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Nouvelle
offensive Viêt-Minh
Langlais
met l'accalmie à profit pour faire le tour des positions françaises.
Il découvre avec surprise les faiblesses du 3e bataillon du 3e
RTA et du 1er bataillon du 4e RTM. Les retranchements sont insuffisants,
les unités sont à bout de souffle, mal équipées, sous-encadrées
et disposent d'effectifs incomplets. Le 5e BPVN et le 1er BEP
doivent fournir chacun une compagnie pour étayer ces positions.
La relève est fixée au 30 mars vers 18 heures. Vers 17 heures,
les Dominique et les Eliane sont noyées sous un
déluge de feu. Apercevant les parachutistes qui gravissent les
pentes, les tirailleurs algériens de la 11e compagnie du lieutenant
Chataigner abandonnent Dominique 1. Sous le commandement
du lieutenant Poirier, les 40 légionnaires de la 2e compagnie
de mortiers mixtes de la Légion étrangère (2e CMMLE), positionnés
sur Dominique 1, résistent seuls avec leurs armes individuelles.
Puis ils sont rejoints par les parachutistes Vietnamiens de la
4e compagnie du capitaine Martinais qui ont rallié une trentaine
de tirailleurs. Le régiment 165 va perdre 400 tués et probablement
le double blessés en deux heures avant d'emporter la décision.
Seuls quelques blessés réussiront à rejoindre les lignes françaises.
Sur Dominique
2, les 9e et 10e compagnies de tirailleurs algériens succombent
rapidement. Il faudra les tirs à bout pourtant des 105 du lieutenant
Brunebroucke en appui de la 12e compagnie pour stopper leur
ruée vers les positions centrales du camp retranché.
Eliane
2
Sur Eliane
2, la 1ère compagnie du 1er BEP réussit à rallier les tirailleurs
marocains et fait face aux 3.000 bo doïs du régiment 95 montent à l'assaut.
A minuit, la position tient encore alors que le commandement
la croit perdue. Le lieutenant Luciani intercepte un message
radio ordonnant un tir sur ses positions. Les canons et les
mortiers français vont désormais encager son périmètre et ravager
les rangs ennemis. Ravitaillés en munitions par les aviateurs
du capitaine Charnod transformés en porteurs, les légionnaires
et les Marocains rejettent à plusieurs reprises les Viets hors
de leurs lignes. Vers deux heures du matin, la situation devient
désespérée car l'ennemi semble prêt à tous les sacrifices pour
prendre Eliane 2.
Puis
une compagnie du 6e BPC au nord et la 2e compagnie du BEP au
sud s'avancent pour contre-attaquer. Devant la violence de l'intervention,
les Viets finissent par décrocher. Le lendemain, une compagnie
du 8e choc reprend Dominique 2 a un bataillon viet. Une compagnie
du 6e BPC fait de même sur Eliane 1. Mais vers 15 heures,
les restes de ces deux unités doivent abandonner leurs positions
faute de réserves.
Sur Eliane
2 les combats restent toujours aussi acharnés. Bigeard
refuse d'évacuer la position. Il fait confiance au 1er BEP
et au 1er bataillon de la 13e DBLE pour tenir la position.
Les Viets continuent de monter à l'assaut par un ravin au sud-est,
les Champs-Elysées mais ils sont taillés en pièces. Vers 8
heures du soir le capitaine Russeil est déchiqueté par un obus
de mortier. Le radio Guenzi traîne alors le corps de son chef
vers l'arrière puis retourne au combat. Ses camarades de la
13, des parachutistes du BEP ou du BPVN, des tirailleurs marocains
et Thaï continuent à combattre par petits groupes composites
autour d'un chef ou d'une arme lourde. La section lourde du
8e choc puis 3 chars Chaffee rejoignent les défenseurs. Le
Bazeille est détruit par un bazooka mais son équipage peut
l'évacuer.
Le
1er avril les combats se poursuivent sur Eliane 2 tandis que
les premiers éléments du 2e bataillon du 1er RCP sautent enfin
en renfort sur Diên Biên Phu. Dans la soirée, la division
316 engage un régiment frais, le 174. Rien n'y fait. Les Viets
insistent encore. Le 4 avril à 5 heures du matin ils s'avouent
enfin vaincus après 107 heures de combats. 1.500 Viets et 300
Français sont
morts dans cette terrible boucherie qui rappelle les pires heures
de la Grande Guerre.
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