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L'assaut
final
Le
30 avril, l'officier le plus élevé en grade de la Légion étrangère,
le lieutenant-colonel Lemeunier, reçoit le général de Castries,
le colonel Langlais et le lieutenant-colonel Bigeard pour fêter
Camerone. Un peu partout dans le camp, les anciens se débrouillent également
pour commémorer l'événement.
Le
1er mai dans l'après-midi, Giap lance sa troisième offensive.
Après trois heures de bombardement, 3 divisions viets montent à l'assaut.
Sur Eliane 1, les derniers parachutistes du RCP luttent
toute la nuit. A l'aube, 18 blessés sur 180 hommes parviennent à regagner
les lignes françaises. Sur Dominique 3, les Thaï et les
Algériens succombent après 6 heures de résistance acharnée.
Sur Huguette 4, la division
308 se contente d'une reconnaissance en
force sur les positions des légionnaires
parachutistes. Puis vers 2 heures du matin,
après une heure d'un bombardement d'une
violence inouïe, les bo doïs déferlent
sur Huguette 5 où le lieutenant
Stabenrath ne commande plus que 29 hommes
pour la plupart blessés. Ils tiennent cependant
une heure et demie. Une cinquantaine de
légionnaires du 1er bataillon du 2e REI
tentent une vaine contre-attaque mais ne
recueillent que 3 légionnaires dont leur
chef, grièvement blessé mais ramené par
le caporal Grana.
Le
lendemain, la compagnie du 1er BCP larguée dans la nuit est déployée
sur Eliane 2 pour relever les légionnaires de la 13e DBLE.
Le 4 mai à 3 heures du matin, la division 308 submerge en un
peu plus d'une demi-heure les 80 légionnaires parachutistes et
tirailleurs marocains commandé par le capitaine Luciani sur Huguette
4.
Ces
victoires coûtent cependant très cher au Viêt-Minh qui poursuit
ses travaux d'approche lors des deux jours et des deux nuits
suivantes. Du côté français, on se prépare à une percée vers
le Laos dont on sait qu'elle sera meurtrière et désespérée. Dans
la nuit du 5 au 6, 94 hommes du 1er BPC sautent en renfort. Ce
sont les derniers. Mais le 6 mai dans la soirée, Giap déclenche
une attaque générale. Les lance-roquettes multiples soviétiques,
les fameux "orgues de Staline" font leur apparition et écrasent
les défenseurs. A deux heures du matin, le sommet d'Eliane
2 disparaît dans l'explosion de la sape creusée par les Viets.
Sonnés, les parachutistes du 1er BPC réussissent cependant à tenir
une partie de leurs positions. Les soixante légionnaires survivants
de la 13e DBLE contre-attaquent derrière le capitaine Coutant
pour réoccuper les positions qu'ils ont quitté quelques heures
plus tôt pour se reposer. Certains parviennent au sommet et vont
s'y maintenir de longues heures avant de succomber. Une trentaine
s'accrochent au pied d'Eliane 2 autour de leur chef. Le
lieutenant Lacour Grandmaison quitte Huguette 2 pour tenter
une ultime contre-attaque avec une vingtaine de légionnaires
mais il est détourné sur Eliane 4 où il arrive avec une
poignée d'hommes. Sur Huguette 2 et 3, les légionnaires
parachutistes repoussent les assauts ennemis Sur Claudine
5, quelques légionnaires s'opposent au régiment 102.
Malgré l'intervention
d'un des derniers chars opérationnel, la position est perdue
dans la nuit. Eliane 10, Huguette 2 et 4 succombent à l'aube
du 7 mai. Eliane 3 et 4 tiennent jusqu'à 10 heures
Le sergent Kubiak et 4 légionnaires traversent la Nam You parmi
les derniers. Les derniers chars ont fait leur possible pour
couvrir les blessés puis les rares rescapés des points d'appui à l'est
de la rivière.
La
fin
La
situation de la garnison est maintenant désespérée. A 17 heures
30, elle capitule après 57 jours de résistance. La bataille n'est
cependant pas encore tout à fait terminée. Sur Isabelle le
colonel Lalande décide de tenter une percée car ses troupes conservent
toute leur cohésion. Vers minuit, trois groupes tentent de percer
le dispositif viet mais celui-ci reste infranchissable. Une petite
centaine de combattants seulement va réussir à rejoindre les
lignes françaises. Les autres sont pris ou refoulés sur leurs
positions où ils doivent se rendre au matin.
Les parachutistes et les légionnaires
ont été l'âme de la résistance. Ils n'ont
cédé que devant la supériorité de la puissance
de feu d'un ennemi supérieur en nombre.
Quatre cinquièmes des pertes sont en effet
imputables à l'artillerie Viet minh. Cette
victoire décisive coûte à Giap
environ 10.000 tués et probablement le
double de blessés.
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