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Analyse
du combat et de son importance sur le plan militaire
A plusieurs reprises pendant la campagne
du Mexique, des unités de la Légion étrangère auront à affronter
un ennemi supérieur en nombre. A chaque fois quelles
pourront trouver un abri solide, elles tiendront jusquà larrivée
de renforts.
Le
1er mars 1866 à lhacienda de Santa Isabel, 185
légionnaires et 400 cavaliers mexicains alliés subissent une
lourde défaite dans une attaque inconsidérée contre des forces
supérieures en nombre. La victoire est presque à portée de mains
mais lassaut se ralenti notamment après la mort du commandant
de Brian. Abandonnés par la cavalerie alliée, les légionnaires
sont submergés à découvert par un millier de cavalier juaristes.
Au total, 102 sont tués et 82, dont quarante blessés, doivent
se rendre pour échapper au massacre. Un seul rescapé réussit à regagner
Parras où 44 légionnaires, renforcés de 26 hommes du train, vont
tenir cinq jours contre 2.000 Mexicains. Le 6, ils sont
dégagés par une colonne de secours menée par le commandant Saussier.

Un
voltigeur de la Légion dans les Terres Chaudes en 1863.
Le sombrero, mieux adapté aux conditions climatiques remplace très vite le
képi réglementaire.
Dessin de Pierre Bénigni.
A Camerone aussi, lespoir de larrivée
du colonne de secours et la certitude dêtre tués après
avoir repoussé les deux offres de reddition expliquent en partie
lacharnement des légionnaires alors que tout semble perdu.
Le capitaine Danjou est
raisonnablement confiant car il estime que les cavaliers mexicains,
armés de carabines, ne sont pas capables de prendre lhacienda.
Son calcul savère juste. Cest linfanterie
mexicaine, dont il ignore alors la présence, qui va emporter
la décision.

C'est
l'infanterie, et non la cavalerie qui permit de venir à bout
de la résistance des légionnaires.
Plusieurs éléments fragilisent la situation
des légionnaires à Camerone. Ainsi, les deux mulets portant
les munitions ayant été perdus au début du combat, les légionnaires
ne disposent plus que de 60 cartouches par homme, soit un total
théorique de 3.720 coups. Ils vont en faire un usage exceptionnel,
réussissant à mettre hors de combat plus de 300 ennemis. Cela
permet détablir un ratio exceptionnel dun coup
au but par douzaine de cartouches tirées. Il sexplique
en partie par le fait que les ennemis se fusillent à bout portant.
Pourtant, le manque de munitions en fin daprès-midi va
permettre aux Mexicains dapprocher encore et décraser
sous leur masse les derniers défenseurs. Le grand nombre de
prisonniers, la moitié de leffectif, sexplique
ainsi.

Assaut
du pénitencier (fort de Puebla) le 29 mars 1863. Les énormes
dégâts provoqués par lartillerie de siège sont nettement
visibles.
Les mulets portant aussi les approvisionnements,
les légionnaires nont rien eu à manger et surtout à boire
depuis le matin. La chaleur et la fumée ont aggravé cette déshydratation.
Par ailleurs, ils ont été réveillés à minuit. Leur combativité malgré ces
conditions défavorables est donc remarquable. La qualité de
lencadrement - le sous-lieutenant
Maudet tombe parmi les derniers - et lexpérience
acquise lors de la conquête de lAlgérie explique cette
cohésion. Il faut aussi ajouter que le capitaine
Danjou est aimé et respecté par tous les légionnaires.
Ils vont tenir le serment fait à leur chef.
Dans
le camp mexicain, labsence dartillerie savère
décisive dans la mesure où les murs décrépis de lhacienda
nauraient probablement pas résisté aux obus, alors quils
ont protégé correctement des balles les légionnaires.
Sans
conteste, la résistance de la 3e compagnie sauve le
convoi en route vers Puebla dune embuscade dangereuse.
La perte de leffet de surprise, les pertes subies et la
perspective de devoir affronter de nouveau la Légion incite le colonel
Milan à renoncer à ses projets. Larrivée de lartillerie
de siège à Puebla permet dabréger le siège. Par ailleurs,
lors des deux mois suivants, les convois français seront acheminés
sans encombres.

La
bataille de San Lorenzo.
Au premier plan Bazaine donne ses ordres au commandant de la batterie de la
garde impériale
(seule unité de celle-ci présente au Mexique) qui tire sur la ville à bout
portant.
Pour autant, ce combat nest pas
le seul décisif dans le déroulement de la campagne. Peu après,
le général Bazaine remporte
une victoire déterminante à San Lorenzo (8 mai 1863), sur une
armée de secours en provenance de Mexico. La chute de Puebla
nest alors plus quune simple question de temps.
Le 19 mai la garnison mexicaine est dissoute. Le 7 juin, les
Français entrent à Mexico, évacuée par le gouvernement de Juarez.
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