La bataille de Pavie, 24 février 1525
par Morgan Hamard

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Les pertes subies par les deux camps durant cette bataille restent difficiles à connaître. Il est cependant possible de s’en faire une idée à partir des récits contemporains. L’armée française a perdu vraisemblablement plus de 10 000 hommes tués ou capturés. Les Impériaux déplorent la perte de 500 des leurs. L‘artillerie royale (53 canons) reste aux mains des vainqueurs. Beaucoup de grands capitaines français ont perdu la vie au cours de la bataille ou ont été capturés. Les Impériaux se sont emparés de François Ier. Le dernier roi français prisonnier après une défaite fut Jean le Bon à Poitiers en 1356.

Les conséquences de la bataille sont évidemment désastreuses pour le royaume de France. Outre la perte d’une armée et la capture du roi, les Français abandonnent la Lombardie. L’Italie doit accepter la domination impériale. La guerre continue cependant même après la libération de François Ier en janvier 1526. Le roi libéré en promettant de renoncer à ses rêves de conquête en Italie ne respecte pas ses engagements et continue la lutte. La guerre va durer jusqu’en 1559, date du traité de Cateau-Cambrésis.

En conclusion

La bataille de Pavie peut se définir comme une suite de combats sans liens directs entre eux dont le vainqueur est celui qui a le mieux réussit à diriger ses troupes aux endroits névralgiques.

Elle est aussi un exemple parfait d’utilisation combinée de piquiers et d’arquebusiers pour obtenir la victoire. La cavalerie lourde française est la grande perdante de la bataille. Mais si, elle n’a pas triomphé de l’infanterie ennemie, c'est aussi parce qu’elle a manqué de soutien lors de sa charge. L’artillerie ne peut intervenir et l’infanterie arrive trop tard. Il est probable que si François Ier avait laissé l’artillerie faire son travail, les événements n’auraient pas pris la même tournure.

La bataille de Pavie confirme aussi l’importance prise par les armes à feu individuelles sur le champ de bataille, même si les autres armes ne sont pas encore éclipsées. La victoire de l’infanterie espagnole ouvre une longue période de domination de cette dernière sur les autres infanteries européennes. Cette supériorité ne prendra vraiment fin qu’en 1643, avec la défaite de Rocroi.

Une ressemblance curieuse
La formation des grandes masses de piquiers à la Renaissance ressemble curieusement à la phalange macédonienne. Les hommes du XVIème siècle remarquent d’ailleurs cette analogie. La pique mesure à peu près la même longueur que la sarisse macédonienne qui fait entre 6 et 7 m. Le principe de l’assaut frontal avec les lances baissées est également comparable. Cependant la phalange macédonienne donne une grande importance à la cavalerie dans sa tactique ce qui n’est pas le cas des formations de piquiers prévues pour combattre seules.

 

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