La guerre du Kippour (6-25 octobre 1973)
par Pierre RAZOUX, dr

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Les opérations

 

Le 6 octobre 1973

Le matin :

A 4 heures du matin, les autorités israéliennes apprennent avec certitude l'imminence de l'offensive arabe. Entre 8 heures et 9 heures 30, elles décident de mobiliser partiellement les réservistes et d'évacuer les colons du Golan. Une heure plus tard, elles décrètent la mobilisation générale. En fin de matinée, elles renoncent, pour des raisons politiques, au déclenchement d'une offensive aérienne préventive contre les armées arabes.

L'après-midi :

Sur le front Sud : A 14 heures, l’armée égyptienne lance son offensive. Précédées d’un intense tir de barrage et d’une vaste offensive aérienne, les 2ème et 3ème armées égyptiennes entament la traversée du canal de Suez. Cinq divisions d’infanterie établissent des têtes de pont de l’autre côté de la voie d’eau, isolant progressivement les principaux ouvrages de la Ligne Bar-Lev. Les réactions israéliennes sont désordonnées. L’état-major israélien, en pleine confusion, sacrifie inutilement un nombre important de chars et d’avions dans de vaines contre-attaques. Conjointement, l’armée égyptienne effectue à l’intérieur de la péninsule du Sinaï des actions en profondeur destinées à désorganiser les arrières ennemis.

Sur le front Nord : A 14 heures, l'armée syrienne passe elle aussi à l'offensive. Après une intense préparation d'artillerie appuyée par l’aviation, trois divisions d'infanterie et deux divisions blindées franchissent la Ligne Pourpre. Des parachutistes syriens s'emparent du Mont Hermon. Dans la soirée, les blindés syriens effectuent une percée dans le secteur sud du Golan, bousculant les maigres défenses adverses. La 188ème brigade blindée israélienne succombe progressivement sous le nombre, au sud de Kunéïtra. La 7ème brigade blindée israélienne parvient quant à elle à contenir la poussée syrienne, au nord de Kunéitra. L'aviation israélienne subit de lourdes pertes en tentant de freiner la progression des blindés syriens. Durant la nuit, la marine israélienne enregistre quant à elle son premier succès en coulant une flottille syrienne au large de Lattaquié.

Sur la scène diplomatique : A New-York, Kissinger s'efforce tout l'après-midi de contacter les diplomates arabes, israéliens et soviétiques, afin de clarifier une situation des plus confuses. Le gouvernement américain ordonne à la VIème flotte, jusque là éparpillée en Méditerranée, de se regrouper progressivement au large de la Crête, à proximité de la zone des combats.

 

Le 7 octobre 1973

Sur le front Sud : L’armée égyptienne renforce son dispositif, affermit ses positions et élargit ses têtes de pont sur la rive orientale du Canal. Dans le même temps, elle entame la réduction de la Ligne Bar-Lev. La présence égyptienne s’étend désormais sur une profondeur d’une dizaine de kilomètres à l’intérieur du Sinaï. Dix ponts ont été mis en place par le génie égyptien. Les trois brigades blindées israéliennes stationnées à proximité du Canal sont engagées dans la bataille et subissent de lourdes pertes. Les premiers renforts israéliens parviennent sur le front en milieu de journée.

Sur le front Nord : En début de matinée, les premiers renforts israéliens tentent de stopper la percée syrienne. Celle-ci atteint son apogée en milieu de journée, lorsque les Syriens parviennent à s'emparer de Kunéitra et de Nafakh, tout en progressant vers le Jourdain et le Lac de Tibériade. Les Syriens contrôlent alors la moitié du plateau du Golan. Leur état-major décide cependant de faire une pause opérationnelle en fin de journée. Ce répit permet aux Israéliens de récupérer le carrefour stratégique de Nafakh et de stabiliser la situation. Conjointement, leur aviation continue de harceler sans répit les formations blindées syriennes. La 7ème brigade israélienne est engagée dans la bataille décisive de la Vallée des Larmes, qui dure jusqu'au surlendemain. Les Israéliens échouent dans une première tentative de reconquête du Mont Hermon.

Sur la scène diplomatique : Les messages enthousiastes des dirigeants arabes affluent en Egypte et en Syrie. Nombreux sont ceux qui promettent une aide matérielle ou financière. Le colonel Kadhafi critique néanmoins la stratégie égyptienne, la trouvant trop timorée. Les autorités égyptiennes entrent de leur côté en contact avec Henry Kissinger, le Secrétaire d’Etat américain, pour lui faire part des conditions qu'elles mettent à la cessation des hostilités. Corrélativement, elles invitent les Etats-Unis à jouer un rôle de premier rang dans le solutionnement politique de la crise. A l'exception de la Roumanie, les Etats du bloc de l'est condamnent sévèrement Israël et soutiennent ouvertement l'Egypte et la Syrie. L'Union soviétique multiplie toutefois les démarches pour convaincre ces deux Etats d'accepter l'entrée en vigueur rapide d'un cessez-le-feu. Damas et le Caire sont contraints de se consulter pour lever toute ambiguïté sur leurs objectifs respectifs.

 

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