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Un Empire en sursis
Malgré le succès militaire, le nouvel empereur
Maximilien narrive pas à asseoir un pouvoir qui vaut
dabord par le soutien des armes françaises. Face à lhostilité montante
de lensemble de la population, le manque de moyens financiers
ainsi que la morgue et la corruption des élites ne facilitent
pas la tâche de ce monarque étranger. Par ailleurs, lattitude équivoque
du général Bazaine laisse transparaître lambition de
prendre la tête dun gouvernement dictatorial.

Le
général Bazaine. Peinture
de Beaucé.
Cet ancien officier de Légion a brillamment combattu dans ce corps lors de
la conquête de lAlgérie et lors du prêt de la Légion à linfante
dEspagne. Il se rendra tristement célèbre lors de la guerre contre la
Prusse (1870-1871) avec une série de décisions désastreuses non dépourvues
darrière-pensées politiques. Il se laissera notamment enfermer dans Metz
et capitulera avec la dernière armée impériale sans avoir épuisé tous ses moyens
de résistance.
La fin de la guerre civile américaine
se traduit immédiatement par une forte implication du gouvernement
américain dans le conflit. Celui-ci continue en effet à reconnaître
comme seul légitime le gouvernement de Juarez. Les juaristes
reçoivent donc des armes et un fort soutien logistique alors
que la pression diplomatique des Etats-Unis sur la France saccroît.
Pour appuyer cette démarche, une armée de 50 000 hommes
est rassemblée au Texas, sous le commandement du général Shéridan.
Plus de 100 000 volontaires sapprêtent à la rejoindre.
Pragmatique, Napoléon
III proclame la victoire (22 janvier 1866) et entame un
retrait progressif du corps expéditionnaire français affaibli
par la fatigue, la fièvre jaune et les désertions. Ce mouvement
est accéléré par laggravation des tensions en Europe,
provoquée par laffrontement entre la Prusse et lAutriche.
Bazaine et les dernières troupes françaises quittent le pays
au début de lannée 1867.
Les derniers
légionnaires rembarquent le 22 février 1867 alors que lon
a un moment envisagé de prêter puis de céder la Légion au nouvel
Etat mexicain. La renommée acquise par le combat de Camerone
en métropole contribue probablement à labandon de cette
funeste décision.
Trente
ans plus tôt la Légion avait déjà été cédée à la régente dEspagne,
pour maintenir linfante Isabel sur le trône. Elle y lutta
bravement dans un dénuement total, subissant de lourdes pertes,
avant que les survivants ne regagnent les unités recréées en
Algérie (1834-1838). La Légion vient de gagner au Mexique, par
les armes, une légitimité qui sera pourtant périodiquement remise
en cause. En moins de quatre ans, 22 officiers et 446 sous-officiers
et légionnaires sont tombés, pour 6 bataillons engagés dans la
campagne.

Les
troupes mexicaines de Maximilien. Daprès un croquis de
M. de Girardin, officier au 1er régiment de chasseurs
dAfrique.
Le Monde Illustré.
Larmée
impériale mexicaine, pourtant forte de près de 30 000 hommes
ne peut alors empêcher la victoire des troupes juaristes en quelques
semaines. Lempereur
Maximilien refuse dabdiquer et se réfugie à Querétaro.
Trahi par ses propres hommes il est capturé (14 mai) et exécuté (19
mai). Juarez retrouve un poste de président quil gardera
jusquà sa mort en 1872.
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