La guerre du Kippour (6-25 octobre 1973)
par Pierre RAZOUX, dr

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Les opérations

 

Le 22 octobre 1973

Sur la scène diplomatique : Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 338 imposant un cessez-le-feu sur place, qui doit entrer en vigueur le jour même à 18 heures 52 (heure locale). Kissinger quitte Moscou en fin de matinée et se rend à Tel-Aviv, sur la requête du Premier ministre israélien, pour éclaircir les conditions dans lesquelles le cessez-le-feu a été négocié. Il s'envole en fin d'après-midi pour les Etats-Unis, rendant compte de la situation au ministre britannique des affaires étrangères, lors d'une brève escale à Londres.

Sur le front Sud : Les Egyptiens, retranchés aux abords d'Ismaïlia, repoussent une nouvelle attaque israélienne. Les blindés israéliens en exploitation sur les arrières de la 3ème armée atteignent le canal de Suez au sud des Lacs Amers, s'emparant des camps militaires de Généïfa, d'Odeda et de Metzila. Conjointement, les forces israéliennes continuent de nettoyer le terrain conquis. En début de soirée, les combats cessent progressivement. La situation sur le terrain est cependant confuse car le dispositif égyptien et le dispositif israélien demeurent étroitement imbriqués.

 

Le 23 octobre 1973

Sur le front Sud : Le cessez-le-feu est rompu dans la nuit. Les unités égyptiennes isolées cherchent à rompre l'encerclement tandis que les forces blindées israéliennes poursuivent leur progression vers le sud, en direction de Suez. Au crépuscule, les Israéliens atteignent les contreforts du Djebel Ataka et les faubourgs de Suez, encerclant complètement la 3ème armée égyptienne. Dans la nuit, ils parviennent à s'emparer de la base navale d'Adabiya, sur la Mer Rouge.

Sur le front Nord : Durant toute la journée, le cessez-le-feu est rompu régulièrement par des tirs sporadiques et par quelques duels d'artillerie. A la tombée de la nuit, le calme s'installe et le cessez-le-feu entre effectivement en vigueur, mettant fin à la phase active de la guerre sur le front Nord.

Sur la scène diplomatique : Le président Sadate adresse un message aux autorités américaines et soviétiques pour tenter de les impliquer directement sur le terrain. Les Etats-Unis rejettent sa demande tandis que les Soviétiques en acceptent le principe. A Washington, les derniers développements politiques dans la crise du Watergate éclipsent l'évolution de la situation au Proche-Orient.

 

Le 24 octobre 1973

Sur le front Sud : Les forces israéliennes s'emparent du camp égyptien situé au Kilomètre 101, élargissant ainsi leur présence sur la rive occidentale du Canal. Dans le même temps, elles échouent dans leur tentative de s'emparer de Suez.

Sur la scène diplomatique : La poursuite des combats sur le front Sud laisse planer la menace d'une intervention directe des deux grandes puissances, qui ont parrainé l'instauration du cessez-le-feu. La tension monte entre la Maison Blanche et le Kremlin.

Les troupes israéliennes sur le canal de Suez (DR)

 

Le 25 octobre 1973

Sur la scène diplomatique : Washington met en alerte les forces américaines à travers le monde, y compris les forces nucléaires. Un nouveau groupe aéronaval américain pénètre en Méditerranée. Cette démonstration de force de la Maison Blanche est suivie par celle du Kremlin, qui met à son tour en alerte les forces soviétiques stationnées en Europe de l'Est et dans le Caucase. Pendant une dizaine d'heures, la situation demeure extrêmement tendue. Le président Sadate retire finalement sa demande d'intervention directe des deux grandes puissances. La tension diminue progressivement. Le Conseil de sécurité adopte la résolution 340 instituant une force d'urgence des Nations unies destinée à s'interposer entre les belligérants.

Sur le front Sud : Les Israéliens échouent dans une nouvelle tentative visant à s'emparer de Suez. Ils parachèvent néanmoins l'encerclement de la 3ème armée en détruisant tous les ponts égyptiens dans ce secteur et en coupant les canalisations alimentant celle-ci en eau et en carburant. La 3ème armée égyptienne est désormais totalement isolée. A 17 heures, le cessez-le-feu devient effectif sur le front Sud après plus de dix-neuf jours de combats intenses.

 

Le cessez-le-feu et ses suites

Dès le 28 octobre, alors que les premiers détachements de casques bleus dépêchés sur place par les Nations unies s’efforcent d’organiser le ravitaillement de la troisième armée égyptienne isolée, des émissaires égyptiens et israéliens se rencontrent au kilomètre 101 de la route reliant Suez au Caire, à proximité de la ligne de front. Le 11 novembre 1973, ils y paraphent un accord de cessez-le-feu au terme duquel ils s’entendent pour échanger leurs prisonniers. Malgré l’échec d’une première conférence de paix à Genève, au mois de décembre suivant, le dialogue technique progresse tant et si bien qu’un accord de désengagement des forces est conclu le 18 janvier 1974, de nouveau au kilomètre 101. Les Israéliens se retirent jusqu’à une trentaine de kilomètres en deçà du canal de Suez, tandis que les Egyptiens récupèrent le contrôle des deux rives du Canal, avec l’obligation de n’y entretenir qu’un contingent limité. Entre les deux, une zone tampon est occupée par les casques bleus.

Le 31 mai 1974, un accord de désengagement des forces est également conclu avec la Syrie, par l’intermédiaire des Nations unies. Les Israéliens se retirent du saillant de Sassa, tandis qu’une force de casques bleus se déploye sur l’ancienne Ligne Pourpre, prenant Kunéïtra, désormais démilitarisée, comme quartier général. La guerre du Kippour est officiellement terminée.

 

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