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La
phase décisive du conflit
La
stratégie française
Le
général Navarre remplace le général Salan en juin 1953, au moment
où le conflit atteint un stade décisif car la fin de la guerre
de Corée en juillet fait craindre une aide chinoise accrue. Le
nouveau commandant en chef élabore une stratégie sur deux ans
qui doit permettre à la France d'entamer des négociations dans
une position de force. Dans une première phase, il s'agit de
rester sur la défensive au Tonkin pour porter un coup décisif
au Viet minh en Annam et en Cochinchine, là où il semble le plus
vulnérable. Les unités vietnamiennes pourraient alors remplacer
des unités du Corps expéditionnaires ainsi disponibles pour renforcer
le corps de bataille. Celui-ci deviendrait ainsi capable de porter
un coup décisif à la Chu Luc.
Sur
le terrain, les troupes françaises alternent des raids puissants
et des grandes opérations combinées. Il s'agit de profiter de
la mobilité supérieure apportée par les moyens aériens, navals
et motorisés du corps de manouvre français.
Le
17 juillet 1953, le 6e BPC et le 8e bataillon de choc sautent
sur Langson. L'opération Hirondelle est déclenchée. Surpris,
les quelques éléments viets sur place sont balayés. 1.000 fusils-mitrailleurs,
6 camions, (2 Molotova et 4 GMC américain) de nombreuses armes
légères, 8 machines-outils et d'autres équipements en grande
variété et en grande quantités sont détruits par les parachutistes
qui décrochent rapidement par la RC4.
Le
2e BEP du capitaine Merglen est largué en recueil près de Loc
Binh avec des éléments du génie chargés de préparer le franchissement
du Sông Ky Kong, 20 kilomètres au sud de Langson. Accompagné de
300 civils, les parachutistes vont marcher 48 heures sans interruptions.
Le 19 à 5 heures, tous les parachutistes ont été évacués par
les camions du GM5 commandé par le lieutenant-colonel Raberin,
chef de corps du 5e REI. De Tien Yen à Dinh Lap, le GM5 et ses
légionnaires du 2e bataillon ont réouvert 50 kilomètres de routes
en 36 heures pour tendre la main aux parachutistes. Sur un effectif
largué de 2 001 hommes, les pertes sont de 4 morts -dont 3 d'épuisement
-, de 3 disparus et de 21 blessés évacués par hélicoptères.
Le
28 juillet, l'opération "Camargue" commence en Centre Annam.
L'objectif consiste à détruire le régiment 95. Une dizaine de
bataillons et les engins amphibies du REC semblent un moment
réussir à encercler un ennemi que finit par se dérober. Dans
la deuxième semaine de septembre, Giap décide d'infiltrer les
divisions 304 et 320 dans le delta, puis de lancer une attaque
avec le soutien des divisions 308 et 315. Au même moment, d'autres
offensives sont prévues au nord du Laos et au sud Annam.
La
Légion dans le delta
Dans
le delta, les unités françaises quittent la protection de la
ligne de Lattre pour couper les lignes de ravitaillement Viêt-Minh.
Le 15 octobre, elles progressent sur la route de Laïc Cac
puis se retranchent une vingtaine de kilomètres à l'ouest de
Ninh Binh. La division 320 se trouve dans l'obligation d'intervenir.
La première attaque se produit dans la nuit du 18 au 19 octobre
1953. Le 3e bataillon de la 13e DBLE perd 15 tués et 26 blessés
mais conserve ses positions. Dans la nuit du 22 au 23, le 1er
bataillon du 5e REI perd à son tour 5 tués et 25 blessés. Le
28, le 2e bataillon de la 13e DBLE repousse l'ennemi au prix
de 11 tués et 34 blessés. Le 2 novembre, l'ennemi tente un dernier
et vain effort contre les positions tenues par les légionnaires
du 5e REI. Les pertes sont de 6 tués, 49 disparus et 23 blessés.
La division 320 sort très affaiblie de cette série de combats
avec plus de 4 000 hommes hors de combat et ses dépôts détruits.
L'offensive sur le delta doit être reportée. L'opération "Mouette" est
un succès et les unités françaises regagnent le delta.
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