La Bataille de Pavie, 24 février 1525
par Morgan Hamard

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9 - page 10 - page 11

 

L'infanterie

Les armées présentes à Pavie possèdent le même profil. L’infanterie compose l’essentiel des troupes 19 000 sur 24 000 en gros pour l’armée française. L’infanterie a donc bien gagné sa place sur le champ de bataille, surtout lorsqu’on regarde le chemin parcouru depuis l’expédition de Charles VIII en 1494. 12 400 cavaliers français franchissent les Alpes sur un effectif d’environ 41 900 hommes. Dans l'armée impériale à Pavie, l’infanterie représente plus de 75% des troupes.

L’arme qui domine le champ de bataille est la pique. Elle mesure entre 4 et 6 mètres et nécessite un bon entraînement pour la manier avec habileté. Les piquiers s’organisent au combat en gros carrés compacts. Ces formations se diffusent en Europe en imitant les Suisses dont les victoires de la fin du XVe siècle impressionnent. Pour arriver à former ces carrés, les cadres doivent posséder des notions en mathématiques. Il faut pouvoir en effet aligner correctement les piquiers et prendre garde de ne pas créer de trop grande différence entre les files et les rangs si on veut garder la forme d’un carré. Les piquiers peuvent repousser une charge de cavalerie en levant les piques ou se lancer à l’attaque d’autre formation de piquiers. Pendant la bataille de Pavie, par deux fois, des unités de piquiers vont se combattre. Lors de ce genre de combat, le choc est violent. Les premiers rangs des piquiers abaissent leurs piques qui forment ainsi une muraille de piques. Ils s’avancent ensuite contre leurs adversaires. Dès que les piques pénètrent dans le carré adverse en semant la mort ou les blessures, le combat dégénère vite en une mêlée inextricable.


Guisarme en fer forgé et en bois. Italie, première moitié du XVIe siècle.
(© Paris - Musée de l?Armée / E. Cambier)


Pour éviter que le combat s’éternise, les différentes armées utilisent le service de combattants qui manient les hallebardes ou des épées longues. Ces « joueurs d’épée » et hallebardiers franchissent les premiers rangs de leur unité pour se glisser entre les piques afin d'essayer de briser la cohésion de l’unité adverse.
L’importance des armes blanches au cours du combat ne doit pas faire oublier le rôle grandissant des armes à feu depuis la fin du Moyen Age. D’abord simples canons à main, les armes à feu se perfectionnent pour aboutir à l’arquebuse à mèche vers la fin du XVIe siècle. Les armées leurs accordent de plus en plus de place. L’arquebuse devient l’arme principale de l’infanterie française en remplacement de l’arbalète peu avant Pavie. Les Suisses et les lansquenets possèdent aussi des arquebusiers. Dix pour-cent des hommes utilisent une arquebuse dans les unités suisses ou chez les lansquenets. Leur rôle est de tirailler devant les piquiers et de les protéger. Les Italiens présents à Pavie ne sont quasiment armés que d’arquebuses. L’absence d’arquebusiers dans les troupes suisses de Florance à Pavie peut expliquer en partie l’échec de leur intervention. L’armée qui intègre le mieux les arquebusiers dans sa formation reste l’armée espagnole. Sur cinq hommes d’armes, deux manient l’arquebuse.
Les avantages de l’arquebuse par rapport aux armes de traits sont importants. Un arquebusier apprend le maniement de son arme plus rapidement qu'un arbalétrier ou un archer. L’arquebuse devient aussi moins chère qu’une arbalète. Argument de choix pour des princes en manque chronique d’argent. L’utilisation habile de l’arquebuse par les Impériaux est l’une des raisons de leur victoire à Pavie. Lorsque la cavalerie française menée par le roi arrive devant le bois au nord de Mirabello, les arquebusiers de Charles le Quint, dissimulés derrière des arbres, dirigent un feu vif sur elle. Les cavaliers français perdent rapidement leur cohésion d’autant plus qu’ils sont attaqués également par de l’infanterie à l'arme blanche.

L’arquebuse à mèche
Cette arme à feu se compose d’un canon posé sur un affût en bois et d’une platine à mèche qui regroupe un serpentin (animé par une détente) avec une mèche incandescente. Cette dernière en entrant en contact avec de la poudre sur le bassinet provoque le départ du coup. La portée efficace de l’arquebuse ne dépasse pas 200 m. Cette arme est très mal considérée par certains contemporains qui la trouvent déloyale. Elle permet à un simple soldat de tuer un grand chevalier.

 

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9 - page 10 - page 11

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés