent pour aboutir à l’arquebuse à mèche
vers la fin du XVIe siècle. Les armées
leurs accordent de plus en plus de place. L’arquebuse
devient l’arme
principale de l’infanterie française en remplacement
de l’arbalète peu avant Pavie. Les Suisses et
les lansquenets possèdent aussi des arquebusiers.
Dix pour-cent des hommes utilisent une arquebuse dans les
unités suisses
ou chez les lansquenets. Leur rôle est de tirailler
devant les piquiers et de les protéger. Les Italiens
présents à Pavie
ne sont quasiment armés que d’arquebuses. L’absence
d’arquebusiers dans les troupes suisses de Florance à Pavie
peut expliquer en partie l’échec de leur intervention.
L’armée qui intègre le mieux les arquebusiers
dans sa formation reste l’armée espagnole. Sur
cinq hommes d’armes, deux manient l’arquebuse.
Les avantages de l’arquebuse
par rapport aux armes de traits sont importants. Un arquebusier
apprend le maniement de son arme
plus rapidement qu'un arbalétrier ou un archer. L’arquebuse
devient aussi moins chère qu’une arbalète.
Argument de choix pour des princes en manque chronique d’argent.
L’utilisation habile de l’arquebuse par les Impériaux
est l’une des raisons de leur victoire à Pavie.
Lorsque la cavalerie française menée par le
roi arrive devant le bois au nord de Mirabello, les arquebusiers
de Charles le Quint,
dissimulés derrière des arbres, dirigent un
feu vif sur elle. Les cavaliers français perdent rapidement
leur cohésion d’autant plus qu’ils sont
attaqués également
par de l’infanterie à l'arme blanche.
L’arquebuse à mèche
Cette arme à feu se compose
d’un canon posé sur un affût en bois et
d’une platine à mèche qui regroupe un
serpentin (animé par une détente) avec une
mèche incandescente. Cette dernière en entrant
en contact avec de la poudre sur le bassinet provoque le
départ du coup. La portée efficace de l’arquebuse
ne dépasse pas 200 m. Cette arme est très mal
considérée par certains contemporains qui la
trouvent déloyale. Elle permet à un simple
soldat de tuer un grand chevalier. |
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