La bataille des plaines d'Abraham
par Ghislain BLAIS, Centre d'Etudes Collégiales de Montmagny, Québec

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Introduction

 

Voici donc une modeste chronologie des événements de l’été 1759 en Nouvelle-France. Ce document se veut le plus précis possible et il est le fruit de longues recherches, qui sont encore en cours…

Elle commence avec les événements qui mènent les armée française et britanniques à s’affronter. Elle décrit ensuite la bataille le plus fidèlement possible et se continue pour résumer les événements qui ont suivi l’action.

La bataille des Plaines d’Abraham est une partie de la guerre de Sept Ans. Une série de conflits se déroulèrent de 1756 à 1763, entre les principales puissances d’Europe. La Prusse, le Royaume-Uni et le Hanovre, contre l’Autriche, la Saxe, la France, la Russie, la Suède et l’Espagne. Cette guerre se déroule principalement en Europe, mais il y eu certains conflits reliés à elle en Indes et en Amérique. Ce fut la guerre de Sept Ans ! La bataille des Plaines d’Abraham (dont il est question dans ce texte) est l’événement décisif de la guerre de Conquête, nom que l’on donne à la partie américaine du conflit.

carte des opérations
Québec au centre de la carte et les plaines d'Abraham à l'Ouest de la ville



Événements précédant la bataille des plaines d’Abraham

 

Louisbourg tombe

En 1758, après 46 jours de siège, les Britanniques prennent la forteresse de Louisbourg. Pour être certain qu’elle ne redeviendra pas une possession française à la signature d’un traité de paix, ils démolissent ses remparts.

Cet ouvrage défensif était situé sur l’île du Cap-Breton, face à l’océan Atlantique. À partir de ce point, une importante flotte pouvait contrôler le détroit de Cabot, situé entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, ainsi que celui de Belle-Isle, situé entre le nord de Terre-Neuve et le Québec. Ces deux voies navigables sont les deux seuls accès au Golfe du St-Laurent et, par conséquent au fleuve du même nom.

Avec la chute de Louisbourg, la porte est grande ouverte pour attaquer Québec… si on peut s’y rendre. Car à cause du climat canadien, le fleuve est gelé pendant la moitié de l’année.

 

1758, juste avant que le fleuve gèle (près du 11 novembre)

Louis-Antoine, comte de Bougainville, est l’aide de camp de Montcalm. Ce dernier envoie Bougainville, à bord de la Victoire avant que le fleuve ne gèle, pour plaider la cause de la Nouvelle-France à la cour de Louis XV.

 

Fin du mois de décembre

À ce moment, Bougainville rencontre Nicolas-René Berryer, ministre français de la guerre et duc de Choiseul. Il lui donne des mémoires au sujet du Canada. On peut lire dans l’un d’eux :

Il me paraît donc que la Cour doit traiter aujourd’hui le Canada comme un malade qu’on soutient par des cordeaux, c’est-à-dire n’y envoyer que l’absolu nécessaire à une défense plus longue. Si nous sautons la crise de cette année, on est en droit d’espérer des lumières, des intentions du ministre actuel de la Marine, de sa constance à suivre un projet, d’espérer, dis-je, que le pays sera sauvé pour toujours.

On peut voir que les gens ne se cachent pas que la situation de la Nouvelle-France n’est pas au beau fixe et qu’elle risque d’être perdue… Le même mémoire, écrit le 29 décembre, demande aussi de 400 000 à 500 000 livres de poudre à feu "et des cornes à poudre immensément". Parce que la colonie manque de vivres, la personne qui a rédigé le mémoire écrit : "Je ne sais pas aussi pourquoi on n’enverrait pas en Canada cette poudre alimentaire des Invalides ; personne ne serait plus dans le cas de s’en servir que des troupes exposées à faire dans les bois impraticables des marches longues où il faut tout porter sur le dos. "

Dans un mémoire, écrit au mois de janvier 1759, l’auteur dit que les Canadiens commencent à en avoir assez du rationnement et de la guerre. Il dit aussi que le bruit court que les Britanniques offriraient une bonne qualité de vie dans le cas où ils conquerraient le territoire. En voici un extrait :

Les peuples du Canada doivent naturellement être bien ennuyés de la guerre ; plusieurs y ont péri ; ils sont chargés des travaux les plus pénibles ; ils n’ont point le temps d’augmenter leurs biens et même de rétablir leurs maisons ; on leur a enlevé une partie de leur subsistance ; plusieurs ont été sans pain pendant trois mois ; ils logent des troupes qui les incommodent ; ils ne sont pas nourris pendant toute l’année, autant qu’ils croient en avoir besoin. On leur débite que les Britanniques leur laisseraient la liberté de religion, qu’ils leur fourniraient à meilleur marché les marchandises, qu’ils paieraient largement le moindre travail. Ces idées se répandent ; quelques personnes au-dessus du peuple ne rougissent pas de parler sur le même ton. Il est naturel que les peuples murmurent et qu’ils se laisseront séduire. Les habitants des villes le seront plus facilement.

Le ministre de la Marine reçoit bien Bougainville, mais on ne fait pas vraiment honneur aux demandes du gouvernement de la Nouvelle-France.

En France, les ministres et les fonctionnaires prêtèrent une oreille attentive aux émissaires de la Nouvelle-France. Toutefois, après avoir soupesé, au regard d’une guerre qui allait maintenant très mal pour la nation, les problèmes que leur soumettaient ceux-ci, ils durcirent leur cœur. "Eh ! Monsieur, dit un ministre à l’aide de camp de Montcalm, Louis-Antoine de Bougainville, quand le feu est à la maison, on ne s’occupe pas des écuries". On ne dira pas, du moins, rétorqua le savant déjà célèbre, que vous parlez comme un cheval.

Le ministre de la Marine dit donc à Bougainville que la France était à rassembler ses navires en vue d’une offensive majeure en Angleterre. Il n’aurait par conséquent droit qu’à un minimum de matériel, 400 recrues et des "munitions de guerre".

 

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