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Les armées
en présence
Les caractéristiques générales
Le
nombre de combattants présents lors de la bataille de
Pavie est comparable aux effectifs des autres batailles de la période.
56 000 combattants se livrent bataille à Pavie. En 1512 à Ravenne,
15 800 Espagnols croisent le fer avec 18 000 Français. A
la fameuse bataille de Marignan, 45 000 Français font face à 20
000 Suisses. Ces effectifs n’ont rien d’exceptionnel.
L’impossibilité de développer le système
logistique dû à l’état des transports
empêche l’accroissement des armées.
Plusieurs
nationalités combattent à Pavie. La cavalerie
impériale provient de différentes régions
d’Europe : Espagne, Naples, Bourgogne. Cette cavalerie possède
une moins bonne réputation que celle des Français.
L’infanterie de l’empereur est par contre de meilleure
qualité. Les Espagnols ont créé, grâce à l’action
de Gonsalve de Cordoue, une infanterie nationale bien organisée
et entraînée qui va faire merveille à Pavie.
Si
la cavalerie lourde et l'artillerie françaises sont craintes,
l’infanterie semble par contre médiocre. Les rois
de France n’ont pas encore développé une infanterie
nationale. Les Suisses et les Allemands sont également présents à Pavie
au sein des unités de mercenaires. Les Italiens qui combattent à Pavie
possèdent également un statut de mercenaires avec
des contrats passés soit avec les Français soit avec
les Impériaux.

Ce
canon d'un calibre de 180 mm à l'emblème de François
Ier est long de 307 cm
et donc particulièrement difficile à manoeuvrer.
(© Paris - Musée de l'Armée / P. Mérat)
Les mercenaires
Les armées de l’époque
restent tributaires du recrutement de mercenaires. Il suffit
de regarder le nombre
de mercenaires présents à Pavie pour s'en convaincre.
Les Suisses représentent le plus fort contingent de mercenaires
dans l’armée française, 7 000 hommes, soit à peu
près 25% des effectifs. Les raisons en sont nombreuses.
Tout d’abord, les combattants helvètes ont gagné une
solide réputation dans toute l’Europe depuis les fameuses
guerres de Bourgogne du XVe siècle. Durant ces
guerres, les Suisses infligent de lourdes défaites au duc
de Bourgogne, Charles le Téméraire. La victoire qu’ils
remportent à Novare en 1513 sur l’armée du
roi de France Louis XII confirme leur prééminence
sur les champs de bataille. Le succès de François
Ier sur l’armée suisse à Marignan en 1515 donne
au roi de France la priorité sur les recrutements au sein
de la confédération helvétique. Pavie où l’infanterie
suisse ne va pas briller confirme le déclin des Suisses.
Les
lansquenets forment l’autre contingent de mercenaires
employés à Pavie. 19 000 hommes chez les Impériaux
et 4000 chez les Français. C’est l’empereur
Maximilien Ier qui invente ces unités en 1486 afin de
posséder
une bonne infanterie nationale. L’origine du nom de lansquenet
reste incertaine. Les lansquenets imitent les tactiques suisses
mais avec quelques variantes. Les lieux de recrutement de ces
guerriers sont nombreux : Bavière, Alsace, Rhénanie,
Souabe, Tyrol, Pays- bas.
Posséder des mercenaires ne représente pas toujours
un avantage car il faut pouvoir les payer. La cupidité des
mercenaires est légendaire. Ils n’hésitent
pas à quitter leur employeur s’ils ne sont pas rémunérés.
Leur fiabilité reste donc aléatoire. Les chefs de
guerre doivent en tenir compte lors de leurs campagnes. La résistance
de la ville de Pavie en 1525 dépend d’ailleurs de
la capacité du gouverneur à payer les lansquenets
sous ses ordres. Les mercenaires obéissent à certaines
règles. Les Suisses évitent par exemple de se battre
contre d’autres mercenaires suisses. Les lansquenets sont
moins scrupuleux sur ce point. A Pavie, des lansquenets luttent
dans les deux camps. Les lansquenets qui défendent la cause
de François Ier sont considérés par des traîtres
par certains hommes de Frundsberg parce qu'ils s'opposent à l'Empereur.
Les mercenaires se caractérisent par un fort esprit de corps,
favorisé parfois par l’origine du recrutement. Les
Suisses proviennent souvent des mêmes régions ce qui
permet une bonne cohésion avec des soldats qui se connaissent.
La fidélité à un chef charismatique, comme
Frundsberg pour les lansquenets impériaux ou Jean des Bandes
Noires avec les condottieri italiens, permet à l’esprit
de groupe de se développer. Les lansquenets portent des
tenues très voyantes pour montrer leur appartenance à une
race de guerriers à part.
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