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Coûteuses
et vaines offensives
Belloy-en-Santerre
Après les durs combats de l'année 1915, la division marocaine
occupe des secteurs calmes dans la région de Roye-Lassigny ou elle complète
son instruction. Pendant ce temps, les armées allemandes et françaises
s'affrontent dans la gigantesque bataille d'usure de Verdun. Joffre décide
de prendre l'offensive dans la Somme pendant que les réserves allemandes
sont fixées. Il espère réduire un saillant dangereux qui
pointe vers Paris ou, à tout le moins, attirer une partie des divisions
allemandes engagées à Verdun ou susceptibles de l'être.
14 divisions françaises
et 26 divisions anglaises prennent part à l'offensive.
La préparation d'artillerie dure sept jours. L'assaut
commence le 1er juillet 1916, sur une largeur de front de près
de 40 kilomètres,.
Le RMLE se trouve
placé en réserve avec la division marocaine. Les
Allemands ont évacué leur première ligne
et la réoccupent dès la fin du barrage d'artillerie.
Les assaillants doivent faire face à un déluge
de feu. Dans la zone des légionnaires, les troupes coloniales
réussissent à s'emparer du petit village d'Assevillers.
Le RMLE reçoit
alors la mission d'exploiter ce succès isolé. Le
4 juillet, il relève les coloniaux et le 39e régiment
d'infanterie. Son objectif est le village de Belloy-en-Santerre,
clef de voûte de la défense allemande dans le secteur.
La position est puissamment fortifiée et bénéficie
d'un glacis de près d'un kilomètre. La première
vague d'assaut s'élance sur ce terrain découvert
et rendu glissant par la pluie qui continue à tomber.
La plupart des cadres sont mis hors de combat dès les
premiers tirs. Les clairons sonnent le Boudin alors que les légionnaires
reprennent leur avance. La deuxième vague finit par atteindre
les premières maisons du village et s'empare de la position
après deux heures de violents combats de rue.

Furieux, les Allemands
amènent des renforts par camions et lancent contre-attaque
sur contre-attaque. Les légionnaires tiennent pourtant
bon jusqu'à l'arrivée de la relève, le matin
du 6. Ils détiennent alors 750 prisonniers dont 15 officiers.
Les pertes sont de 25 officiers et de 844 soldats sur les 62
officiers et 2.820 hommes engagés.
Mais si la 6e armée
française remporte quelques succès, sur sa gauche
les Anglais avancent moins vite. L'effort va se poursuivre jusqu'au
5 novembre sans plus de succès. Cette offensive permet
néanmoins de soulager la pression ennemie sur Verdun où les
troupes françaises réussissent à regagner
une partie du terrain perdu dans la première moitié de
l'année.
Période
de transition
Durement éprouvé, le RMLE est envoyé au repos et à l'instruction
dans l'Oise, près de Maignelay. Il occupe ensuite le secteur de Plessier-de-Roye
puis regagne en fin d'année celui de Santerre où il reste pendant
un mois. Le terrain est devenu méconnaissable : le village de Belloy
et les bois alentours ont été entièrement rasés
par les bombardements.
Pendant les mois
suivants, le régiment alterne les périodes d'instruction
et les participations aux travaux de préparation pour
la prochaine offensive de printemps. En février, le lieutenant-colonel
Duriez remplace le lieutenant-colonel Cot promu à la tête
d'une brigade. Le nouveau chef de corps est un ancien du 1er étranger,
ce qui facilite la passation de pouvoir.
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