Les armées mongoles du XIIIe siècle
par Laurent QUISEFIT, orientaliste

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Effectifs et disposition

En principe, l'armée mongole se décomposait en trois corps, orientés face au sud. Cette disposition sera conservée dans chaque corps d'armée, chaque troupe se scindant en trois divisions. Ce dispositif est clairement attesté, lors de la campagne d'Europe (vers 1240). L'aile gauche (djagün-gar), à l'est, commandée d'abord par le fameux général Mouqali, puis le centre, (qô4) et enfin l'aile droite (baroun-gar) furent dotés d'effectifs différents correspondant aux besoins des conquêtes : L'aile gauche, qui combattait en Chine, atteignait environ 62 000 hommes, tandis que l'aile droite ne disposait que de 38 000 hommes le reste étant réparti entre le centre, la garde des princes et les réserves. Ainsi, à la mort de Gengis Khan, l'armée atteignait quelque 129 000 hommes. Mais on aurait tort de vouloir prendre ces chiffres au pied de la lettre, et ce pour deux raisons : d'une part, ces unités étaient rarement au complet, du fait des détachements et des pertes au combat, d'autre part ces dénominations si rationnelles recouvrent en fait une réalité sociale. Si tümen signifie bien 'dix mille', il signifie aussi 'les gens", 'le peuple'. Aussi faut-il considérer qu'il s'agit à cette date d'une passation de souveraineté sur des peuples, comme on peut se partager des troupeaux. En effet, la notion de frontière, coutumière aux civilisations sédentaires habituées au bornage des champs, est assez étrangère aux Mongols du XIIIe siècle qui parlent plus volontiers en clans, en troupeaux, en zones de pâturages.

Équipement

Si l'armement des Mongols est pour une large part resté dans l'ombre des conquêtes, c'est bien grâce à lui, et à des tactiques originales, que les succès mongols furent possibles. Les Mongols ne possédaient que deux armes principales : la lance et l'arc. Les masses et les sabres n'étaient utilisés qu'en dernier recours. Les lances mongoles sont souvent munies d'un crochet afin de désarçonner l'adversaire. L'arc mongol est l'arme de la steppe par excellence. C'est, à quelques différences matérielles près, le même arc qui équipait déjà les Scythes et les Parthes. Il s'agit d'un arc composite, à double courbure. D'une portée maximale de 150 à 200 m. (à cette distance la flèche n'est plus dangereuse), il était capable de transpercer une armure occidentale à 75 m Cette arme n'avait que de lointaines similitudes avec l'arc long anglais. En effet, l'arc mongol est une arme particulièrement difficile à produire, il faut une quantité de matériaux différents, comme de la corne de buffle, des tendons, différentes sortes de bois, etc. et des artisans expérimentés.
Cette arme relativement fragile craignait l'humidité et les chocs. Les Mongols portaient l'arc dans un étui, porté en permanence à la ceinture, de même qu'un carquois contenant environ 60 flèches.
Les fers, portés au rouge, étaient plongés dans de l'eau salée, afin d'en accroître la résistance. Il existait aussi des flèches à sifflet, pour transmettre des signaux.
Si l'équipement défensif de la cavalerie légère se limitait au mieux à un casque de cuir, parfois recouvert de plaques de métal, les Mongols possédaient des armures, souvent de cuir laqué, et de fer pour les plus riches. Plus tard, des éléments d'armure seront récupérés sur les peuples vaincus. D'une manière générale, ces armures étaient composées de lamelles de cuir laqué se chevauchant les unes les autres. Probablement plus légères que les modèles européens, elles étaient toutefois malcommodes. Dessous, les Mongols aimaient porter de larges chemises de soie brute, qui avaient, dit-on, la particularité, en cas de blessure, d'entrer dans la plaie avec la flèche. Il suffisait, dit-on, de tirer sur les pans de la chemise pour extraire le fer de la flèche.
Les témoins mentionnent également la présence de boucliers, mais ceux-ci ne sont portés que par les sentinelles, et encore, la nuit. Les chevaux de la cavalerie lourde étaient protégés par des caparaçons de cuir et de métal. Des plaques de fer gardaient le front des chevaux.
Les étendards mongols étaient de deux sortes : les tuk (étendards) et les süld (enseignes) qui se composaient d'une hampe sur laquelle on fixait des queues de yak ou de chevaux. L'étendard noir servait à la guerre, et le blanc en temps de paix. Le nombre de queues allait de trois à neuf, ce dernier chiffre étant en principe réservé à l'empereur (Khan). Cependant, le Khan est aussi réputé avoir eu un étendard personnel, dit xôx tuk, 'étendard bleu', frappé d'un faucon blanc, emblème de son clan familial.

 

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