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Les opérations
Le 6 octobre 1973
Le matin :
A 4
heures du matin, les autorités israéliennes apprennent avec certitude
l'imminence de l'offensive arabe. Entre 8 heures et 9 heures
30, elles décident de mobiliser partiellement les réservistes
et d'évacuer les colons du Golan. Une heure plus tard, elles
décrètent la mobilisation générale. En fin de matinée, elles
renoncent, pour des raisons politiques, au déclenchement d'une
offensive aérienne préventive contre les armées arabes.
L'après-midi
:
Sur le front Sud : A 14 heures,
larmée égyptienne lance son offensive. Précédées dun
intense tir de barrage et dune vaste offensive aérienne,
les 2ème et 3ème armées égyptiennes entament la traversée du
canal de Suez. Cinq divisions dinfanterie établissent des
têtes de pont de lautre côté de la voie deau, isolant
progressivement les principaux ouvrages de la Ligne Bar-Lev.
Les réactions israéliennes sont désordonnées. Létat-major
israélien, en pleine confusion, sacrifie inutilement un nombre
important de chars et davions dans de vaines contre-attaques.
Conjointement, larmée égyptienne effectue à lintérieur
de la péninsule du Sinaï des actions en profondeur destinées à désorganiser
les arrières ennemis.
Sur le front Nord : A 14
heures, l'armée syrienne passe elle aussi à l'offensive. Après
une intense préparation d'artillerie appuyée par laviation,
trois divisions d'infanterie et deux divisions blindées franchissent
la Ligne Pourpre. Des parachutistes syriens s'emparent du Mont
Hermon. Dans la soirée, les blindés syriens effectuent une percée
dans le secteur sud du Golan, bousculant les maigres défenses
adverses. La 188ème brigade blindée israélienne succombe progressivement
sous le nombre, au sud de Kunéïtra. La 7ème brigade blindée israélienne
parvient quant à elle à contenir la poussée syrienne, au nord
de Kunéitra. L'aviation israélienne subit de lourdes pertes en
tentant de freiner la progression des blindés syriens. Durant
la nuit, la marine israélienne enregistre quant à elle son premier
succès en coulant une flottille syrienne au large de Lattaquié.
Sur la scène diplomatique : A
New-York, Kissinger s'efforce tout l'après-midi de contacter
les diplomates arabes, israéliens et soviétiques, afin de clarifier
une situation des plus confuses. Le gouvernement américain ordonne à la
VIème flotte, jusque là éparpillée en Méditerranée, de se regrouper
progressivement au large de la Crête, à proximité de la zone
des combats.
Le 7 octobre 1973
Sur le front Sud : Larmée égyptienne
renforce son dispositif, affermit ses positions et élargit ses
têtes de pont sur la rive orientale du Canal. Dans le même temps,
elle entame la réduction de la Ligne Bar-Lev. La présence égyptienne
sétend désormais sur une profondeur dune dizaine
de kilomètres à lintérieur du Sinaï. Dix ponts ont été mis
en place par le génie égyptien. Les trois brigades blindées israéliennes
stationnées à proximité du Canal sont engagées dans la bataille
et subissent de lourdes pertes. Les premiers renforts israéliens
parviennent sur le front en milieu de journée.
Sur le front Nord : En début
de matinée, les premiers renforts israéliens tentent de stopper
la percée syrienne. Celle-ci atteint son apogée en milieu de
journée, lorsque les Syriens parviennent à s'emparer de Kunéitra
et de Nafakh, tout en progressant vers le Jourdain et le Lac
de Tibériade. Les Syriens contrôlent alors la moitié du plateau
du Golan. Leur état-major décide cependant de faire une pause
opérationnelle en fin de journée. Ce répit permet aux Israéliens
de récupérer le carrefour stratégique de Nafakh et de stabiliser
la situation. Conjointement, leur aviation continue de harceler
sans répit les formations blindées syriennes. La 7ème brigade
israélienne est engagée dans la bataille décisive de la Vallée des
Larmes, qui dure jusqu'au surlendemain. Les Israéliens échouent
dans une première tentative de reconquête du Mont Hermon.
Sur la scène diplomatique : Les
messages enthousiastes des dirigeants arabes affluent en Egypte
et en Syrie. Nombreux sont ceux qui promettent une aide matérielle
ou financière. Le colonel Kadhafi critique néanmoins la stratégie égyptienne,
la trouvant trop timorée. Les autorités égyptiennes entrent de
leur côté en contact avec Henry Kissinger, le Secrétaire dEtat
américain, pour lui faire part des conditions qu'elles mettent à la
cessation des hostilités. Corrélativement, elles invitent les
Etats-Unis à jouer un rôle de premier rang dans le solutionnement
politique de la crise. A l'exception de la Roumanie, les
Etats du bloc de l'est condamnent sévèrement Israël et soutiennent
ouvertement l'Egypte et la Syrie. L'Union soviétique multiplie
toutefois les démarches pour convaincre ces deux Etats d'accepter
l'entrée en vigueur rapide d'un cessez-le-feu. Damas et le Caire
sont contraints de se consulter pour lever toute ambiguïté sur
leurs objectifs respectifs.
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