La Légion étrangère pendant la Grande Guerre

par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Coûteuses et vaines offensives

Belloy-en-Santerre
Après les durs combats de l'année 1915, la division marocaine occupe des secteurs calmes dans la région de Roye-Lassigny ou elle complète son instruction. Pendant ce temps, les armées allemandes et françaises s'affrontent dans la gigantesque bataille d'usure de Verdun. Joffre décide de prendre l'offensive dans la Somme pendant que les réserves allemandes sont fixées. Il espère réduire un saillant dangereux qui pointe vers Paris ou, à tout le moins, attirer une partie des divisions allemandes engagées à Verdun ou susceptibles de l'être.

14 divisions françaises et 26 divisions anglaises prennent part à l'offensive. La préparation d'artillerie dure sept jours. L'assaut commence le 1er juillet 1916, sur une largeur de front de près de 40 kilomètres,.

Le RMLE se trouve placé en réserve avec la division marocaine. Les Allemands ont évacué leur première ligne et la réoccupent dès la fin du barrage d'artillerie. Les assaillants doivent faire face à un déluge de feu. Dans la zone des légionnaires, les troupes coloniales réussissent à s'emparer du petit village d'Assevillers.

Le RMLE reçoit alors la mission d'exploiter ce succès isolé. Le 4 juillet, il relève les coloniaux et le 39e régiment d'infanterie. Son objectif est le village de Belloy-en-Santerre, clef de voûte de la défense allemande dans le secteur. La position est puissamment fortifiée et bénéficie d'un glacis de près d'un kilomètre. La première vague d'assaut s'élance sur ce terrain découvert et rendu glissant par la pluie qui continue à tomber. La plupart des cadres sont mis hors de combat dès les premiers tirs. Les clairons sonnent le Boudin alors que les légionnaires reprennent leur avance. La deuxième vague finit par atteindre les premières maisons du village et s'empare de la position après deux heures de violents combats de rue.

Furieux, les Allemands amènent des renforts par camions et lancent contre-attaque sur contre-attaque. Les légionnaires tiennent pourtant bon jusqu'à l'arrivée de la relève, le matin du 6. Ils détiennent alors 750 prisonniers dont 15 officiers. Les pertes sont de 25 officiers et de 844 soldats sur les 62 officiers et 2.820 hommes engagés.

Mais si la 6e armée française remporte quelques succès, sur sa gauche les Anglais avancent moins vite. L'effort va se poursuivre jusqu'au 5 novembre sans plus de succès. Cette offensive permet néanmoins de soulager la pression ennemie sur Verdun où les troupes françaises réussissent à regagner une partie du terrain perdu dans la première moitié de l'année.

Période de transition
Durement éprouvé, le RMLE est envoyé au repos et à l'instruction dans l'Oise, près de Maignelay. Il occupe ensuite le secteur de Plessier-de-Roye puis regagne en fin d'année celui de Santerre où il reste pendant un mois. Le terrain est devenu méconnaissable : le village de Belloy et les bois alentours ont été entièrement rasés par les bombardements.

Pendant les mois suivants, le régiment alterne les périodes d'instruction et les participations aux travaux de préparation pour la prochaine offensive de printemps. En février, le lieutenant-colonel Duriez remplace le lieutenant-colonel Cot promu à la tête d'une brigade. Le nouveau chef de corps est un ancien du 1er étranger, ce qui facilite la passation de pouvoir.

 

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