La bataille des plaines d'Abraham
par Ghislain BLAIS, Centre d'Etudes Collégiales de Montmagny, Québec

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Préparatifs dans les deux camps
(mai-juin)


Les Britanniques se préparent

Les Britanniques voulaient éviter que les Français résistent en Nouvelle-France et qu’ils la reprennent durant des négociations ultérieures. William Pitt, le ministre Britanniques de la guerre, décida donc de confier l’attaque de Québec à James Wolfe, parce qu’ "à 32 ans, celui-ci avait passé la moitié de sa vie à faire la guerre ou à instruire à la perfection une série de bataillons. C’était un homme calculateur, sans ami, avec une propension à la brutalité qui s’était révélée en Écosse. Aux yeux de Pitt, un caractère impitoyable était le bienvenu."

Autre événement marquant de la vie de Wolfe, en 1758, au rang de brigadier général sous le commandement d’Amherst, Wolfe se démarqua durant le bombardement de Louisbourg et avait pris ensuite le commandement de trois bataillons pour "incendier dans le golfe du St-Laurent tous les établissements français".

Wolfe eut le droit de choisir deux de ses trois brigadiers : il prit Robert Monckton, qui sera commandant en second, et James Murray. C’étaient de grand amis de Wolfe, il les commandait depuis longtemps. La cour lui imposa George Townshend, mais c’était un bon choix. Le commandant de sa flotte était Charles Saunders. Cet Écossais, qui fut tour à tour député de Plymouth aux communes et député de Henson au parlement entre des conflits armés, était très compétent.

On avait promis à Wolfe 12.000 hommes, il n’en reçut que 8.500, mais c’était la fine fleur de l’armée. "De plus, trois années de combat avaient rodé les troupes et les avaient débarrassées de la plupart des incompétents." On sait que la guerre de Sept Ans faisait rage depuis août 1756.

La flotte qui transportait Wolfe était la meilleure que la Royal Navy avait réussi à rassembler. Elle se composait de 49 vaisseaux de guerre et de 119 transports de troupes, servis par 13 500 marins.

 

Les Français se préparent

Côté français, les meilleurs miliciens allaient dans les rangs de l’armée régulière et un escadron de cavalerie fut même créé. Bref, Montcalm se préparait… Il rassembla le plus de soldats possibles à Québec : 11.000 miliciens canadiens, 3.000 soldats réguliers, 1.500 hommes des compagnies franches de la marine et des alliés indiens.

Le 23 mai, un conseil de guerre est réuni pour discuter des façons de fortifier Québec davantage qu’elle ne l’était à cette époque. On y prend d’importantes décisions.

Il fut décidé, selon [un certain] Foligné, que l’on armerait en brûlots plusieurs des bâtiments de la flotte de [Jacques] Kanon et que l’on construirait nombre de cageux, des chaloupes carcassières armées chacune d’un canon de 24 et nombre de bateaux armés chacun d’une pièce de 12. Il fut aussi déterminé d’échouer à l’entrée de la rivière Saint-Charles deux bâtiments […] sur lesquels on construirait des batteries pour la défense du fleuve dans cette partie.

Les Français avaient déjà un système de feu était en place pour avertir Québec en cas de danger. Si l’on repérait quelque chose, comme un vaisseau ennemi, on allumait un grand bûché de pointe en pointe sur la rive sud, et cela se rendait à Québec qui réagirait en conséquence.

Selon Vaudreuil, les Britanniques ne réussiraient même pas à remonter le fleuve… Il n’avait pas tout à fait tort, la chose est effectivement très difficile, parce que la voie maritime du St-Laurent est très brumeuse et pleine de hauts-fonds. Par exemple : près de l’archipel de Montmagny, un peu en amont de Québec, on peut se tenir debout à un kilomètre de la côte la plus proche avec de l’eau aux genoux, quand la marée est basse. De plus, à cette époque, il n’y avait pas de chenal de creusé à même le fleuve pour la circulation maritime, comme aujourd’hui. Tout cela pour montrer le défi que pouvait représenter l’envoi d’une flotte vers Québec. Les Français profitaient, eux, de l’expertise de pilotes qui connaissaient bien le fleuve, c’est pourquoi les accidents leur étaient rares.

Une des pires erreurs de Montcalm est d’avoir laissé la Pointe-Lévis sans défense. Des Canadiens avaient soulevé la question, mais Montcalm et son état-major croyaient que la distance entre la Pointe et la citadelle interdisait tout bombardement venant de cette position. Et Vaudreuil qui croyait que les Britanniques n’arriveraient pas à Québec par bateaux…

 

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