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La
disposition mongole classique comprenait généralement
cinq formations de cinq rangs ; en tête, deux rangs de
cavalerie lourde, suivis par trois rangs de cavalerie légère.
Les espaces entre les différentes formations étaient
assez lâches, de manière à fournir l'espace
indispensable à la manouvre. Des détachements légers
sur les flancs, étaient chargés d'engager le combat,
en harcelant l'ennemi. Lorsque la bataille commence, la cavalerie
légère passe à travers les rangs de la cavalerie
lourde pour assaillir l'adversaire. Des corps de cavaliers légers
occupent les ailes, tandis que la garde reste en réserve,
au centre. Les commandants restent avec la garde, légèrement
en arrière, si possible sur une éminence, et coordonnent
la manouvre des différentes unités grâce à un
système d'étendards, de tambours, de gongs et de
messagers rapides..
La cavalerie légère,
assaille la troupe ennemie par un tir de barrage, caracolant
hors de portée, accablant l'ennemi de traits,
mais se gardant bien d'aller au corps à corps.
Ce harcèlement visait à l'évidence à user
les forces de l'adversaire, mais aussi à provoquer
sa réaction. Si l'armée adverse semble
se débander, une charge de grosse cavalerie
vient parachever la rupture. Si au contraire les troupes
adverses attaquent, les cavaliers légers rompent
précipitamment, mais en bon ordre, en continuant à tirer.
Cette tactique vise à attirer l'ennemi dans
un piège où les autres unités
peuvent déverser leurs flèches, avant
que les cavaliers lourds ne viennent donner le coup
de grâce.
Refusant d'entrer dans la mêlée,
les Mongols recourent à une classique technique
d'enveloppement par les ailes opérée
soit par des troupes légères tandis que
le front des troupes était occupé par
la cavalerie lourde, soit par des troupes mixtes. Les
Mongols envoient parfois des unités prendre
l'ennemi à revers à plusieurs jours de
distance. Ces troupes viennent ensuite se rabattre
sur arrière ou les flancs ennemis après
le début de la bataille. En effet en est particulièrement
redoutable, également sur le plan du moral.
D'autre part, la tactique de la retraite feinte peut
durer plusieurs jours ; en Russie, en 1222, devant
le prince de Galitch, le repli dura neuf jours avant
que les Mongols ne se retournent soudain contre leurs
poursuivants.
Lorsque l'issue est certaine, les Mongols peuvent engager la poursuite et utiliser
l'expérience acquise à la chasse, en encerclant les fugitifs
dans un cercle de cavaliers gigantesque, qui se resserre progressivement comme
une peau de chagrin...
La cavalerie lourde, et certaines
unités de la garde réduisent alors par
leur puissance de choc les quelques noyaux de résistance
qui subsistent encore.
Les Mongols recouraient aussi à la ruse, nous l'avons vu avec la retraite
feinte. Ce n'est que l'une des facettes de leur ingéniosité. À plusieurs
reprises, on doubla les effectifs grâce à des mannequins de paille,
revêtus de vieux vêtements et juchés sur les chevaux de
rechange. Dans la poussière des chevaux, avec la distance, l'illusion était
parfaite. La nuit, on pouvait étaler le camp au maximum, chaque homme étant
chargé d'entretenir un feu. On note aussi l'utilisation des captifs,
principalement lors des sièges. Rangés par dix autour d'un étendard,
revêtus, d'oripeaux mongols, ils venaient accroître la masse des
véritables combattants, et accréditaient la thèse de l'incroyable
- et pour cause - supériorité numérique des Mongols.
La mobilité, la puissance
de feu et la stricte discipline de l'année mongole
en ont fait l'une des premières armées
médiévales, à égalité avec
les Mamelouks d'Égypte. Les Mongols privilégiaient
avant tout l'efficacité. Pour eux, les questions
de préséance, d'honneur, de prise de
rançon, n'avaient pas le même sens que
pour les chevaliers d'Occident ou les combattants musulmans.
Alliant la souplesse à la prudence, la ruse à la
force, la discipline au courage, l'armée mongole
fut un outil remarquable d'efficacité.
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