Diên Biên Phu - 1954
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Une situation sans espoir

Pendant une semaine, les défenseurs de Diên Biên Phu vont bénéficier d'un calme relatif. Il ne reste plus guère que 4.000 combattants en comptant les nombreux blessés légers restés à leur poste. Le commandant Guiraud commande 500 légionnaires sur les Huguette. 140 Marocains du capitaine Nicod les soutiennent. 250 autres Marocains sont juste au sud, sur Lily. Tourret et 400 de ses hommes du 8e choc tiennent Epervier avec un peu plus d'une centaine de parachutistes vietnamiens et de Thaïs blancs. Sur Dominique 3 et Eliane 10, le commandent Chenel n'a plus sous ses ordres que les 350 Thaï du bataillon 2, une compagnie de tirailleurs algériens et les restes du 6e BPC, soit au total 650 hommes. Bréchinac et Botella commandent Eliane 1, 2, 3 et 4. Ils disposent de leurs hommes, 400 du RCP et 150 du BPVN, renforcés par les 300 derniers légionnaires de la 13e DBLE du commandant Coutant dont les deux compagnies se relaient sur Eliane 2. En arrière sur Junon, se trouvent les 150 Thaïs blancs du capitaine Duluat et la vingtaine d'aviateurs du capitaine Charnod.

Sur Isabelle, la garnison a un peu moins souffert et compte encore 1.500 hommes dont 600 légionnaires du 3e bataillon du 3e REI. Bloquée par un régiment viet, elle n'est plus d'aucune utilité pour le centre de résistance principal et pourtant personne ne semble avoir eu l'idée de resserrer le dispositif quand cela était encore possible.


Les 4 derniers chars, usés jusqu'à la corde, s'apprêtent néanmoins à soutenir les défenseurs. Il reste également quelques pièces d'artillerie et quelques mortiers en état de tirer les derniers obus. Un peu partout des petits groupes continuent à combattrent ou à effectuer des tâches indispensables : sapeurs du génie réparant les lignes de défense, hommes du train réceptionnant les parachutages ou mécaniciens de la Légion entretenant les véhicules et les chars. Il y a également entre deux et trois milles blessés entassés des conditions d'hygiène déplorables malgré le dévouement du personnel médical.


En face, 25.000 jeunes bo doïs sont arrivés pour combler les pertes. Inexpérimentés, ils n'en apportent pas moins un effet de masse redoutable. Giap a décidé d'en finir rapidement. La division 304 qui a quitté le delta du Tonkin est en place à la fin du mois d'avril. La défense antiaérienne compte désormais au moins 64 pièces de 37 mm, pour certaines servies par des Chinois.


Le haut commandement français se trouve lui en pleine confusion et considère que la bataille est perdue. Pourtant, chaque soir, des volontaires sautent pour renforcer la garnison. Entre le 26 et le 30 avril, ils sont plus de 300 dont de nombreux légionnaires du 3e et du 5e REI. Le 1er BPC, va bientôt arriver. Aucune disposition sérieuse n'est prise pour secourir les assiégés dont le moral reste paradoxalement élevé. La colonne Crèvecour du colonel Godart arrive du Laos avec des moyens insuffisants : 4 bataillons dont le 2e du 2e REI. Cependant, la concentration des meilleures troupes du Viêt-Minh autour de Diên Biên Phu redonne aux maquis une grande liberté d'action.

 

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