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Richard Cœur
de Lion meurt en 1199. Son jeune frère Jean sans terre
lui succède en tant que roi d'Angleterre et duc de Normandie.
Un traité de paix est conclu avec le roi de France en
1200. La paix régnera jusqu’en 1202, puis Philippe-Auguste
attaque la Normandie. En août 1203, le siège est
mis devant Château-Gaillard par les français avec
(selon les différentes sources) entre quatre et huit mille
hommes. Philippe-Auguste s'empare successivement de tous les éléments
fortifiés autour de Château-Gaillard et ensuite
s’attaque à Château-Gaillard lui-même.
Philippe-Auguste veut d’abord affamer les défenseurs
puis décide de prendre Château-Gaillard par assaut
pour abréger le siège. Les attaques et assauts
des français sont repoussés dans un premier temps.
Enfin, Philippe-Auguste finit par s’emparer de Château-Gaillard.
Une première version de l’histoire présente
que les français soient entrés dans la dernière
enceinte de Château-Gaillard en passant par une fenêtre
des latrines donnant vers l’extérieur de l’enceinte.
Il est plus probable que les français soient entrés
en passant par l'une des fenêtres de la chapelle. La construction
de cette chapelle est postérieure à la construction
initiale de Château-Gaillard et semble avoir favorisée
la prise par les français. Dans les deux cas, cela révèle
une faiblesse de la construction qui a été habilement
exploitée par l’assaillant. Le reste de la garnison
réfugié dans le donjon se rend en mars 1204. Ensuite,
Philippe-Auguste peut poursuivre la conquête du duché de
Normandie qu’il termine en juin 1204.
L’histoire
de Château-Gaillard continue. Deux des
trois brus de Philippe IV le Bel furent enfermées à Château-Gaillard
pour adultère. Ceci constitue l’histoire connue sous
le nom de la tour de Nesle [Lire "Les rois maudits" de
Maurice DRUON] : Marguerite, l’épouse du futur roi
Louis X le Hutin y mourut en fin 1314 ou en 1315 ; Blanche, l’épouse
du futur roi Charles IV le Bel, se retira ensuite dans un couvent
(Jeanne, l'épouse du futur roi Philippe V le Long, fût
emprisonnée ailleurs quelques temps, puis libérée
et devint ensuite reine de France en 1316).
Durant la guerre de Cent Ans (1337-1453)
entre français
et anglais, Château-Gaillard connût plusieurs sièges
et change plusieurs fois de mains. En 1449, Charles VII en reprit
définitivement possession.
A la fin du XVIème siècle, le dernier siège
de Château Gaillard est réalisé par Henri de
Navarre (futur roi de France Henri IV). Le démantèlement
de la forteresse est ensuite commencé, s’interrompt
puis se termine sous Richelieu.
Pour finir, vers 1850, ce qui reste de Château-Gaillard
est classé monument historique. Aujourd’hui, Château-Gaillard
se visite pour le plus grand plaisir des admirateurs de l’architecture
des ouvrages militaires du Moyen-Âge.
La
légende raconte que Richard
Cœur de Lion était
si fier de la réalisation de Château Gaillard qu’il
l’appelait "sa fille". Cependant, force est
de constater que les sièges que subit Château Gaillard
furent souvent couronnés de succès lorsque ces sièges étaient
entrepris avec des moyens conséquents. Ceci est, en première
analyse, contradictoire avec le qualificatif de château inexpugnable.
Mais même le point le mieux fortifié est, à la
longue, toujours vulnérable dans la mesure où il
n’est pas secouru de l’extérieur lorsqu’il
est assiégé. D’abord, parce que les défenseurs
finissent par succomber par manque de vivres, voire d’eau.
Ensuite, pour en finir de manière plus rapide, les assaillants
entreprennent des travaux de démolitions et des attaques
successives qui ont raison des meilleures défenses. Il est à noter
que le roi d'Angleterre Jean sans terre n’a rien tenté pour
secourir Château-Gaillard durant les long mois du siège
de 1203 à 1204 mené par Philippe-Auguste. Ce qui
montre qu’une position n’est jamais inexpugnable si
rien n’est tenté pour la secourir en cas de siège.
Ceci confirme les paroles de Thucydide, stratège et historien
de l’antique Athènes : "L’épaisseur
d’un rempart compte moins que la volonté de le défendre".
Ceci est vrai tant pour les défenseurs à l’intérieur
du rempart que pour l’autorité politique à qui
appartiennent ces remparts.
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