Camerone, 30 avril 1863
par Jean-Philippe Liardet, dr

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  La cérémonie de Camerone

 

Camerone est un terme déformé : l’appellation exacte est Camaron dont la signification porte à controverses (écrevisse, crevette, nom d’arbre)

Tous les 30 avril, la Légion étrangère commémore la bataille de Camerone dans sa maison mère d’Aubagne, en Provence, comme elle le faisait à Sidi Bel Abbès, en Algérie, avant qu’elle ne regagne la France, le 24 octobre 1962. Cette cérémonie matérialise l’esprit de corps de cette troupe d’élite de l’Armée française mais pour autant elle ne s’officialise que tardivement.

La Légion étrangère est née le 9 mars 1831, par un décret signé de la main du roi Louis-Philippe. Formée d’étrangers, elle a vocation a servir en dehors de la Métropole. Elle fait d’abord ses preuves en Algérie puis connaît un intermède sanglant en Espagne où elle est prêtée. Après son retour en Afrique du Nord, elle combat avec distinction lors des campagnes de Crimée (1854-1855) et d’Italie (1859).
Elle ne participe pas au début de l’expédition du Mexique (1862). Ses officiers adressent alors à l’empereur une pétition pour solliciter l’engagement de la Légion. Si cette violation de la voie hiérarchique leurs cause quelques désagréments, elle porte néanmoins ses fruits. Le 19 janvier 1863, ordre est donné à la Légion étrangère de mettre sur pied deux bataillons pour le Mexique où les forces françaises n’arrivent toujours pas à emporter la décision. Ils débarquent le 28 mars 1863. Le fait d’arme le plus fameux de la Légion dans cette campagne sera le combat de Camerone.

Ce n’est pourtant qu’en 1906 qu’aura lieu la première commémoration de Camerone. Elle se fait dans le petit poste de Ta-Lung au Tonkin, dans le nord de l’Indochine française, à l’initiative du lieutenant François, désireux d’apporter une plus grande cohésion à ses troupes par l’exaltation du combat de leurs glorieux aînés. C’est le général Rollet qui va faire de cette commémoration une des plus grande tradition de la Légion. Pour le centenaire de la création du corps qu’il commande, il choisit le 30 avril 1931 et non le 10 mars.

Une vision grandiose de la commémoration du centenaire par Pierre Bénigni. Avec le général Rollet (couvert de décorations),
alors inspecteur de la Légion étrangère et en fond le monument au mort de la Légion, ramené de Siddi-Bèl-Abbès
à Aubagne après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Les légionnaires qui présentent les drapeaux au général portent des uniformes anciens.
Par Pierre Bénigni.

A cette occasion la main de bois du capitaine Danjou, le chef de la Légion à Camerone, est sortie du musée. A partir de 1936, elle est présentée au public et le récit du combat est lu à haute voie. Cet article en est une version enrichie.

La main de bois du capitaine Danjou, conservée à la maison mère de la Légion étrangère, à Aubagne.

 

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