Camerone, 30 avril 1863
par Jean-Philippe Liardet, dr

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L'expédition du Mexique
(1861-1867)

 

Le contexte politique et diplomatique

De 1857 à 1860, le Mexique connaît une guerre civile qui oppose le parti conservateur de Félix Zuloaga au parti libéral de Benito Juarez. Le premier installe son gouvernement à Mexico, le second à Vera Cruz. Après sa reconnaissance par les Etats-Unis (6 avril 1859) et sa victoire de Calpulalpam, Juarez contrôle l’intégralité du pays (22 décembre 1860).

Le corps du général Forey en route pour Puebla traverse les Cumbres.
Le Monde Illustré

Cette période de troubles ayant épuisé les finances du pays, Juarez décide de confisquer les biens de l’Eglise et de suspendre le paiement de la dette extérieure, les principales puissances créancières envoient alors un corps expéditionnaire au Mexique pour faire valoir leurs droits.

700 royal marines britanniques, 6.000 Espagnols et 2.500 Français débarquent à Vera Cruz où ils sont aussitôt atteints par la fièvre jaune. Le commandant espagnol, le général Don Juan Prim, négocie leur installation sur des hauteurs plus salubres. Mais cette convention de Soledad légitime le gouvernement de Juarez. Les troupes débarquées ne sont alors plus des forces de police mais potentiellement des forces d’invasion.

La vitrine consacrée à la campagne du Mexique du musée de l'Empéri de Salon-de-Provence.
(photo Empéri Multimédi@)

Lors des négociations qui s’ouvrent sur le règlement de la dette, la France réclame des indemnités volontairement exorbitantes. En effet, Napoléon III veut profiter de la guerre civile aux Etats-Unis pour mettre en place un empire catholique au Mexique. 4.000 hommes supplémentaires arrivent sous le commandement du général de Lorencez. Il emmène avec lui un dissident mexicain réfugié auprès de la cour impériale à Paris. Celui-ci réclame le retour de l’ancien gouvernement. Cette provocation se double d’un déplacement inopiné des troupes françaises vers les hauteurs. La réunion d’Orizaba du 9 avril 1862 se solde par un échec. Les troupes anglaises et espagnoles rembarquent aussitôt. Le lendemain, le commandement français déclare les hostilités ouvertes, officiellement en raison des déprédations causées par les troupes juaristes.

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