La guerre du Kippour (6-25 octobre 1973)
par Pierre RAZOUX, dr

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Le milieu (suite)

 

Le front Nord

Ce théâtre d'opération est centré autour du plateau du Golan, qui relie Israël et la Syrie. Celui-ci forme un trapèze qui s'étend sur une hauteur d'une soixantaine de kilomètres et sur une largeur d'une vingtaine de kilomètres. Son altitude moyenne est de l'ordre de 800 mètres. Le plateau présente un relief accidenté et des sols d'une grande diversité, alliant les zones fertiles aux zones arides et caillouteuses, parsemées de roches basaltiques. Une ligne de tertres volcaniques partiellement boisés partage le plateau en deux. Cette ligne forme un ensemble défensif pour qui la contrôle. Elle n'est cependant pas continue. Trois couloirs de pénétration la traversent : il s'agit des trouées de Buqata/El-Rom, de Kunéïtra et de Rafid. A l'ouest, le plateau surplombe le lac de Tibériade. Plus au nord, les hauteurs du Golan viennent mourir en pente douce le long des rives du Jourdain.


Ce soldat israélien sur les hauteurs du Golan domine les positions syriennes

La chaîne montagneuse du Hermon, partagée entre le Liban, la Syrie et Israël, domine au nord le plateau du Golan. Elle culmine à 2 370 mètres du côté israélien et à 2 814 mètres du côté syrien. Ses versants abrupts entravent considérablement toute progression. De son sommet, on peut observer l'ensemble du plateau. Les gorges encaissées du Yarmouk et du Ruqqad le délimitent au sud. Le vaste amoncellement basaltique du Leja, qui voisine le désert de Syrie, en marque la limite orientale. La plaine de Damas en constitue le prolongement naturel au nord-est. Le relief y est moins accidenté et la circulation plus facile. Les seuls obstacles sur cette plaine ondulée sont constitués par quelques tertres qui dominent les alentours d'une centaine de mètres et par les concrétions basaltiques qui s'étendent de part et d'autre de Sassa, constituant par là même une zone difficilement franchissable pour les unités mécanisées.

Cinq routes traversent le Golan. L’une d’entre-elles, connue sous le nom de Route du pétrole, suit le tracé du Trans-Arabian-Pipeline (TAP). L’ensemble du plateau est inhabité à l'exception des garnisons militaires qui y sont installées, de quelques colonies créés par les Israéliens et de la bourgade druze de Majdal-Shams. La plupart des villages syriens ont été évacués après la guerre des six jours. La ville de Kunéïtra, jadis capitale du Golan, est déserte.

 

Les implications du milieu sur le combat

Les dimensions des deux théâtres d'opérations sont restreintes. Le terrain difficilement praticable en dehors des routes tend à canaliser le mouvement des forces et à compartimenter le champ de bataille. L'absence de végétation rend difficile la dissimulation des unités. Les conditions météorologiques exceptionnelles favorisent l'emploi intensif de l'aviation et facilitent le repérage des unités. Les déplacements de colonnes blindées, qui soulèvent d'importants nuages de poussière ou de sable, sont visibles de très loin. Le champ de vision généralement dégagé autorise des tirs à longue distance. Les rares promontoires et carrefours deviennent des objectifs prioritaires. Le réseau routier revêt une valeur stratégique cardinale et son bon entretien garantit la rapidité d'acheminement des renforts et de la logistique. De ce fait, les chars sont astreints à se déplacer en bordure des routes, afin de ne pas les défoncer. Le rythme de progression s'en trouve ainsi ralenti. Les conditions climatiques difficiles régnant sur le théâtre d’opération Sud rendent enfin primordiales le maintien d’une chaîne d’approvisionnement logistique qui permette de ravitailler les unités en vivres et en eau potable.

 

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