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La campagne de Pavie
Après avoir chassé les Français de la Lombardie,
les Impériaux atteignent les contreforts des Alpes. Un noble
Français révolté contre François Ier,
Charles de Bourbon, encourage l’empereur à poursuivre
les troupes du roi de France au-delà des Alpes. Charles
Quint décide donc d’envahir la Provence en 1524 et
de mettre le siège devant la ville de Marseille. Cette dernière
résiste au bombardement des remparts et aux assauts. François
Ier rassemble une armée à Lyon afin de porter secours
aux assiégés. L’approche de cette force de
secours oblige Pescara, le chef de l’armée impériale,
assisté du connétable de Bourbon, à lever
le siège de la ville phocéenne. Les troupes impériales
rentrent en Italie. François Ier continue sur sa lancée
et franchit les Alpes en trois colonnes qui totalisent une force
d’environ 24 000 hommes. Il n’arrive cependant pas à encercler
les troupes en retraite.

Des garnisons sont laissées derrière les forces impériales à Alessandria,
Pavie, Milan. L’armée française harcèle
son adversaire et remporte de nombreux combats d’arrière-garde
comme à Scarrasia. François Ier n’achève
cependant pas ses adversaires à bout de souffle. Il veut
peut-être remporter la victoire par un « beau » combat
pour que sa renommée soit plus grande plutôt qu'en
détruisant une armée en pleine retraite. Les Français
partent alors à la conquête de Milan. La ville lombarde
se remet juste d’une épidémie de peste. La
ville se rend d’autant plus rapidement que ses remparts sont
endommagés. 9 000 hommes encerclent la garnison impériale
repliée dans le château de la ville. A Binasco (près
de Pavie) s’organise un conseil de guerre afin d’élaborer
un plan d’action. Tous les grands capitaines de l’armée
royale sont là : La Tremoille, La Palice, Bonnivet, les
chefs des lansquenets, etc. La plupart d'entre-eux désirent
la continuation de la poursuite des forces principales ennemies
jusqu’à Lodi mais l’amiral Bonnivet préfère
assiéger Pavie qu'il considère comme une place stratégique.
François Ier décide de suivre cette dernière
idée et met donc en branle son armée en direction
du sud vers Pavie.
Pescara
Fernando Francesco d’Avalos,
marquis de Pescara, né en 1496 en Espagne, possède
une bonne expérience de la guerre. Il a combattu à Ravenne à la
Bicoque Il est le véritable vainqueur de la bataille
de Pavie. Il a su regrouper ses forces au moment et à l’endroit
décisif.
Frundsberg
Chef lansquenet réputé né à Mindelheim en 1473, il
reste fidèle à l’Empereur Charles Quint toute sa vie. On
le surnomme le « père ders lansquenets ». Il joue un rôle
essentiel dans la victoire de la Bicoque. A Pavie, il livre de nombreux combats
aux Suisses, à la cavalerie française et finalement aux lansquenets
du camp français. |
Le siège
de Pavie
L’armée du roi s’installe autour de Pavie le
28 octobre et commence l’investissement de la place. La ville
italienne ne possède pas encore d'enceinte bastionnée.
Cette technique architecturale apparaît au début du
siècle, à Nettuno notamment (première place à posséder
des bastions d’angles en 1501). Les remparts de Pavie restent
donc de type médiéval avec ses tours carrées
crénelées. Cependant, pour améliorer la défense
de la ville, les Impériaux ont construit toute une série
d’ouvrages en terre. Ils mettent des boulevards au bas de
l’enceinte devant certaines sorties (château des Visconti,
après le pont sur le Tessin sur la rive sud). Ces constructions
peuvent abriter des pièces d’artillerie pour le tir
de flanquement. Au pied d’une partie de l’enceinte,
les défenseurs ont édifié des ouvrages circulaires
qui se soutiennent mutuellement pour accueillir notamment des arquebusiers.
La ville possède ainsi une défense en profondeur
qui complète très bien les vieux remparts. Elle compte
une garnison d’environ 9 000 hommes dont le fils de Frundsberg
dirigée par Antonio de Leyva. La nourriture ne manque pas
mais l’absence d’argent peut poser problème
car les nombreux mercenaires que compte la garnison doivent être
payés.
Un
siège en règle est nécessaire si les Français
veulent prendre la ville. Ils commencent à installer des
batteries de canons dans des retranchements à deux endroits
différents. Une batterie est aménagée au nord-
ouest de la ville de l’autre côté de la Naviglio
et une autre au nord- est. Ces deux attaques bien qu’elles
multiplient les zones à défendre pour la garnison,
entraînent aussi une dangereuse dispersion des forces d’artillerie.
Les hommes de François Ier, tout en commençant le
bombardement de la ville afin de faire des brèches dans
les remparts, entreprennent l’occupation de la rive sud du
Tessin durant le début du mois de Novembre. Le blocus de
la ville devient complet quand Anne de Montmorency s’empare
de Borgo Ticino. L’action de l’artillerie permet de
créer vers la mi- novembre des brèches à l’est
et à l’ouest de Pavie. Les français lancent
alors deux assauts, un sur la brèche ouest dirigé par
le roi, l’autre à l’est commandé par
le maréchal Floranges. Les deux attaques échouent
avec de lourdes pertes.

Epée
de François Ier (1494-1547),
roi de France. La garde est probablement française
(1510-1515) alors que la lame est d'origine italienne (1480).
L'ensemble
mesure 94
cm.
(© Musée de l'Armée - Paris / P.
Segrett e)
Le duc d’Alençon veut ensuite s’attaquer au
sud de la ville à l’endroit le plus faible du rempart
mais le Tessin borde ce côté de la ville. Qu’à cela
ne tienne ! Il décide de détourner la rivière
vers un autre cours d’eau. La montée des eaux du Tessin
finit par détruire les travaux. L’entreprise est donc
abandonnée.
Pendant
que François Ier assiège Pavie, les Impériaux
regroupent leurs forces près de Lodi pour secourir la ville.
Ils reçoivent des renforts dont des Lansquenets (15 000
hommes). Alors que les Impériaux se renforcent, François
Ier commet une lourde erreur en dispersant ses forces. En effet,
il envoie, afin de prendre Naples et pour faire diversion, une
unité d’environ 7 000 hommes avec 12 canons commandée
par le prince royal d’Ecosse Jean Stuart d’Albany.
Il se prive ainsi d'une partie non négligeable de ses forces.
Le commandant en chef des Impériaux, Pescara, décidé de
saisir cette occasion. Le 24 janvier, les Impériaux quittent
Lodi en direction de Pavie. François 1er envoie Jean de
Médicis (Jean des bandes Noires) au devant des Impériaux
pour les combattre. L’engagement à lieu près
de Lardirago mais, faute d’effectifs, il doit décrocher.

Représentation
d'après les tapisseries sur la bataille
des remparts de Pavie (non fidèles à la réalité)
montrant
les ouvrages en terre accueillant l'artillerie et les
arquebusiers qui renforcent les défenses de la ville.
(dessin Stéphane Mohrain)
L’arrivée prochaine des Impériaux oblige François
Ier à faire pénéter une partie de son armée
dans le parc Vechio qui borde Pavie au nord. Pescara arrive devant
Pavie le 3 février. Il positionne son armée à la
Casa de Levrieri et prépare une opération afin d’amener
les Français à lever le siège.
Le
13 février, des mercenaires suisses quittent l’armée
française en apprenant que leur pays est attaqué.
Le 20 février, un des meilleurs combattant de François
Ier, Jean de Médicis, est blessé. Il ne participera
pas à la grande bataille. Le temps joue cependant contre
les Impériaux, Pavie ne tiendra plus très longtemps.
D’ailleurs, un messager envoyé par Leyva informe du
piètre état moral de la garnison. Charles de Lannoy
organise un conseil de guerre le 23 février pour connaître
les différents avis des chefs de son armée. Plusieurs
propositions sont avancées : traiter avec les Français
ou livrer bataille. Finalement le conseil de guerre opte
pour la seconde.

1.
Cavalerie lourde française
2. Lansquenets de Lorraine et de Suffolk
3 Suisses
4. Cavalerie légère de Tiercelin
5. Arquebusiers de De Vasto
6. Cavalerie impériale
7. infanterie impériale.
8. Cavalerie légère impériale
9. Lansquenets de Frundsberg
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