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Les
Huguettes
Le
3 avril au matin, les Viets prennent Huguette 7 mais la
division 308 est saignée à blanc. Dans la soirée Giap doit engager
la division 312 pour attaquer l'objectif suivant : Huguette
6. La position protège le nord de la piste d'aviation, sa
perte réduirait considérablement la zone de parachutage des renforts
et des approvisionnements. Le lieutenant Rastouil dispose de
86 légionnaires, rescapés du 3e bataillon de la 13e DBLE sur Béatrice et
de volontaires de toutes les compagnies du 1er bataillon du 2e
REI. Submergés, les défenseurs s'accrochent pourtant désespérément
au terrain.
De
Castries et Langlais envoient les quelques réserves qu'il peuvent
détourner de la bataille qui continue à faire rage sur Eliane
2. Appuyée par deux chars, la compagnie Desmons du 8e choc
réussit à prendre à revers les assaillants surpris par cette
manouvre nocturne. Au même moment un tir perdu détruit le PC
du régiment 209 qui coordonnait les opérations. Les assaillants
refluent. Dans la nuit, le reste du 1er bataillon du 2e RCP saute
en renfort.
La
nuit suivante, la division 316 reprend son attaque sur Huguette
6 où la 1ère compagnie du 2e REI a pris la relève. Envoyée
en renfort, la compagnie de marche du 1er bataillon de la 13e
DBLE du lieutenant Viard est encerclée avec la garnison. Envoyée à la
rescousse, la compagnie Bailly du 8e choc est bloquée par un
bataillon entier malgré l'appui de deux chars. Langlais demande
alors à Bréchignac d'envoyer une de ses compagnies en renfort.
Ignorant du terrain, les derniers arrivés décident de charger à travers
la piste d'aviation. Leur audace payent et ils réussissent à dégager
la trentaine de légionnaires qui résistent toujours. Puis les
parachutistes de la 1ère compagnie du 6e BPC renforcent ceux
du 8e choc et débouchent à leur tour. A l'aube, l'aviation se
joint à l'artillerie pour matraquer les Viets survivants. Plus
de 800 cadavres ennemis sont dénombrés aux alentours.
Un équilibre
provisoire
En
7 jours, Giap a perdu 12.000 hommes. Le moral de ses troupes
est au plus bas. Il doit cesser son offensive mais les travaux
de sapes se poursuivent. Isabelle est maintenant investi
par un régiment viet mais ses canons appuient toujours les autres
PA. Les renforts français continue de sauter chaque nuit. Le
2e BEP gagne à son tour le camp retranché dans la nuit du 10
au 11 avril. Le regroupement de ses unités sur les positions
désignées lui coûte 29 hommes mis hors de combat. Des volontaires,
même dépourvus du brevet de parachutistes arrivent également.
On trouve parmi eux de nombreux légionnaires venir soutenir leurs
camarades.
Le
10 avril, 200 parachutistes du 6e BPC reprennent Eliane 1 mais, à la
nuit tombée, la relève envoyée par le 2e bataillon du 1er RCP
subit l'assaut du régiment 98. A 10 heures, la moitié des hommes
sont hors de combat. Dépourvu de réserves, Bigeard demande alors
de l'aide à tous les bataillons.
Le
BEP réagit le premier. Deux cents légionnaires montent à l'assaut
en chantant, leurs voix couvrant le vacarme du champ de bataille
:
" Contre les Viets, contre l'ennemi,
Partout où le combat fait signe,
Soldat de France, soldats du pays,
Nous remonterons vers les lignes ".
Bientôt
les 2e et 3e compagnies du 5e BPVN les rejoignent en chantant
La Marseillaise. Vers deux heures du matin les Viets décrochent,
démoralisés. Une vingtaine d'entre eux se rendent même aux légionnaires.
Mais ils reviennent les jours suivants, grignotant et usant lentement
les défenseurs car Giap ne veut plus de ces assauts frontaux
qui déciment ses divisions.
Le
moral du camp retranché reste toutefois élevé. De Castries vient
d'être promu général, Langlais colonel et Bigeard lieutenant-colonel.
Au nord, la division 308 creuse autour d'Huguette 6.
Les 180 hommes de la garnison sont de plus en plus isolés. Ils
proviennent du 2e REI, de la 13e DBLE, du 5e BPVN, d'autres unités
encore ou des volontaires sautés sur le camp. Leur ravitaillement
demande des sacrifices quotidiens.
Toute
la journée du 17, deux compagnies du 1er BEP et deux du 8e choc
tentent en vain d'ouvrir la voie aux assiégés. Alors les quelques
120 survivants s'élancent à travers la piste d'aviation, derrière
le capitaine Bizard, du BPVN. Moins de la moitié atteignent les
lignes de 13e DBLE.
La
situation est tout aussi critique sur Huguette 1 où la
4e compagnie du 1er bataillon du 2e REI est péniblement relevée
par la 4e du 1er bataillon de la 13e DBLE. Le capitaine Chevalier
a déjà perdu un tiers de ses hommes pour rejoindre la position.
Avec les 80 survivants, il va tenir pendant 4 jours l'ennemi
en respect. Celui-ci creuse des galeries souterraines. Le 23
avril peu avant minuit, toute résistance cesse. La PA semble
avoir été avalé par les travaux de sape.
Contre
l'avis de Langlais et de Bigeard, le général de Castries décide
de reprendre la position. Il craint que la réduction de la zone
d'atterrissage n'incite le commandement français à suspendre
les parachutages. Le 2e BEP du commandant Liesenfelt est chargé de
l'opération mais il lui manque déjà 350 hommes sur un effectif
initial de 750 hommes et il faut regrouper les compagnies dispersées
sur les Eliane et les Dominique. Quand la préparation
de l'aviation et de l'artillerie commence, les légionnaires ne
sont pas encore tous en place. Leur chef les engage alors sans
attendre les retardataires mais l'adversaire s'est ressaisit
les attaquants sont clouées au sol avec de lourdes pertes. En
outre, la masse métallique de la piste d'aviation coupe les liaisons
radio et il faut décrocher sous le feu. Au total, 82 légionnaires
sont tués blessés ou disparus. Le 24 avril, les deux BEP fusionnent
pour former un bataillon de marche étranger de parachutistes
(BMEP) aux ordres du commandant Guiraud.
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