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Premières
opérations à Diên
Biên Phu
L'offensive
Viet minh au Laos se développe concurremment avec les opérations
dans le delta du Tonkin. Alors que la division 316 commence à faire
mouvement, la riposte française s'organise. Le 20 novembre 1953,
le 6e BPC et le 2e bataillon du 1er RCP prennent Diên Biên Phu,
le 1er BPC les suit peu après. Le 1er BEP arrive le lendemain
matin, accompagné d'une toute nouvelle unité de la Légion étrangère
créée pour l'opération : la 1re Compagnie Etrangère Parachutiste
de Mortiers Lourds (1ère CEPML). Ses 8 tubes de 120 mm doivent
fournir un appui feu supplémentaire aux parachutistes. Le 22
novembre, les 6 bataillons du groupement opérationnel du général
Gilles sont sur place, soit au total 4.560 parachutistes. Giap
réagit avec vigueur. Dès le 23, la division 316 et le régiment
148 sont présents sur les crêtes environnantes.
Déjà engagé lors
de l'opération "Mouette", le GM9 doit relever les parachutistes à Diên
Biên Phu. Commandé par le colonel Gaucher, il comporte deux bataillons
de sa 13e DBLE, le 1er et le 3e, le 3e bataillon du 3e Régiment
de Tirailleurs Algériens (RTA) et le 3e groupe du 10e Régiment
d'Artillerie Coloniale (RAC). Le 1er BEP et le 8e choc restent
sur place pour opérer sur les arrières ennemis. Le 8 décembre,
le colonel de Castries remplace le général Gilles comme commandant
de la garnison. Pendant ce temps, l'évacuation de la base de
Laï Chau prend une tournure dramatique. Le troisième et dernier élément
de la garnison, fort de 2.000 partisans, s'est dispersé en petits
groupes pour échapper à un ennemi omniprésent. Le 10, une compagnie
commandée par le sergent Blanc est assiégée à Muong Pon, à 18
kilomètres à peine de Diên Biên Phu. Les parachutistes
du groupement aéroporté numéro 2 (GAP 2) du colonel Langlais reçoivent l'ordre
de porter secours aux partisans. Quand les légionnaires du 1er
BEP atteignent Muong Pon 13 en fin de matinée, les derniers défenseurs
sont tombés.
Les
parachutistes se trouvent à leur tour en grand danger. Le lendemain à midi,
le colonel Langlais donne le signal du départ avec le 1er BEP
en arrière-garde. En tête, le 8e choc progresse sans difficultés
mais le 5e BPVN tombe dans une gigantesque embuscade. Les combattants
sont si proches les uns des autres que les bidons de napalm de
l'aviation tombent indistinctement sur les Viets et sur les parachutistes
qui réussissent cependant à se dégager. Les légionnaires, eux
aussi durement accrochés, perdent 28 tués et 24 blessés mais
se fraient un chemin jusqu'à Diên Biên Phu avec le
soutien de l'aviation. Le 31 janvier, plusieurs bataillons montent à l'assaut
de crêtes avoisinantes pour trouver le canon viet qui harcèle
la garnison. Le 1er BEP et le 3e bataillon de la 13e DBLE perdent
plusieurs tués et des blessés dans cette opération infructueuse.
Le 5 mars, le BEP tente un nouvel effort avec l'appui des chars.
Les légionnaires débouchent sur la cote 781 au prix de 3 tués
et 28 blessés. Parmi ces derniers se trouve le fameux capitaine
Cabiro touché à la tête de sa 4e compagnie.
Les
opérations dans les autres secteurs
Diên
Biên Phu reste pour le moment un secteur parmi d'autres
dans les plans de Giap et de Navarre. Le premier fait de nouveau
porter
son effort au Laos où les régiments 66 et 101 menacent le moyen
Laos à partir du Centre Annam. Tha Khek est abandonnée sans combattre.
Le 2e BEP rejoint la base aéroterrestre de Séno, le 27 décembre.
Avec le soutien du 1er BPC, il écarte la menace ennemie et réoccupe
Tha Khek le 9 janvier sans opposition.
La
division 308 poursuit son avance sur Luang Prabang mais la capitale
du Laos est rapidement renforcée par les Français. Le 2e bataillon
du 3e REI est engagé en pointe d'une opération dirigée vers Kuong
Khouei. Le 31 janvier 1951, les légionnaires doivent revenir
sur leurs pas sous la pression de trois bataillons de réguliers
ennemis. A la nuit tombée, le commandant Cabaribère décide d'emprunter
un ravin vers l'ouest pour échapper à l'encerclement.
Lorsque
le bataillon échappe enfin à l'étreinte Viet minh, le 3 février,
9 officiers, 26 sous-officiers et 252 légionnaires sont tués
blessés ou portés disparus. Fait prisonnier, le commandant Cabaribère
s'échappera cinq jours plus tard et rejoindra la base de Phu
Lu avec l'aide de paysans laotiens. L'action de son bataillon
donne cependant la possibilité aux autres unités de faire retraite
en bon ordre.
Après
cette action destinée à fixer les réserves françaises, Giap dirige
la division 308 sur Diên Biên Phu où la garnison se renforce
rapidement. Le 27 décembre, l'investissement du camp retranché français
est effectif.
L'attention
du général Navarre se porte davantage sur l'Annam que sur Diên
Biên Phu. Il est particulièrement préoccupé par la présence ennemie
dans la bande littorale entre Tourane et Nha Trang (Lien Khu
V), jamais réoccupée par le Corps expéditionnaire. Une douzaine
de bataillons réguliers soutenus par une demi-douzaine de bataillons
régionaux menacent en effet la région des Hauts Plateaux, porte
du sud Vietnam. Kontum est même abandonnée au profit de cette
opération qui ne donne rien.
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