Coutumes et traditions de la Légion étrangère : comment former un corps d'élite ?
par Marie LARROUMET, dr

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La solidarité légionnaire

 

Les profanes n’ignorent pas la solidarité, symbolisée par le fameux " A moi la Légion! ", qui règne sous la grenade à sept flammes mais, si ils sont convaincus que cette solidarité réside dans la compréhension et l’entraide dont les légionnaires font preuve les uns envers les autres et est une réponse à la discipline de fer qui règne au sein des régiments étrangers, dans leur grande majorité ils ignorent sur quels principaux points de tradition s’appuie cette solidarité.

A leur arrivée à la Légion, les jeunes engagés volontaires sont solennellement accueillis par leurs aînés et lorsqu'ils quittent le service actif ils continuent tout de même à faire partie de la grande famille légionnaire. En Algérie les nouveaux engagés étaient accueillis à la gare de Sidi-Bel-Abbès par la musique de la Légion qui, en jouant le Boudin, les escortaient jusqu'au Quartier Viénot, de nos jours ils sont, si l'on peut dire, adoubés lors de la cérémonie de la remise du képi blanc.

Les nouvelles recrues écoutent avec respect l'ancien

Les nouveaux engagés écoutent avec admiration
les histoires des anciens

Si la cérémonie de la remise du képi blanc a pour but d’accueillir les nouveaux volontaires en leur remettant un symbole distinctif d’appartenance afin de renforcer la cohésion du groupe, les cérémonies accompagnant le départ de vieux légionnaires ont pour objectif de rendre hommage à de valeureux anciens, d’inciter les jeunes à suivre l’exemple de leurs aînés en rappelant leurs comportements et d’indiquer aux partants que ce n’est pas parce qu’ils quittent le service actif qu’ils cessent d’être des légionnaires. Les cérémonies de départ sont toujours plus grandioses à la Maison Mère que dans les autres régiments étrangers et varient selon que les partants sont des officiers supérieurs, des officiers ou des sous-officiers.

Si la solidarité doit se vivre au quotidien (de nombreux rites ponctuent certaines parties de la journée des légionnaires et l’année est parsemée de différentes fêtes), elle est particulièrement rappelée lors de deux fêtes annuelles : la fête de Noël et la commémoration du combat de Camerone. C’est sans doute lors de ces festivités que le terme de " grande famille " prend tout son sens et que les jeunes engagés comme les jeunes officiers prennent réellement conscience qu’ils appartiennent désormais à un univers qui, certes, leur demande de s’investir totalement, mais qui, en échange, s’ils le désirent, peut leur tenir lieu de famille.

Quelques crèches
Les traditionnelles crèches de Noël pour lesquelles les légionnaires déploient
des trésors d'ingéniosité et d'imagination.

Cependant, ce n’est pas parce qu’un homme quitte le service actif qu’il abandonne automatiquement l’univers légionnaire. La Légion étrangère possède en effet depuis le milieu du XXe siècle, grâce à l’initiative du général Rollet, un service social extrêmement performant d’aide aux légionnaires et aux anciens légionnaires, actuellement baptisé Service du moral et Foyer d’entre aide de la Légion étrangère. Le S.M./F.E.L.E. est un organisme privé, purement légionnaire, doté de la personnalité morale, qui a pour mission la mise en oeuvre de tous les moyens nécessaires aux diverses formes d’entraide au profit des légionnaires et des anciens légionnaires.

 

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