Camerone, 30 avril 1863
par Jean-Philippe Liardet, dr

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Une résistance acharnée


Vers 9 heures du matin, Après une démonstration de force, les Mexicains envoient un parlementaire d’origine française, le lieutenant Ramon Laisné, demander la reddition de la 3e compagnie. La capitaine Danjou refuse. Les cavaliers démontés lancent une première attaque maladroite mais doivent se retirer avec de lourdes pertes, handicapés par leur équipement trop lourd. Danjou jure de ne jamais se rendre et demande à ses hommes de faire de même. Ce qu’ils font avec ardeur. Il est tué d’une balle en plein poitrine en traversant la cour pour inspecter ses positions à 11 heures. Le sous-lieutenant Vilain prend alors le commandement. Dehors, un clairon sonne, accompagné par les roulements d’un tambour : peut-être est-ce le degueño, l’air joué par les Mexicains lors de l’assaut final du fort Alamo au Texas, le 6 mars 1836. Les attaquants ne feront pas de quartier.

Le capitaine Danjou fait jurer à ses hommes de ne pas se rendre. La fumée au plafond ne provient
de l’incendie qui sera allumé dans l’après-midi seulement mais est dégagée par les fusils.
Par Pierre Bénigni

Le colonel Milan renouvelle sa proposition de reddition sans succès. L’infanterie mexicaine prend d’assaut l’hacienda mais les défenseurs tiennent bon. Vers deux heures de l’après-midi, ils doivent abandonner le bâtiment principal où les Mexicains ouvrent maintenant le feu à travers des trous percés dans le plancher. Peu après, le sous-lieutenant Vilain tombe, touché d’une balle en plein front. Le sous-lieutenant Maudet lui succède, même s’il est désormais impossible de coordonner l’action des divers groupes de défenseurs.

Retranchés dans l'hacienda, les légionnaires feront preuve d'une résistance extraordinaire.
Composition d'Edouard Detaille


A quatre heures les légionnaires résistent encore. Les assaillants décident alors de les enfumer puis creusent des brèches dans les murs. Mais à cinq heure et demi, les défenseurs, réduits à trente, combattent toujours malgré la fatigue, la soif et la faim.

Exaspéré, le colonel Milan décide de lancer un assaut général. Il suspend l’attaque et fouette le courage de ses hommes qui submergent alors les douze derniers légionnaires. Quatre d’entre eux, dont le caporal Berg, sont pris vivants mais les huit autres se retranchent dans le hangar où ils tiennent encore une heure.

Les légionnaires cherchent des munitions sur leurs morts pour continuer le combat.

Le sous-lieutenant Maudet et les 4 derniers légionnaires chargent à la baïonnette après avoir tiré leur dernière cartouche dans une salve dérisoire. L’officier est blessé à la jambe et à la hanche malgré le sacrifice du légionnaire Catteau qui se jette devant lui pour le protéger de son corps et tombe, criblé de 19 balles. Le caporal Maine et les deux autres légionnaires acceptent de se rendre à condition de conserver leurs armes et d’avoir leurs blessés soignés. Impressionné par leur courage, le colonel Angel Lucido Cambas, élevé en France, accepte. Le colonel Milan auquel on amène les survivants est surpris de leur petit nombre. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des démons, s’exclama-t-il. 33 légionnaires sont morts et 31 faits prisonniers. Ils sont presque tous blessés, 19 mourront d’ailleurs en captivité. Les Mexicains ont plus de 300 tués et blessés.

La charge héroïque mais désespérée du sous-lieutenant Maudet et de ses hommes.
Par Pierre Bénigni

 

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