La bataille de Pavie, 24 février 1525
par Morgan Hamard

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Les armées en présence

Les caractéristiques générales

Le nombre de combattants présents lors de la bataille de Pavie est comparable aux effectifs des autres batailles de la période. 56 000 combattants se livrent bataille à Pavie. En 1512 à Ravenne, 15 800 Espagnols croisent le fer avec 18 000 Français. A la fameuse bataille de Marignan, 45 000 Français font face à 20 000 Suisses. Ces effectifs n’ont rien d’exceptionnel. L’impossibilité de développer le système logistique dû à l’état des transports empêche l’accroissement des armées.

Plusieurs nationalités combattent à Pavie. La cavalerie impériale provient de différentes régions d’Europe : Espagne, Naples, Bourgogne. Cette cavalerie possède une moins bonne réputation que celle des Français. L’infanterie de l’empereur est par contre de meilleure qualité. Les Espagnols ont créé, grâce à l’action de Gonsalve de Cordoue, une infanterie nationale bien organisée et entraînée qui va faire merveille à Pavie.

Si la cavalerie lourde et l'artillerie françaises sont craintes, l’infanterie semble par contre médiocre. Les rois de France n’ont pas encore développé une infanterie nationale. Les Suisses et les Allemands sont également présents à Pavie au sein des unités de mercenaires. Les Italiens qui combattent à Pavie possèdent également un statut de mercenaires avec des contrats passés soit avec les Français soit avec les Impériaux.


Ce canon d'un calibre de 180 mm à l'emblème de François Ier est long de 307 cm
et donc particulièrement difficile à manoeuvrer.
(© Paris - Musée de l'Armée / P. Mérat)

Les mercenaires
Les armées de l’époque restent tributaires du recrutement de mercenaires. Il suffit de regarder le nombre de mercenaires présents à Pavie pour s'en convaincre. Les Suisses représentent le plus fort contingent de mercenaires dans l’armée française, 7 000 hommes, soit à peu près 25% des effectifs. Les raisons en sont nombreuses. Tout d’abord, les combattants helvètes ont gagné une solide réputation dans toute l’Europe depuis les fameuses guerres de Bourgogne du XVe siècle. Durant ces guerres, les Suisses infligent de lourdes défaites au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. La victoire qu’ils remportent à Novare en 1513 sur l’armée du roi de France Louis XII confirme leur prééminence sur les champs de bataille. Le succès de François Ier sur l’armée suisse à Marignan en 1515 donne au roi de France la priorité sur les recrutements au sein de la confédération helvétique. Pavie où l’infanterie suisse ne va pas briller confirme le déclin des Suisses.

Les lansquenets forment l’autre contingent de mercenaires employés à Pavie. 19 000 hommes chez les Impériaux et 4000 chez les Français. C’est l’empereur Maximilien Ier qui invente ces unités en 1486 afin de posséder une bonne infanterie nationale. L’origine du nom de lansquenet reste incertaine. Les lansquenets imitent les tactiques suisses mais avec quelques variantes. Les lieux de recrutement de ces guerriers sont nombreux : Bavière, Alsace, Rhénanie, Souabe, Tyrol, Pays- bas.

Posséder des mercenaires ne représente pas toujours un avantage car il faut pouvoir les payer. La cupidité des mercenaires est légendaire. Ils n’hésitent pas à quitter leur employeur s’ils ne sont pas rémunérés. Leur fiabilité reste donc aléatoire. Les chefs de guerre doivent en tenir compte lors de leurs campagnes. La résistance de la ville de Pavie en 1525 dépend d’ailleurs de la capacité du gouverneur à payer les lansquenets sous ses ordres. Les mercenaires obéissent à certaines règles. Les Suisses évitent par exemple de se battre contre d’autres mercenaires suisses. Les lansquenets sont moins scrupuleux sur ce point. A Pavie, des lansquenets luttent dans les deux camps. Les lansquenets qui défendent la cause de François Ier sont considérés par des traîtres par certains hommes de Frundsberg parce qu'ils s'opposent à l'Empereur. Les mercenaires se caractérisent par un fort esprit de corps, favorisé parfois par l’origine du recrutement. Les Suisses proviennent souvent des mêmes régions ce qui permet une bonne cohésion avec des soldats qui se connaissent. La fidélité à un chef charismatique, comme Frundsberg pour les lansquenets impériaux ou Jean des Bandes Noires avec les condottieri italiens, permet à l’esprit de groupe de se développer. Les lansquenets portent des tenues très voyantes pour montrer leur appartenance à une race de guerriers à part.

 

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