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Dans
la matinée, le sergent-chef Bleyer, le sergent Kubiak et 64 survivants
de la 9e compagnie rejoignent les lignes françaises après une
ultime percée vers minuit. Les Viets vont rendre 14 blessés graves
dont le lieutenant Turpin, évacué le jour même par avion. Le
3e bataillon, vétéran de tant de campagnes glorieuses a disparu
sans céder sous l'assaut des Viets.
La
13e DBLE est d'autant plus éprouvée qu'elle perd son troisième
commandant au feu après Amilakvari et de Sairigné : un obus est
en effet tombé sur le PC du colonel Gaucher vers à 19 heures
45. Les lieutenants Bailly et Bretteville sont également tués,
le commandant Martinelli gravement blessé. Légèrement touché,
le commandant Vadot prend le commandement.
Les
bombardements se poursuivent toute la journée. A 14 heures, 3
chasseurs-bombardiers Bearcats évacuent la base. Les 6 autres
et un hélicoptère sont détruits sur la piste d'atterrissage.
Désormais, l'appui aérien va provenir des bases du delta, distantes
de 300 kilomètres. Les appareils de transports commencent également à subir
des pertes sur la piste d'atterrissage alors que la défense antiaérienne
devient chaque jour plus dense.
Le
deuxième objectif des Viets est le PA Gabrielle, tenu par le
5e bataillon du 7e RTA. Si le 3e bataillon de la 13e DBLE était
en sous-effectif avec des compagnie de moins d'une centaine d'hommes
commandées par un unique officier, ce n'est pas le cas des tirailleurs,
renforcés par la section de mortiers lourds de la Légion du lieutenant
Clerget. Par ailleurs, le bois ne manquait pas aux alentours
de la position dont les blockhaus sont réputés être les plus
solides du camp retranché. Elle est d'ailleurs surnommée le "torpilleur".
Après
deux heures de préparation les Viets montent à l'assaut sans
succès. En quelques heures la division 308 est saignée à blanc.
Vers 3 heures, le régiment 165 de la division 312, qui n'a pas été engagé sur
Béatrice, prend la relève. Lentement les défenseurs sont submergés.
Le colonel de Castries promet une contre-attaque à l'aube.
Le
1er BEP fournit deux compagnies, la 3e du lieutenant Martin et
la 4e du lieutenant Domigo. Arrivé en renfort le jour même, le
5e BPVN doit également participer à l'opération mais il lui faut
parcourir un kilomètre de nuit sur un terrain inconnu pour rejoindre
la base de départ. Les légionnaires bousculent le bataillon viet
placé en bouchon avec l'aide des chars. Vers 8 heures, ils ont
presque atteint Gabrielle quand ils aperçoivent les tirailleurs
des 2e et 4e compagnies qui se replient. Le capitaine Gendre
a en effet ordonné l'évacuation en captant un message ambiguë adressé aux
légionnaires. Il a cru que tout espoir était perdu. Pourtant,
les derniers défenseurs vont résister jusqu'à 13 heures.
Mal
coordonnée au sommet, la contre-attaque a échouée alors que tout
restait possible sur le terrain. La panique règne dans le camp
retranché. Les chefs en place semblent incapable de reprendre
la situation en main. Seul le lieutenant-colonel Langlais, le
patron des parachutistes, conserve son sang-froid.
Pourtant,
Giap renonce provisoirement à l'attaque d'Anne-Marie, son troisième
objectif. La division 308 a perdu 1.500 tués dans l'attaque et
la 312 plus de 500. Les blessés se comptent par milliers. La
veille, la prise de Gabrielle avait été presque aussi coûteuse.
Les tirs d'artillerie restent néanmoins violents. La contrebatterie
française s'avère inefficace contre les pièces viets hissées à flanc
de montagne, bien enterrées et bien dissimulées.
L'espoir
renaît
Le
16 mars au matin, le bataillon thaï qui tient Anne-Marie s'évanouit
dans la nature. Le jour même, le 6e BPC saute sur Diên Biên Phu.
Avec l'arrivée du commandant Bigeard, le lieutenant-colonel Langlais
va trouver un adjoint solide. Avec eux, la garnison se sent de
nouveau commandée. Le 24, Langlais assure d'ailleurs le commandement
effectif du camp tandis que Bigeard prend celui du groupement
aéroporté.
Tous
profitent de ces jours d'accalmie pour s'enterrer un peu plus.
Chaque nuit, les Viets étendent un réseau de tranchées qui enserrent
de plus en plus près les PA. Le jour, les défenseurs sortent
pour les reboucher sous le feu de l'ennemi.
Les
ouvertures de route entre Isabelle et le reste du camp retranché deviennent
de plus en plus difficile. Le 22 mars, les légionnaires du BEP
se heurtent aux Viets du régiment 57. Avec l'aide d'éléments
de la garnison d'Isabelle et des 10 chars Chaffee, pour
la première et dernière fois employés tous ensembles, l'ennemi
est repoussé perdant 175 tués dénombrés et 41 armes dont 10 lourdes.
Le BEP perd dans l'affaire 9 tués dont 3 lieutenants, un disparu
et 72 blessés. Le 25 mars, le 1er BEP perd 83 tués et blessés.
Il lui a fallut quatre heures de durs combat pour repousser le
bataillon viet installé en bouchon au village de Ban Kho Laï.
Le
dimanche 28 mars, Bigeard dirige une opération pour faire taire
les batteries antiaériennes qui coûtent si cher à l'aviation
française. Le 6e BPC et le 8e choc sont en première ligne, le
BEP en réserve. Les légionnaires du 2e REI doivent servir de
guides. Toute l'artillerie du camp, l'aviation et les blindés
soutiennent l'attaque qui est un succès. Le moral du camp retranché remonte
en flèche.
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