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Le
24 février 1525, se livre aux alentours
d’une ville lombarde, Pavie, une bataille décisive
pour la domination de l’Italie. La péninsule italienne
est convoitée par le roi de France François 1er et
l’empereur Charles Quint. Mais au- delà de son importance
politique, cette bataille est un miroir de l’art de la guerre
au début du XVIe siècle. On y voit des armes à feu à côtoyer
des chevaliers en armure pas encore sortis du Moyen Age. Les guerres d'Italie
Durant
la période qui s’étend de la fin du
XVe siècle à la première partie du
XVIe siècle, la péninsule italienne est
le théâtre de nombreuses guerres. L’Italie représente à cette époque
une des régions les plus riches et les plus dynamiques d’Europe.
Le pays est très peuplé, avec six à huit millions
d'habitants, et surtout très riche tant sur le plan agricole
que sur le plan industriel. Les Italiens du nord pratiquent une
agriculture irriguée, notamment à Pavie, connue aussi
pour son industrie drapière. Les banquiers italiens sont
présents partout en Europe. La richesse de l’Italie
se double paradoxalement d’une faiblesse politique. Il n’existe
pas d’unité politique au sein de la péninsule
italienne qui abrite de nombreux états d’importance
variable (royaume de Naples, républiques de Venise, de Gênes,
de Florence, état du Pape, duché de Milan, etc.).
L’Italie devient donc une proie tentante pour les puissances
européennes que constituent la France et l’Espagne.
Ces deux pays vont s’affronter sauvagement pour la domination
de l’Italie. L’aventure italienne des rois de France
commence avec Charles VIII en 1494, lorsqu’il décide
de récupérer ce qu’il estime être son
héritage reçu à la mort de René d’Anjou
: le Royaume de Naples. Il organise une expédition qui,
au départ, semble réussir puisque Naples est conquise
le 22 février 1495. La victoire des Français inquiète
tant qu’une ligue s’organise afin de lutter contre
la domination française en Italie avec Venise, le pape,
l’Espagne, l’Empereur et le duché de Milan.
Le roi de France doit faire retraite rapidement, il évite
de justesse la destruction de ses forces à la bataille de
Fornoue (6 juillet 1495). La première expédition
française en Italie débouche donc sur un échec.

La
capture de François
Ier, point d'orgue d'une défaite cuisante.
Tapisserie du XVIème siècle fabriquée à Bruxelles
d'après un carton de Bernard van Orley. Naples,
musée Capodimonte.
(© Collection Roger-Viollet)
A la mort de Charles VIII (1498),
Louis XII, son successeur, reprend ses prétentions sur le Royaume de Naples. Il a aussi des
vues sur le duché de Milan car sa grand-mère,
Valentina Visconti descend de Gian Galeazzo , premier
duc de Milan.
En 1499, Louis XII pénètre en Italie et entre à Milan
qui se rend sans combattre. Il n’en reste pas là et
entreprend la conquête du royaume de Naples avec l’aide
de l’Espagne. Les deux alliés se brouillent très
vite. Au départ les combats sont surtout des escarmouches.
Louis XII finit par être éjecté de Naples.
Il se réconcilie avec les Espagnols et s’allie avec
l’empereur Maximilien et le pape Jules II (ligue de Cambrai)
en 1508 afin de combattre Venise. Les Français remportent
une belle victoire sur les troupes vénitiennes à Agnadel,
en 1509. Après cette victoire, la trop grande puissance
de Louis XII en Italie inquiète le pape qui organise une
Sainte Ligue avec les Vénitiens, les Espagnols, les Suisses
et le roi d’Angleterre. Gaston de Foix, à la tête
des troupes françaises, bat les troupes de la Ligue lors
de la bataille de Ravenne, le 11 avril 1512, où il perd
la vie. Victoire sans lendemain, car les Français sont chassés
peu après de Lombardie. Louis XII tente en 1513 de reprendre
le Milanais mais les Suisses infligent à ses troupes une
sévère défaite à Novare. Il doit faire
face aussi à des menaces sur les frontières de son
royaume au nord et à l’est. Les guerres d’Italie
deviennent un conflit pour la domination de l’Europe. Louis
XII arrive par la diplomatie à faire la paix avec le pape,
le roi d’Angleterre et le roi d’Espagne. Il ne se calme
pas pour autant et prépare une nouvelle aventure italienne
lorsqu’il meurt en 1515.
François Ier, époux de la fille de Louis XII, devient
roi et comme ses prédécesseurs, rêve d’Italie.
A peine monté sur le trône, il ambitionne de récupérer
Milan. Face à lui se dressent le pape, les Suisses, le vice-roi
de Naples tandis que Venise se range à ses côtés.
Les Français avec les troupes vénitiennes battent
les Suisses à la fameuse bataille de Marignan, en 1515.
Les traités de paix signés après cette bataille,
très avantageux pour le royaume de France, donnent à l’Europe
une période de paix qui se prolonge jusqu’en
1519.
A cette date, éclate la rivalité de deux grands personnages
de la Renaissance, Charles de Habsbourg plus connu sous le nom
de Charles Quint, qui vient d’être élu empereur
et le roi de France François Ier. Ce dernier ne peut laisser
se développer la puissance des Habsbourg qui par ses possessions
encerclent la France. Charles Quint règne en effet sur les
Flandres, l’Espagne, l’Autriche, la Franche-Comté,
le royaume de Naples. François Ier inaugure la longue liste
des guerres que vont mener les rois de France jusqu’en 1559
(traité de Cateau-Cambrésis). Pour l’heure,
c’est encore la péninsule qui va servir de champ de
bataille à François Ier et Charles Quint. La lutte
commence vers 1521 par des combats limités. Ces affrontements
deviennent plus sérieux en 1522 quand Milan se révolte
dans le but de chasser les Français. François Ier
tente de rester maître du Milanais en envoyant des troupes
soutenir le maréchal de Lautrec (gouverneur de Milan) engagé contre
les Impériaux qui soutiennent les Milanais.

François
Ier (1494-1547), roi de France.
Peinture par Jean Clouet (vers 1485-1541). Paris,
musée du Louvre.
(© Collection Roger-Viollet)
François
Ier
Roi de France depuis
1515. Il incarne le roi chevalier qui n’hésite
pas à charger à la tête
de ses hommes comme à Marignan. Son
courage est indéniable mais il manque
d’esprit tactique. Il porte une lourde
responsabilité dans la défaite
de Pavie avec sa charge folle sur les troupes
impériales.
Bonnivet
Guillaume Gouffier,
seigneur de Bonnivet est l’ami
personnel de François Ier et donc écouté par
ce dernier. Il possède une grande
bravoure montrée d’ailleurs à Marignan.
Il commet de lourdes erreurs à Pavie
en conseillant mal le roi. Il est en
partie responsable du désastre
qui va suivre. |
Le
27 avril 1522, les troupes royales sont battues à la
Bicoque si bien que les Français perdent la Lombardie. François
Ier organise immédiatement une contre-offensive en lançant
ses troupes de nouveau à la conquête de Milan mais
la défaite est encore au rendez-vous. Pour
la petite histoire le chevalier Bayard meurt au court
de
ces combats.
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