Camerone, 30 avril 1863
par Jean-Philippe Liardet, dr

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Après le combat

 

Le sens du vent et l’éloignement ont rendu le bruit du combat inaudible depuis Paso del Macho. Le lendemain, la compagnie du capitaine Saussier ne trouve qu’un seul survivant : le tambour Laï laissé pour mort, blessé de sept coups de lance et de deux balles.

Après la bataille, les Mexicains soignent de leur mieux les légionnaires.


Le 13 juin, le colonel Dupin attaque le village de Cueva Pentada avec ses 150 cavaliers de la contre-guérilla et délivre le légionnaire de Vries. Le 28 juin près du village de Huatusco, renforcés par 123 légionnaires du 1er bataillon, ses hommes taillent en pièces des unités mexicaines ayant participé à la bataille de Camerone. Les troupes françaises trouvent à Huatusco la sépulture du sous-lieutenant Maudet, enterré avec les honneurs militaires par les hommes du colonel Milan. Confié à leur sœur par deux officiers mexicains, il n’a pas survécu malgré les soins prodigués. Quand l’un des deux mourra au combat deux ans plus tard, deux officiers de la Légion étrangère viendront ramener son corps à Huatusco et lui rendront à leur tour les honneurs.

C'est dans une hacienda comme celle-ci, que le combat eut lieux. Remarquez les restes imposants de ses murs massifs.

Cette anecdote démontre le respect entre les ennemis, hormis quelques actes de représailles isolés. Les légionnaires font l’objet des mêmes soins que les Mexicains. Le 14 juillet 1863 à Cosmatepec, les 12 prisonniers survivants sont échangés contre le colonel mexicain Alba.

La plupart des survivants de Camerone vont recevoir des promotions et des décorations. Le caporal Maine et le caporal Berg sont faits sergents et bientôt sous-lieutenants. Le second se fera tuer en duel quelques temps plus tard. Le tambour Laï reçoit la Légion d’honneur. D’autres promotions sont accordées aux hommes du rang. Cinq d’entre eux sont faits chevaliers de la Légion d’honneur et six autres décorés de la Médaille militaire.

Cinq mois plus tard le colonel Jeanningros obtient de l’empereur l’autorisation d’inscrire le nom du combat sur le drapeau du Régiment étranger. Depuis tous les drapeaux et étendards de la Légion étrangère portent l’inscription Camerone 1863. En outre, Napoléon III prescrit que les noms de Camerone, Danjou, Maudet et Vilain soient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris

Le 3 mai 1863, le colonel Jeanningros et ses hommes se contentèrent d’ériger une croix de bois avec l’inscription Ci-gît la 3e compagnie du 1er bataillon de la Légion étrangère. Elle fut remplacé par une colonne en dur avant la fin de la campagne. En 1892, un monument fut élevé par souscription à l’initiative d'Edouard Sempé, consul de France à Vera Cruz. Il porte l’inscription connut de tout légionnaire :

Ils furent ici moins de soixante

Opposés à toute une armée

Sa masse les écrasa

La vie plutôt que le courage

Abandonna ces soldats français

Le 30 avril 1863

Un monument humble mais émouvant :
la stèle en gros plan avec le texte en latin à côté de la traduction comme légende.


Son état de délabrement, incita le colonel Pénette, un ancien officier de Légion, lors d’une visite de recueillement en 1948, à œuvrer pour la construction d’un nouveau monument. L’accueil enthousiaste fait à ce projet, tant au sein de la Légion que parmi les plus hautes autorités mexicaines, déboucha sur une réalisation grandiose, où fut célébré le centenaire de Camerone. L’inauguration de l’ouvrage définitif eu lieu le 15 décembre 1965. Chaque année l’armée mexicaine vient rendre hommage, devant ce monument, aux hommes tombés ce jour-là, Français comme Mexicains. Des détachements français se joignent régulièrement à eux. Avec le temps cette cérémonie est devenu le symbole d’un rapprochement entre le Mexique et la France.

Une vue du monument

 

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