Coutumes et traditions de la Légion étrangère : comment former un corps d'élite ?
par Marie LARROUMET, dr

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Le statut du légionnaire

Le premier lien qui unit les légionnaires entre eux est leur statut particulier.

  • Le légionnaire est un volontaire. Contrairement aux autres militaires du rang du reste de l'armée de terre qui sont en majorité des appelés du contingent, il fait acte de candidature pour la Légion étrangère et signe un contrat d'engagement originellement de cinq ans renouvelable.

  • En signant son contrat d'engagement le légionnaire a la possibilité de laisser son passé derrière lui et de s'engager sous anonymat. S'engager sous une identité d'emprunt est une possibilité offerte par la loi au futur légionnaire et non une obligation. Il semble, qu'à  l'origine, ce ne soit que pour accélérer les formalités d'engagement que l'article 7 a été ajouté à l'ordonnance royale du 10 mars 1831. Cet article stipule qu' "en l'absence des deux pièces indiquées à l'article précédent ("un acte de naissance" et " un certificat de bonne vie et moeurs") (1), l'engagé sera envoyé par devant l'officier général commandant qui décidera si l'engagement peut être reçu" (2). C'est ainsi que le candidat qui se présente à la Légion est engagé sous l'identité qu'il veut bien déclarer. " Qu'elle soit vraie ou fausse, elle n'aura plus alors de valeur que pour la Légion. C'est en fait un pseudonyme au sens exact de la définition : nom de fantaisie librement choisi pour masquer au public sa personnalité véritable dans l'exercice d'une activité particulière. Ce pseudonyme a donc des limites dans le temps avec la durée du contrat signé et dans la forme avec tout ce qui touche au service militaire, à l'exclusion de tous actes relevant du domaine civil ou juridique"(3).

  • La Légion étrangère ayant à l'origine été créée pour accueillir des étrangers puisque l'ordonnance royale signée par Louis-Philippe roi des Français précise bien que "il sera formée une Légion composée d'étrangers"(4) qui "prendra le nom de Légion étrangère" (5), le légionnaire, qu'il soit d'origine française (du moins de nos jours) ou étrangère, est considéré comme un étranger et, à ce titre, sert à titre étranger.

  • Enfin, pour des raisons de disponibilité et d'efficacité, la Légion étrangère n'accepte d'incorporer dans ses rangs que des célibataires.

Leur statut faisant de tous ces individus, quelques soient leurs nationalités et leurs origines, des hommes totalement égaux devant la loi et surtout devant la Légion étrangère, ils sont tous amalgamés dans les différentes unités qui composent la Légion étrangère. L’amalgame est un des principes de base de l’organisation légionnaire. Il traduit dans les faits le principes de l’anonymat qui veut que la Légion étrangère respecte le passé de ceux qui servent dans ses rangs et les traite tous de la même manière. Cet amalgame permet à la Légion étrangère de garder sa physionomie propre et un caractère constant malgré les dominantes de certaines nationalités (Allemands après les deux Guerres Mondiales, Espagnols à la suite de la guerre d’Espagne, individus d’Europe de l’Est après la chute du Mur de Berlin...) qui se sont succédées dans ses rangs.

Un légionnaire avec un fusil à lunette FLF2

Un légionnaire avec un fusil à lunette FRF2. D'un calibre de 7,62 mm, il est doété d'une lunette à intensification de lumière pour le tir de nuit


1. article 6 de l'Ordonnance royale du 10 mars 1831
2. article 7 de l'Ordonnance royale du 10 mars 1831
3. Hallo Jean, Monsieur Légionnaire, 1994, p.35
4. Article 1er de l'Ordonnance royale du 10 mars 1831
5. Article 1er de l'Ordonnance royale du 10 mars 1831

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