Les armées mongoles du XIIIe siècle
par Laurent QUISEFIT, orientaliste

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Ravitaillement et Logistique

L'ordinaire du Mongol en campagne se composait de fromage séché, de lamelles de viande séchée ou salée, et de lait de jument. Lors des marches forcées, le sang des chevaux permettait un apport appréciable en protéines.
Mais les armées étaient souvent suivies par des troupeaux de chevaux, de moutons et de chèvres. On récupérait la chair des chevaux morts après les combats. Et en cas d'absolue nécessité, on mangeait du chien, du rat etc. Si la guerre le permettait, on pouvait aussi chasser.
La logistique était assurée par un corps de chevaux et de chameaux de bâts, qui transportait les cargaisons de flèches, les rations, les tentes, les arcs de rechange etc.
Les communications étaient assurées par un service de courriers à cheval (yam) particulièrement efficace, capable de transmettre des informations depuis les théâtres d'opérations jusqu'à 1 arrière, et au besoin, jusqu'en Mongolie, et de porter la réponse. La première précaution des Mongols après la conquête d'une contrée était d'établir des relais poste à relais. Ces messagers rapides assuraient également la liaison entre les différents corps d'armées.

La discipline

Le terme de Horde rend bien mal l'extraordinaire discipline définissant les rapports dans l'année et la nation mongole de la Conquête. La grande " Yassa " (règlement) de Gengis Khan, promulguée vers 1206, règle les peines et délits. La peine de mort s'applique dans les cas de meurtre, de vol grave, de mensonge concerté, de recel, etc. La désobéissance, civile et militaire, est assimilable aux crimes de droit commun. La sentinelle qui s'endormait méritait la mort. Une application stricte de cette loi fit des Mongols le plus obéissant peuple du monde. Nul n'échappait à la loi, excepté peut-être les membres de la famille impériale. L'une des récompenses les plus enviées était une exemption de poursuites jusqu'à neuf délits.

Les mongols au combat

Chaque campagne faisait l'objet d'une préparation méthodique. C'est par la persuasion et la négociation que le ralliement de plusieurs peuples fut réalisé. Les préparatifs commençaient longtemps avant les expéditions avec le recueil d'informations auprès des marchands caravaniers et des ambassadeurs. Des groupes rapides et mobiles parcouraient les campagnes, repérant les gués praticables, les étapes, les routes principales, les cols et les défilés praticables. Ces groupes étaient avides de la moindre information politique militaire, ou sociale, qui permettrait un avantage. L'armée en marche était précédée par de véritables compagnies d'éclairage, qui opéraient des reconnaissances profondes en territoire ennemi, et jouaient à l'occasion le rôle aujourd'hui dévolu aux commandos. Ces cavaliers légèrement équipés battaient la campagne à une journée de marche au moins du gros de l'armée.

Tactiques et Ruses

L'armée mongole se composait uniquement de cavalerie. Principalement composée d'archers à cheval, elle n'est pas sans rappeler l'armée parthe. Elle se répartit en deux catégories : cavalerie légère d'archers montés, et cavalerie lourde, cuirassée et caparaçonnée, armée de la lance à crochet.
La cavalerie légère constitue le gros de l'armée ; elle harcèle l'ennemi, l'attire dans des embuscades, frappe et de disparaît comme l'éclair, à l'approche des gros de l'ennemi. C'est là un signe distinctif des troupes mongoles, dont la vélocité, accrue par la remonte, est incroyable : chaque cavalier doit pouvoir changer de monture, au gré des besoins, et dispose à cet effet de cinq à quinze chevaux, petits et endurants. Ainsi, le Mongol possède toujours des chevaux frais pour le combat, ce qui est rarement le cas de ses adversaires.

 

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